

Albert-Auguste Prouvost, né à Roubaix le 5
juillet 1909, fit des études de lettres à la faculté de Lille et à l’Université
d'Oxford. II préside le Peignage Amédée Prouvost, fut vice-président de
Il a épousé le 14 juin 1941, Anne de Maigret,
fille du comte Bruno de Maigret, proche parent du comte Bertrand de Maigret, le
conseiller de Paris gendre du prince Michel Poniatowski, ministre d'Etat et de
l'Intérieur du gouvernement Chirac. De son mariage, Albert Prouvost a cinq
enfants: Albert-Bruno, Nathalie, épouse de Guillaume de Chazournes, Ghislain,
Olivier et Laetitia.
Albert-Auguste Prouvost est le fils d’ Albert-
Eugene Prouvost, Frère de Jean Prouvost ; il a longtemps participé à la
direction des entreprises familiales. Né à Bondues Nord) le 10 aout 1882 et
mort le 21 juillet 1962, il épousa, le :0 février 1906, Marguerite Vanoutryve
dont il eut deux enfants : Marguerite et Albert-Auguste.
Quelques
citations d’Albert-Auguste Prouvost
« Toujours
plus loin »,
mémoires
écrits en 1992,
éditions de
Petit garçon révolté contre «les courées», je suis devenu un jeune
industriel, à la fois héritier d'une tradition et convaincu de la nécessité
d'innover. Car loger le personnel a toujours été l'un des soucis des patrons du
textile du Nord. Cette préoccupation répond a la fois aux exigences humanitaires
chrétiennes dont les grandes familles se réclament et aussi a une nécessités
économiques. p75
Les relations entre les « Chtimis » et l’occupant étaient
pratiquement inexistantes. On trouvera peu de collaborateurs chez nous et le
seul connu dans notre entourage partit vivre a Paris pour éviter les affronts
de ses anciens amis et de sa famille.
L'habitude des invasions maintenait une distance glaciale entre les Allemands
et les gens du Nord au point même d’empécher une hostilité apparente : on
« les » ignorait. P.66
Pour ne citer que le cas de ma famille (il y en eut beaucoup
d'autres), mon arrière-grand-père Amédée Prouvost avait fait construire sous
le Second Empire des habitations si
remarquables que Napoléon III et 1'impératrice Eugénie visitant en 1867 nos
usines de Roubaix demandèrent à voir ces « jolies maisons » dont on leur avait
vanté l’existence.
« Si quelqu'un, après ma mort, veut rappeler mon souvenir,
peut-être pourrait-il, dans un des squares de nos nouveaux quartiers, poser une
plaque très simple, cachée dans un coin de verdure. Si un jour, des enfants, au
milieu de leurs jeux, venaient à le découvrir, ils y liraient, auprès de mon
nom,
un seul titre - le plus beau pour moi - « fondateur du CIL». P 86
Ma femme et moi, avons été de vrais voyageurs non seulement par le
nombre de nos périples mais surtout par la curiosité de l’inconnu qui nous
animait et l’indifférence que nous ressentions à l’égard du luxe et du confort
dans nos déplacements. P 123
Aux cérémonies officielles qui accompagnent généralement la remise
d'une telle décoration, je préfère un petit diner de famille au Vert-Bois ou,
seuls, oncles, tantes et cousins sont convies. Parmi ces derniers, Antoine
Masurel qui, je l'ai déjà dit, en début de livre, échappa au massacre et à
l’épuisement des prisonniers du dernier train de Loos et revint des camps de
concentration nazis. Commandeur de
Préface par Maurice Schumann, de l’Académie française :
S'il me fallait résumer par une devise la longue et trop courte vie
d’Albert Prouvost, je choisirais le mot d'ordre que Charles Péguy se proposait
a lui-même : «porte toi sur demain ! ». Instinctivement fidèles a sa mémoire,
ses amis mêlent le nom d’Albert a leurs entretiens, non certes sans regret, mais
sans nostalgie. Ils auraient l'impression de le méconnaitre en ne parlant de
lui qu’au passe. Pour eux, la fin de son existence n'a pas marque le début de
son absence. Même s'ils vont a sa rencontre pousses par un souvenir, c'est du
présent qu'ils croient lui parler et, si son ombre leur répond, c’est en les
interrogeant sur le futur. II était de ces hommes dont la main n'ouvre le livre
de la vie que pour en tourner les pages.
Cette première impression en recouvre une autre, moins bien cachée
: chacun savait que la trame de la vie d' Albert était un parfait amour; sur ce
privilège, mérité et visible a l'oeil nu, il n'avait rien a nous apprendre;
mais l'invulnérabilité d'un sentiment réciproque ne s'accompagne pas toujours
d'une entente de chaque instant; or, en suivant « les Albert» (comme on les
nommait parfois) tout au long d'un demi-siècle, on a l'impression qu'ils n'ont
pas cesse d'avancer 'la main dans la main. Cette harmonie préétablie transforme
deux époux en
Compagnons d'éternité. Albert Prouvost n'a pas eu le temps
d'achever tout a fait son récit; Anne de Maigret F';n. conduit a son terme sans
effort, comme s'il avait été leur œuvre commune depuis sa première ligne. Une
autobiographie tire, a l'instar de tous les livres, sa valeur de ce qui fait
son unité, révélée par son style; l’écriture de ces mémoires posthumes est
limpide et soutenue par une fermeté que la maladie n' a pas entamée; chaque
lecteur percera le secret de cette réussite : l' ouvrage est le reflet d'un
bonheur initia! Sur lequel les vagues amères qui n'épargnent aucune existence
ont déferlé sans jamais le recouvrir.
Mais est-ce seulement pour ceux et surtout pour celle qui 1'0nt
escorte dans ses voyages sur la terre qu'un homme de mouvement et d'action
sentant sa fin prochaine s’est assis, la plume a la main, devant une feuille de
papier blanc ? Plus les pages se succèdent, plus nous sentons la présence d'un
troisième dédicataire qui s’appelle le Nord et n’est ni le moins présent, ni le
moins souffrant, ni Ie moins aime. Quand Michelet définissait
La lecture des mémoires d’Albert m’a révélé qu'un sang noble
coulait dans ses veines; je l'ignorais quand, devant sa tombe encore ouverte,
j'ai salue le départ d'un seigneur, généreux avec magnificence, qui ne
rougissait ni d'habiter une demeure historique parce qu'il avait consacre au
logement social des années d'imagination créatrice, ni d’avoir transforme sa
maison familiale en musée parce qu'il l’avait ouverte a tous. Quand
Maurice SCHUMANN de I: Académie Française

Famille Prouvost:
Une dynastie d’industriels de la laine
" Fidèles à une tradition qui remonte au XVe siècle,
Albert-Auguste Prouvost a dirigé près de soixante ans une entreprise
roubaisienne parvenue en quelques générations numéro un mondial
Riches heures de cette famille de lainiers.
Sa Majesté .Elisabeth II écoute, attentive, les
explications techniques de l'industriel. En 1957, au Peignage Amédée Prouvost a
Roubaix, la venue de la souveraine est un événement. Sa visite a la grande
usine textile a été prévue de longue date. Elle figure en bonne place dans le
.programme des quatre jours de son voyage officiel en France. Albert-Auguste
Prouvost guide les pas de la Reine a travers les ateliers. II ressent une
légitime fierté. Plus de cent ans auparavant, son arrière-grand-père avait crée
l'entreprise. En 1867, ce dernier y avait reçu l'empereur Napoléon III et
l'impératrice Eugénie. ,
«Mon époux avait le culte de cette affaire de famille,
raconte Anne Prouvost. Sous sa direction, elle est devenue un important groupe
international. La cession des parts familiales de la société en 1988,
survenant peu de temps après le décès accidentel de notre fils Albert-Bruno, a
été pour lui un moment douloureux.» C'est la fin de toute une dynastie de
lainiers ... Les Prouvost sont en effet depuis longtemps solidement, enracines
dans le Plat Pays.
Au XVe siècle, Jean Prouvost est seigneur de Wasquehal. II est
nomme échevin de Roubaix en 1474. La famille y est déjà connue pour faire du
négoce de laine. De génération en génération, les Prouvost font peigner,
blanchir et filer la précieuse toison. Au XVIIIe siècle, Pierre-Constantin
Prouvost est devenu un des principaux fabricants de Roubaix. Apres le 9
thermidor, il est élu maire de la ville. Mais la génération qui est à l’
origine de la grande industrie lainière est celle d’Amédée Prouvost. ."
En 1851, à quarante-deux ans, il crée une entreprise de
peignage industriel qui, un peu plus de quinze ans plus tard, emploie, déjà
sept cents ouvriers et assure une production de quatre mille tonnes par
an,.Lorsqu'il meurt en 1885, laissera ses trois fils une affaire florissante.
Le premier d'entre eux,. qui se prénomme aussi Amédée, sera le poète de la
famille. :
« 0 Cite, ton renom s'étend a l'univers.
Je veux exalter ta grandeur en mes vers », écrit-il de Roubaix,
sa ville natale.
Mains lyrique et plus près des réalités économiques, son
frère Albert dirige l'entreprise et assure la continuité de sa prospérité. De
son union avec Marthe Devémy naissent deux garçons et deux filles.
L'ainé, Albert-Eugène, continue l'entreprise familiale. Son frère Jean, dans le
même esprit industriel; crée la Lainière de Roubaix qui deviendra bientôt
la plus grande entreprise française de filature. Mais cet homme
d'exception sera surtout le grand. patron de Paris-Soir et de Match et mettra
sur pied un colossal empire de presse. Sa petite- fille Evelyne, élue femme d'
affaires de l'année en 1989, est toujours a la tète du groupe Marie-Claire.
«Mon mari avait une profonde tendresse et une réelle admiration pour son oncle
,se souvient Mme Prouvost.
«Mais évoquer le passe peut se faire sans nostalgie,
reprend-elle avec un sourire.
Née Anne de Maigret (elle compte, parmi ses ancêtres, un
comte du Saint Empire qui battit les Turcs devant Vienne en 1683;les
Chandon de Champagne, les Villeneuve de Provence et Lucien Bonaparte. Elle a
dix-huit ans lors de l’été 1941. L'année de son. mariage avec Albert-Auguste.
Malgré les restrictions, le champagne y coule à flots .
Famille oblige: son oncle Ghislain est le président de Moët et
Chandon. Le voyage de noces se passe à Mougins, dans la maison achetée à lady
Rothermere par la famille Prouvost. Le jeune couple a pour voisins et
amis les Casimir Poniatowski:
Déjouant l'approvisionnement alimentaire difficile, ces
derniers ont acheté une vache, pour le lait de leurs enfants et la princesse la
mène paitre le long des chemins ...
Retour dans le Nord de la France. «Les premières années de
notre vie commune ont été sous le signe de la guerre, soupire Anne Prouvost.
Mon mari, en marge' du maintien d'un semblant d'activité industrielle, s'était
engage dans la résistance sous le nom de Jean Bernard. Une époque difficile que
nous vivions somme toute avec l'insouciance de la jeunesse. Une grande joie
toutefois dans ces moments ternes : la naissance en 1942 de notre fils
Albert-Bruno.
Comme tous leurs contemporains, la Libération ouvre pour
Albert-Auguste et Anne Prouvost un nouveau départ dans l'existence. Ils ont des
projets a mener du temps a rattraper. «Mon mari souhaitait me faire découvrir
la vie, mondaine qu'il avait connue avant-guerre, raconte Mme Prouvost. C'est
d'ailleurs en 1945 que j'ai porte ma première robe longue»
Anne de Maigret, jeune adolescente, avait pourtant déjà approche
le monde ; en 1938, à l'occasion du premier mariage d'Eugénie, la fille de
sa tante» Marie Bonaparte et de Georges de Grèce et Danemark. Une cérémonie
grandiose. «J'avais été stupéfaite de voir que l'impératrice Zita, qui portait
sur elle une quantité extraordinaire de bijoux somptueux, était par ailleurs
vêtue d'une robe plus que modeste qui ne venait vraiment pas du grand faiseur,
raconte-t-elle. Il y avait aussi un petit garçon très mal élevé qui, pendant
toute la réception, n'arrêtait pas de me pincer et qui s'empiffrait au buffet:
c'était Philip d'Edimbourg. »
Marie Bonaparte, princesse dérange ante pour le milieu
aristocratique de l'époque, a marqué de sa personnalité beaucoup de ceux qui
1'ont approchée. Psychanalyste peu conformiste, excommuniée en raison de son
mariage avec un orthodoxe, l'ancienne maitresse d’Aristide Briand ne
correspondait guère aux critères de la bonne société dont elle était issue.
«Dans sa maison du Midi, ou avec mon mari qu'elle aimait beaucoup nous nous
rendions régulièrement, se souvient Anne Prouvost, il y avait autant de sable a
l'intérieur que sur la plage. Ma tante Marie était d'un naturel extraordinaire,
contrastant de manière étonnante avec Georges de Grèce, toujours tire a
quatre épingle. J'ai encore le souvenir de ses chaussures. Quelques que soient
les circonstances, elle les portait impeccablement cirées.»
La Méditerranée est aussi le point de départ pour de nombreuses
croisières familiales pour les Prouvost. Les époux adorent la mer. Ils achètent
un huit-mètres, le Cantabria, construit initialement pour Sa Majesté le roi
d'Espagne Alphonse XIII. Puis plusieurs douze-mètres qu'ils baptiseront chaque
fois, La Pinta, en souvenir d'un lainier de La Corogne, lointain ancêtre
d'Albert-Auguste, qui finança la caravelle de Christophe Colomb. «Nous avons eu
des passagers illustres, évoque Anne Prouvost. Le grand-duc Jean de Luxembourg
venait
Comme tous leurs contemporains, la Libération ouvre pour Albert-Auguste et Anne
Prouvost un nouveau départ dans l'existence. Ils ont des projets a mener, du
temps a rattraper. «Mon mari souhaitait me faire découvrir la vie .mondaine
qu'il avait connue avant-guerre, raconte Mme Prouvost. C'est d'ailleurs en 1945
que j 'ai porte ma première robe longue.»
Le grand-duc Jean ~ Luxembourg venait accompagne de sa' fille
Marie-Astrid, petite princesse était un marin extraordinaire. Le roi
Carl-Gustav de Suède est un vrai Viking à la barre: il se révélait a bord un
très joyeux compagnon. »
Simplicité sportive bien loin des mondanités. Mais les Prouvost
sont aussi con vies aux grands bals d'après-guerre. Elégance raffinée chez
Violette de Pourtalès au Palais rose où toutes les femmes sont parées de plumes
extravagantes. Fastes éclatants a l'hôtel Lambert, sous la houlette d'Arturo
Lopez, très lie alors avec la princesse Ghislaine de Polignac, amie d'Anne .Je
me souviens surtout du bal donne par Guy de Rothschild en 1959, dit-elle. Une
extraordinaire fête princière. Le couple offre des réceptions plus intimes dans
son appartement parisien de la rue Barbet-de-Jouy, dans le VIIe arrondissement.
Les fenêtres' s'ouvrent sur le jardin du musée Rodin : «Nous nous
efforcions de créer des tables animées en mélangeant le plus possible nos·
invites, raconte ·Mme Prouvost. J e m'y amusais plus qu'aux grandes réceptions
et il était loin de m.'être désagréable que les hommes me fassent un brin de
cour.»
Ses collaborateurs appellent Albert-Auguste, l'homme
pressé"
La vie. est loin toutefois de se passer uniquement dans un
tourbillon de fêtes et de diners. Famille d'abord : au foyer Prouvost,
Nathalie, Ghislain, Olivier et Laetitia sont nés a la suite d'Albert Bruno. Et
la bonne marche de l'entreprise accapare le plus clair du temps
d'Albert-Auguste Prouvost; «l'homme pressé», comme l'appellent ses
collaborateurs. «Dans le Nord, au moment des vœux, chacun a coutume de se
souhaiter de la santé, de l’ouvrage", sourit Anne Prouvost: croyez-moi,
mon mari avait en effet bien besoin de sa robuste sante de sportif pour mener a
bien les taches qui lui incombaient.
Le versant plaisant de cette vie trépidante d'homme d'affaires
reste malgré tout les voyages. Contacts commerciaux, contrats, implantations
d'usines, le patron de la société Prouvost sillonne sans cesse les cinq
continents. Son épouse l'accompagne toujours. «Nous avons été de vrais
voyageurs, explique Mme Prouvost. Pas seulement par le nombre extravagant de
nos périples à l'époque ou se déplacer était encore une aventure, mais aussi
par l'insatiable curiosité qui nous animait.». Albert-Auguste Prouvost entend
aussi mener sa carrière d'industriel sans égoïsme : il n'a de cesse que
d'amé1iorer le niveau de vie des plus défavorisés. Le logement est son cheval
de bataille.«J'étais un petit garçon révolté par les "courées",
écrit-il dans ses Mémoires. Je suis devenu un patron héritier d'une tradition
sociale mais convaincu aussi de la nécessité d'innover.» En effet, le logement
du personnel a toujours été un souci des industriels du textile du Nord de la
France. Une préoccupation répondant aux nécessites économiques des entreprises
mais aussi à l'esprit caritatif qui anime cette bourgeoisie catholique. Mais
Albert-Auguste Prouvost. veut aller plus loin. Il lance le fameux 1 %
patronal, cotisation versée par l'entreprise et destinée a !a construction.
Il participe aussi a la mise en place de l'allocation logement. Avec
l'installation d'un véritable partenariat social, il crée le Comite
interprofessionnel du logement qui, des 1958, aura relogé plus de huit mille
familles dans de réelles conditions de confort. En 1950, d'ailleurs, il offre a
cet organisme le château de sa grand-mère, a la limite de Roubaix et de
Tourcoing. Dans le pare de sept hectares, a la place de la grande demeure jetée
bas, s'élèvera une cite de cent cinquante-quatre logements.
Mais l'industriel a aussi le culte de sa demeure de
famille. Dans le château du Vert Bois, cet homme d'action retrouve ses racines.
Sur la commune de Bondues, toute proche de Roubaix se tient en effet une
des dernières belles maisons de la région. André-Joseph Druon de Wazières
fit construire en 1743 une folie dans le gout de l'époque sur l'emplacement
d'un édifice du XVIII° siècle bâti par un négociant en sayettes de laine
lillois. L'arrière-grand- mère d' Albert-Auguste, Marguerite Devémy, ne
quittera pas un instant cette propriété qu'elle habite dès 1869, elle la
défendra contre les Prussiens pendant la guerre de 1870. Contrainte et forcée,
elle y recevra» le kronprinz pendant lai Première Guerre mondiale. Le Vert Bois
est resté le berceau des Prouvost. Tous les enfants à l'exception d
'Albert-Bruno, y sont nés: Ce dernier, après avoir longtemps secondé son père,
était logiquement appelé a lui succéder à la tête du groupe. Le destin en a
décidé autrement. Ses cadets ont pris des voies différentes. Nathalie, la fille
ainée, après avoir fréquente l'atelier du célèbre' peintre Mac Avoy, exerce ses
talents comme restauratrice de fresques. Ghislain a fait ses armes
dans le textile en Espagne et en Australie, mener sa carrière d’industriel sans
égoïsme.
Olivier a repris l'entreprise de construction navale Wauquiez. II allie ainsi
la tradition industrielle au gout de la voie héritée de ses parents. Quant a
Laetitia, fidèle au Vert Bois, elle gère les soixante hectares de
1'exploitation agricole qui entoure le domaine.
Albert-Auguste retire des affaires, il ne reste sans doute plus
aux Prouvost qu'a cultiver 1'art d'être grands-parents. Mais le couple ne peut
se résoudre a une douce activité. Ils vont se consacrer pleinement à leur amour
pour la peinture. Egalement ,une histoire de famille. Des 1920, Albert-Eugene
Prouvost achète en effet des Renoir, des Bonnard; des Pissaro; II transmet a
son fils la passion de la collection. Anne partagera avec son époux les riches
émotions de la découverte' artistique. IIs achètent leur première toile à
la galerie Maeght de Cannes pendant leur voyage de noces. Un Geer Van Velde qui
inaugure une profonde amitié avec le couple de galeristes. Grâce à eux,
ils rencontreront la plupart des grands artistes du XX° siècle. En 1969,
dans les locaux de l'ancienne ferme du Vert Bois, les époux Prouvost créent la
Fondation d'art Septentrion. Chaque année, les expositions se succèdent dans
cet espace aux lignes sobres largement ouvert sur la campagne environnante:
Chagall, Bonnard, Dufy; Rouault ,Picasso, Laurens, Braque, pour parler des plus
prestigieuses. Albert-Auguste Prouvost se dépensera sans compter pour cette
fondation si chère à son cœur: J’ai gardé intact notre enthousiasme; dit
avec chaleur Mme Prouvost. Avec Septentrion, j'ai le sentiment profond de faire
vraiment œuvre utile.
Apres 1'accrochage récentes de toiles de James Pichette, le
public peut admirer une rétrospective sur le nu dans l'art, de la préhistoire à
nos jours, en attendant une grande présentation de verriers
contemporains ; à organiser ces manifestations, les journées passent comme
un souffle. Sans peine, Anne Prouvost pourrait reprendre à son compte la phrase
qui clôt les Mémoires de son mari: « Non, je n'ai vraiment pas le temps de
m'ennuyer… » Point de Vue et Images du Monde
Toujours plus loin; les Mémoires d'Albert-Auguste
Prouvost, présenté par Pierre-Jean Desreumaux, est disponible aux éditions de
La Voix du Nord. 272 pp, 110 F. :
La Fondation Septentrion; chemin des Coulons, 59700
Marcq-en-Baroeul, est ouverte du mardi au samedi de 14 h a 18 h et le dimanche
de 14 h a 19 h,
" C'est
André de Fourmestraux, anobli en 1623 par le Roi d'Espagne, sous le titre de
Chevalier de Wazières, qui construisit
En 1743, son
petit-fils Jean-André fit construire le Vert Bois tel qu'on le voit
actuellement - peut-être sur l'emplacement d'une ferme fortifiée, puisque les
douves se trouvent déjà sur de très anciens cadastres.
C'est vers
1870 que mon ancêtre, Louis Duchochois, veuf d'Elise Pinta, notre ancêtre
espagnole, a acquis le Vert Bois. Sa fille, Marguerite Devémy, sa petite fille,
Marthe Prouvost y ont habité jusqu'à la fin des années 30.
Mon
grand-père, Albert Eugène Prouvost entreprit en 1939 de vastes travaux de
consolidation, de restauration et de confort, jusque-là inexistant dans cette
"folie".
Mes Parents ont contribué à l'épanouissement du Vert Bois et nous
leur devons la majorité des plats Persans de la galerie du sous-sol ainsi que
les souvenirs de nos ancêtres Bonaparte.
Situé dans
un parc de
Son histoire est riche et remonte à 1666.