L'institution de l'échevinage 

constitue en quelque sorte un pacte entre le seigneur et le peuple et une étape d'affranchissement de la commune. Les prérogatives du seigneur étaient conservées, mais l'exercice en était régi par des règlements qui ne laissaient plus rien à l'arbitraire.

Au point de vue administratif, le bailli était le principal agent du seigneur et le représentant de sa personne et de ses droits. Il avait aussi la mission de protéger les habitants contre l'oppression voisine ou étrangère.

Un ou deux lieutenants lui étaient adjoints.

Le bailli (ou son lieutenant) devait résider dans la commune.

Les échevins étaient les délégués directs du seigneur au point de vue judiciaire et municipal, et quasi les défenseurs naturels des intérêts des habitants. Tenant leurs pouvoirs de l'autorité seigneuriale, bailli, lieutenant ou échevins etaient toujours recrutés parmi les familles notables du lieu. Un greffier leur était adjoint, chargé des affaires de la communauté. c'était généralement l'un des notaires du lieu.

L'ensemble de ces fonctionnaires constituait ce qu'on appelait le " magistrat ", en même temps cour de justice et corps administratif (d'après Leuridan " Institutions communales "

Quoique le mandat des échevins fût soumis à renouvellement chaque année (à la Saint-Remi), ils étaient le plus souvent, de fait, maintenus très Iongtemps en fonction; cette stabilité n'était pas l'un des moindres avantages du système.

Lorsqu'une question importante entrait en discussion, les habitants étaient appelés à exprimer leur avis en une espèce de referendum.

L’eschevinage, 

ancêtre du conseil municipal, est apparut dès 1195 sous l’impulsion de Louis VI, dit le gros, qui en montant sur le trône, s’attacha à donner aux communes un socle communal. Il permit ainsi à ces dernières de s’acheter franchise et de se choisir maïeur et eschevins.


- Maïeur : en flamand Borguemaître, mâitre des Bourgeois, du latin consuls.
- Eschevins : Magistrats, du latin Senatores.

L’institution eschevinale, basée principalement sur l’idée de garantir la paix et la sécurité prit naissance dans la France du nord, Lille fut ainsi affranchie en 1195 par Bauduin, dit de constantinople, 18ème comte de Flandres.

Roubaix, contrairement à d’autres villes du Nord comme Seclin, Tourcoing, Mouvaux n’ a pas de trace de coutûme locale ou d’affranchissement de la commune avant le milieu du XVième siècle, sans doute le bourg n’était pas suffisament conséquent et reconnu encore à l’état de ville.

C’est ainsi à partir du milieu du XVième siècle avec la construction du château de Roubaix par Pierre de Roubaix que le bourg fut clos et considéré comme ville. A partir de cette époque, la coutume locale s’imposait pour faire valoir les droits et jugements pour les affaires de la ville. Les premiers conseils établis en les halles de la villes jouissaient ainsi de pouvoir tenir “Plaid en halle”.


- Plaid : Procès, querelles (tenir plaid, tenir audience en halle)

Le 1er octobre 1414, plus précisément, Jean de Roubaix son père obtenait du duc Jean (Jean sans peur) le droit de créer en sa terre de Boubaix un echevinage composé de sept eschevins. Puis en 1420, il obtint le droit de haute justice.

Les Eschevins étaient en règle générale choisit parmi les notables de la ville et étaient "normalement" renouvelés tout les ans à la St Rémi. Cependant, bien souvent ils restaient très longtemps en fonction.

L’eschevinage durera ainsi jusqu’à une décision du 12 novembre 1789 de l’assemblée instituant que les villes et les villages auraient dorénavant une municipalité élue, inscrivant de fait le début des conseils municipaux.

Le 22 Janvier 1790, MM. Constantin Joseph Florin est élu premier maire de la ville de roubaix à l’âge 58 ans.

Situation :

Les eschevins avaient pour tradition de se réunir en la halle, tenant au château et appartenant au seigneur de Roubaix.

En 1753, les eschevins proposent d’acquerir la maison eschevinale avec les bâtiments et terrains qui en dépendent pour y construire un nouvel hôtel de ville mais ne peuvent le faire faute de moyens.

En 1790, les eschevins sont remplacés par les conseillers municipaux. La maison eschevinale tombant en vétusté, la municipalité se réfugie après 1792 à l’hospital Sainte Elizabeth et y tient séances jusqu’en 1806. A cette époque, la commune échange la maison d’hospice contre une partie de l’hospital Sainte Elizabeth et y établit l’hôtel de ville actuel.

En 1812, des travaux sont réalisés pour mettre en avant l’hôtel de ville.

Premier texte indiquant des eschevins :

- 1428, le 5 Juin,

Par devant Ghilbert des Barbieurs, lieutenant de Pierre du Bos, Bailli du seigneur de Roubaix, et les échevins dudit lieu tels que Gilbert de Buignes, Grard de Courcielles, Pierrart Collin et Jehan Locquyfier dit Fournier, Bernard Houzet, bourgeois de Brugges vend à madame Catherine de la Tannerie, femme de monseigneur de Croix, deux cents de pré à Roubaix ès pès de le Becque Archives du Nord, Chambres des comptes.

D’autres arrêtés eschevinales permettent de désigner les eschevins suivant :

- 1440, le 07 décembre, vente : Pierre du Quesnoy, Gerard de Courcelles, Guillebert de Buisnes, Jean Locquifier (dit Fournier), Lotart de Vernay.

- 1460, le 23 Avril, vente : Willaume Polet, Jean de Buynes, Jacqs Fournier, Jean de Vernay, Alart le Bourgeois.

- 1493, le 31 décembre, Achat par dame Isabeau de Roubaix de 26 cents de jardin tenant à la ruelle de Grimbie et au chemin des Moulins : Henri de Buisnes, Gillard de le Tombes (dit Gontier), Gilbert du pont.

- 1497, le 01 Août, don du jardin ci-dessus acheté à l’hôpital Ste Elizabeth : Guillebert du Pont, Jean Locquifier (dit Fournier), Pierrart Soris.

- 1499, le 13 Avril, vente : Guillebert du Pont, Jean Locquifier (dit Fournier), Michel Catoire, Jean Boucquet.


Sources :
- L.E MARISSAL, Juge de Paix, Recherches pour servir à l’histoire de Roubaix, 1844
- Th. LEURIDAN, Sources de l’histoire de Roubaix, 1882
- Thierry Sabot, Contexte guide chrono thématique, 2007