Sous rameau de la branche ainée Henri Prouvost :
Les Charles et les Georges Prouvost
Les Georges Prouvost
Charles- Jérome Prouvost
né le 2 octobre 1837 à Roubaix,
décédé le 11 mai 1906 à Roubaix et de Marie Sophie Scrépel , née le 28 mai 1840 à Roubaix,
décédée le 24 mars 1908 à Roubaix fille de Louis-Jean Scrépel
et Céline Aline Florin.

Diner de famille chez
Charles I et Marie Prouvost en 1901 -Photo grâce à Thierry Toulemonde
leur fils ainé
Charles étant décédé, ce furent les Georges qui furent ainés de ce sous-rameau,
les Charles suivront.
Georges I Prouvost
1866-1926

époux de Félicie Valerie Joséphine DEHAU, née à Bouvines, le 7 juillet 1871 ;
Ils habitaient 6, place du
Maréchal Leclerc à Lille en 1954.


Noces d'or de
Felix Dehau et Marie Claire Lenglart au château de Bouvines en 1920 Le château de la Houssoye
Georges est le
fils de Charles- Jérome Prouvost et de Marie Sophie Scrépel; Félicie Valerie Joséphine DEHAU est
la fille de:


Félix Etienne Dehau
(1846-1934):
Commandeur de Saint Grégoire le Grand
Croix de l’ordre National de la Légion
d’honneur
Docteur en droit
Conseiller général du Nord,
Maire de Bouvines,
Le plus jeune des maires de France,
Doyen des maires de France
Fit construire l’église de Bouvines,
A l’origine des verrières remarquables par
Champigneulle de l’église de Bouvines
Fit construire les orphelinats d’Esquermes,
de Blandin, de Bouvines et de Croix dont sa fille Claire était la
Supérieure,
Fonde l’école libre pratique d’agriculture de
Genesch (plus de 1000 élèves)
Organisateur des superbes fêtes des 700 ans de
Bouvines,
Zélé défenseur des intérêts religieux et
régionaux
Construit un monument à la gloire des héros
de 1214 par son petit fils l’architecte Joseph Philippe
Habite le château de Bouvines
Hôtel particulier sur le parvis Saint Maurice
à Lille
Fit construire la chapelle Saint Hubert dans
son parc
Achète pour les bénédictins l’abbaye de
Chévetogne
Mélomane, brillant orateur, grand chasseur,
amateur d'art
Donne les revenus de son château d’Esquermes
aux œuvres.
Châteaux de Vaumain (aux Jeanson), de la Houssoye
(aux Prouvost), de La Bosse (aux Jeanson), l’abbaye de Lessay
Epoux de

Marie Claire Adelaïde LENGLART, née à Fives,
le 9 août 1849, décédée à Bouvines, le 12 avril 1940, Arrière petite fille de
Charles Lenglart , Seigneur de Lannoy et de Plancques (1740-1816),
mécène des Watteau de Lille, grand collectionneur
du siècle des lumières, Chevalier du Lys par le roi Louis XVIII le 26
juillet 1814, Trésorier de la ville de Lille, Echevin, négociant, futur
conseiller municipal, président du canton de 1813 à 1816, député de la
ville de Lille au sacre de Napoléon, conservateur du musée de Lille.

Portrait par Heinsius
Leurs enfants furent :
Al - Pierre Marie Félix DEHAU, né à Bouvines,
le 5 aout 1870, décédé le 21 octobre 1956. Dominicain.
A2 - Félicie Valerie Joséphine DEHAU, née à
Bouvines, le 7 juillet 1871, épouse Georges Louis Joseph PROUVOST,
industriel. Voici les photos de leur fille Thérèse
PROUVOST le jour de leur mariage avec René VAN DEN BERGHE.
A3 - Claire Caroline Marie Thérèse DEHAU,
religieuse de la Congrégation de St-Vincent de Paul, née à Bouvines le 28
juillet 1872, décédée.
A4 - Madeleine Marie DEHAU, née à Bouvines le
2 avril 1874, épouse André Etienne Ernest Joseph BONDUELLE, industriel
A5 – Marthe DEHAU, née à Bouvines, le 8 juin
1875, décédée le même jour.
A6 - Marthe Marie Caroline DEHAU, née à
Bouvines, le 10 octobre 1876, épouse Charles Edme Marie Joseph JEANSON,
industriel.
A7 - Elisabeth Marie Joseph DEHAU, née à
Bouvines, le 29 mars 1878, épouse Henri Ignace Louis Joseph PHILIPPE, notaire à
Cysoing
A8 - Louise Claire Marie Julie DEHAU, née à
Bouvines le 10 avril 1881, décédée célibataire à Bouvines, le 31 décembre
1948.
A9 - Henriette Madeleine Marie Félix DEHAU,
née à Bouvines, le 6 avril 1884, épouse Louis Eugene Joseph ROLLINDE de
BEAUMONT, Croix de Guerre, chevalier de Saint Grégoire le Grand, avocat.
AlO - Jean Charles Pierre Marie Félix DEHAU,
ne à Bouvines, le 5 février 1888, épouse Thérèse Marie DAVAINE.





Les vitraux de
l'église de Bouvines

Abbaye de Chévetogne

L'abbaye de Lessay

L'école agricole de Genech
DEHAU:
D'azur au chevron d'argent surmonte d'one
étoile a5 rais d'or, accompagne de 3 mains de carnation tenant chacune une
poignée d'épis de blé d'or,
posées deux en chef affrontées et une en
pointe.
Famille d'ancienne bourgeoisie.
Filiation depuis:
1. Jacques DEHAUW ou DEHAU époux de
Marguerite HOUVENAEGHEL, fille de GisllCrt.
II. Mathieu DEHAU, époux de Marie ADAEM, fille
de Pierre et de Marie CAUWELAERS.
m. Pierre DEHAU époux de Guillemette DEVOS,
fille de Jean et de Marie WYTS.
IV. Jean DEHAU ne a Crochte, fermier a
Quaedype, Echevin de Bergues de 1667 a 1670, Trésorier receveur de la
Châtellenie de Bergues.
en 1673, decédé Paroisse St-Martin de Bergues
le 3 septembre 1705, époux en premières noces de Jacqueline BEESEGHERS et en
deuxième noces d’Elisabeth JACOBS.
V. Jacques DEHAU, ne a Quaedypre, licencie
es-Lois, échevin-de Bergues, décédé le 22 mars 1693; époux de Marie Madeleine T
ASSCHE, fille de Jean et d'EIisabeth JACOBS.
a) Jean Baptiste DEHAU de STAPLANDE, époux
Marie Françoise LEGLE, auteur de la branche de STAPLANDE, ancêtre de Jeanne
Louise DEHAU de STAPLANDE, époux de Gaston du PASSAGE. (Voir descendance HENNET
de BERNOVILLE page 129).
b) Jacques DEHAU, qui suit VI,
VI. Jacques DEHAU, Quaedypre le 20 juub.\
avocat, receveur de la Chatellenie et échevin de Bergues, y décède le 19
décembre 1759, époux de Anne Pétronille BONJEAN.
VII. Dominique Louis DEHAU, ne Ie 10
septembre 1716, banquier, décédé a Lille Ie 21 juin 1807, époux de Philippine
DESCAMPS. VIII. Dominique DEHAU, ne Ie 22 janvier 1750, négociant, receveur de
la Charité Générale et Directeur du Mont-de-piété, décédé a Lille le 12
janvier. 1830'-époux de Marie Joseph Victoire BONNIER de LAYENS.
IX. Félix Aime Julien DEHAU, Lille, 14
septembre 1787, notaire, Directeur du Mont de Piété, decede a Lille Ie 14
novembre 1870, époux de Stephanie DEFONTAlNE.
x. Félix Etienne Marie Joseph DEHAU, ne a
Lille Ie 22janvier 1846, decede a Bouvines Ie 19 aout 1934, épouse a Lille le
21 novembre 1868 Marie Claire LENGLART, née a Fives, le 8 aout 1849, décédée a
Bouvines Ie 12 avril 1940.
La branche Dehau de Staplande:



Jacques Prouvost, fils de Georges
Prouvost et Félicie Dehau, est décédé au retour de son voyage de noces avec Gabrielle
de Vareilles-Sommieres. Les Prouvost-Dehau habitaient une propriété entre l'Eglise
Saint Maurice des Champs et le Pont du Lion d'Or. Jacques était un grand ami de
Marcel Virnot et de son cousin Charles Prouvost, troisième du nom. Marcel
Virnot avait passé sa jeunesse près de chez eux, à Mons ou rue de Gand. (un
très joli coin de propriétés juste après la porte de Roubaix. A la fin de la
vie, Félicie habita chez ses enfants Wallaert,
place de Tourcoing, un hôtel particulier dont la concierge et domestique était
celle qui avait élevé Marcel Virnot qui était la coqueluche des domestiques.
Chaque nouvel an, Marcel Virnot et sa famille allaient fêter le Nouvel an chez
la tante Félicie.

Georges II Prouvost né
en 1894
Croix de guerre 14-18, époux de Marthe Virnot ; dont
Dominique, Cécile, Georgette, François, Thérèse, Hubert, Martine
Georges et Joseph Prouvost


Georges Prouvost, né en 1894, industriel à
Paris marié le 26
septembre 1919, Lille , avec Marthe Virnot, née le 11 mars 1896, Lille, décédée
en 1985 ; ils habitèrent longtemps 8, boulevard julien Potin à Neuilly et,
à la fin de leur vie, un appartement dans un charmant hôtel particulier XVII°
dans le Marais à Paris où habiatait les Amédée Prouvost.
Dont
* Dominique Prouvost. marié avec
Anna Maria Solari Bozzi, marié avec Traot Lamby.
* Cécile Prouvost, décédée, Maroc, en
religion.
* Georgette Prouvost, née le 7 janvier 1923,
Lille , mariée le 4 mars 1947, Lille , avec Yves Descamps, né le 18 décembre
1921,

Lille ; photo dans l’hôtel Virnot, place
Saint Martin à Lille.
François Prouvost, né le 19 février 192 marié le 15 janvier 1947 avec Brigitte Crépy, née le
22 janvier 1924 marié avec Marie-Louise Jaspard.
Thérèse Prouvost, décédée mariée avec
Jean
Vercasson.
Hubert Prouvost, né en 1930, décédé en 1996 marié avec Brigitte Machet de La Martinière, née le
31 décembre 1935, Reims de Jean Machet de La Martinière, Saint-Cyr 1928-30, colonel de l'Armée de l'Air,
Commandeur de la légion d’honneur, Croix de guerre 39-45, DFC et Marie Morisson
de La Bassetière, arrière petite fille de Henry Cochin, 1854-1926, Membre de
l'Institut de France (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, membre
libre, 19 février 1926, Député du Nord
(1893-1914), maire de Saint-Pierre-Brouck
de 1888 à 1910, Député du Nord.
Martine Prouvost, mariée avec Denis Frapier.
La propriété
depuis 100 ans aux Frapier, construite par l’architecte du palais de la Légion
d’Honneur à Paris ;
on remarque les
même sphinges.
Sœur Cécile Prouvost, 1921-1983
Franciscaine missionnaire de Marie
Fille de Georges Prouvost (cousin germain de
Charles, petit fils de Félix Dehau) et Marthe Virnot
« L’homme propose et Dieu
dispose ! Je m’étais tellement réjouie de t’avoir comme correcteur et dessus m’a lancé le grand appel. Au cours
d’une opération d’urgence, le chirurgien a découvert en moi un cancer bien
avancé. J’en ai pour quelques mois. Je suis émerveillé de cette délicatesse du
seigneur qui m’a ccordé un délai pour que je puisse partager ma confiance et ma
joie avec tous ceux que que j’aime. Je sais que, dans quelques mois, ma
connaissance sera totalle ; alors je préfère m’abandonner à la prière
plutôt qu’à l’étude. Je suis revenue à la tente, ma famille et mes sœurs
acceptent que je finisse mes jours au milieu de ceux que j’aime(…) Je suis dans
la plus grande action de grâce, la plénitude de joie.

Midelt fut donc la dernière étape de sa vie conventuelle, avant
le grand saut, chez les nomades. Là, elle avait un poste d’infirmière dans le
dispensaire, dépendant de la Santé publique, et elle s’occupait plus spécialement
de prévention maternelle et infantile. À la fin de 1969, Cécile écrit : Depuis
deux ans, le Seigneur m’attire vers une intimité constante avec lui et un
profond désir de vie contemplative. Lors de ma dernière retraite en septembre
1969, il me fit voir clairement que ma vie serait nomade-contemplative. C’est en juin 1969, au
cours de l’ascension de l’Ayachi (le deuxième sommet du Haut-Atlas, 3735
mètres) qu’elle ressentit vivement et douloureusement combien les nomades
étaient abandonnés au point de vue sanitaire. À la fin de 1969, elle présente,
par écrit, son projet à la Provinciale et à son conseil, ainsi qu’à la
Supérieure Générale et à l’archevêque de Rabat. Elle explique :
Je voudrais donc, dès le printemps 1970, avoir l’autorisation de
passer, de temps en temps, une nuit sous la tente, soit près d’un malade, soit
chez des amis sûrs – et j’en ai de très sûrs. Il faudrait que rapidement, le
rythme atteigne deux nuits par semaine ; tout en continuant mes activités
normales au dispensaire et en communauté. Puis mon désir serait, dans deux ans,
c’est-à-dire au printemps 1972, pouvoir vivre cinq jours sous la tente, dans la
montagne et rentrer dans ma communauté le samedi et le dimanche. Plus une
partie de l’hiver. Il me semble que là, je vivrais mieux l’imitation de Jésus
Christ, la Voie, la Vérité, la Vie de nos âmes, qui a voulu vivre cette vie de
proximité et de communauté avec les plus pauvres de son pays qui étaient si
semblables au nomades de nos régions ; nomade avec les nomades. Non sans
appréhension, ses supérieures et l’archevêque laissèrent ouverte cette
possibilité de proximité avec les plus pauvres de la montagne. Un projet qui
devint réalité en 1970, au rythme prévu. Comme « compagne », dans ces
débuts, elle eut, non pas l’une de ses sœurs, mais une femme berbère et elle
dira : Il s’est créé entre nous une amitié profonde et actuellement, nous
vivons en fraternité comme deux sœurs, heureuses l’une et l’autre de montrer à
notre entourage qu’une musulmane et une chrétienne peuvent vivre ensemble en
réalisant chacune à fond sa religion. Pour nous, ajoute-t-elle, c’est le
dialogue islamo-chrétien vécu, avec simplicité, mais dans la réalité. Très
vite, elle pourra dire : J’ai enregistré et arrive à suivre d’une manière
régulière près de trois cents familles (de nomades). Il doit en rester à peu
près cent cinquante que je n’ai pas encore touchées. Le travail est surtout de
prévention, vaccinations, visites prénatales, surveillance des nourrissons,
dépistages de tuberculose...Nous faisons aussi les soins… Ce qui est important
pour elle dans ce vivre avec,
ce sont les contacts avec les gens qui l’entourent. Entre 1972 et
1974, elle
circule dans un rayon de trente kilomètres autour de Midelt, ce
qui lui permet
de contacter un grand nombre de personnes. En 1972, elle compte 584
familles,
soit 3475 personnes. En 1974, elle compte 659 familles, soit 3833
personnes et,
en infirmière méthodique, elle établit une fiche
par famille. Elle essaie de
sensibiliser les parents à la nécessité des
vaccinations. Mais comment faire
admettre qu’on pique un enfant en bonne santé ? Elle
ne vaccine aucun
enfant sans l’accord de l’un des deux parents. Un autre
point à obtenir, c’est
l’hospitalisation quand le médecin la demande car les gens
ont peur. Elle suit
avec grand soin les enfants : les rachitiques, les
anémiés, les mangeurs
de terre. Mais elle porte surtout ses soins sur
l’éducation : hygiène,
alimentation : « Cela m’est facilité par le
fait que je vis avec eux, et,
en partie comme eux. Je suis à la disposition de ceux qui
viennent chaque jour
entre 7 h 30 et 17 h 30 ; mais pour les urgences, il n’y a
pas d’heure, je
suis à leur disposition jour et nuit. Pour se faire nomade avec
les nomades,
Cécile est vêtue d’un grand burnous d’homme,
coiffée d’une manière qui n’était
ni féminine ni masculine, et chaussée de grosses sandales
berbères, même en
plein hiver. Lorsqu’elle devait prendre le car, pour ne pas
déranger, elle
était prête à partir de bonne heure.
Enveloppée dans mon burnous, je me couche
sur un banc public, on me prend pour un homme et on me laisse
tranquille. Sa
vie à la tente était partagée entre son travail
d’infirmière, la prière à
laquelle elle consacrait beaucoup de temps et l’étude, car
Cécile lisait,
écrivait et étudiait beaucoup. Elle avait même
composé un lexique
français-berbère et berbère-français. Elle
avait entrepris la traduction en
berbère de l’évangile selon saint Marc et
commencé celle de l’évangile selon
saint Jean. Elle avait traduit le « Notre
Père », le « Je vous
salue Marie » et le « Magnificat » et
composé quelques chants.
Elle suit des cours par correspondance, cours de Bible,
d’islamologie, de
théologie. On lui doit aussi un livret sur le traitement par les
plantes
qu’elle complétera au cours des années, ainsi que
des notes sur l’acupuncture. Sa
vie fut laborieuse et austère. Pour bien le comprendre, il faut
se l’imaginer
dans son contexte habituel : non au calme dans sa chambre ou son
bureau,
elle n’en a pas ; mais assise au pied d’un arbre, ou
l’hiver, près du feu
sous la tente ouverte à tous. En 1978 Cécile
reçoit une sœur comme compagne
sous la tente ; mais pour que la Fraternité soit reconnue
par les
instances suprêmes de l’Institut, il faudrait une
troisième sœur, qui se fera
attendre encore cinq ans. En février 1983, Cécile est
opérée à l’hôpital d’une
occlusion intestinale. Et cette opération révèle
un cancer très avancé. Trop
avancé même pour qu’on puisse intervenir. Elle est
mise au courant par le
médecin et elle accepte dans la foi, dans la joie et dans
l’espérance. Puis,
malgré l’insistance des siens, elle exprime le
désir de finir ses jours à la
tente, puisque médicalement il n’y a rien à faire.
Elle quitte l’hôpital quand
la plaie est cicatrisée et continue de soigner les nomades par
l’intermédiaire
de la sœur qui est avec elle sous la tente. Les derniers mois,
les souffrances
physiques furent intenses ; et pareillement sa vie d’union
à Dieu. Deux
mois environ avant sa mort, Cécile commença un
jeûne, ne buvant que du liquide.
Je ne vois pas pourquoi je devrais nourrir mes cellules
cancéreuses quand il y
a tant de gens qui meurent de faim…Ce fut la veille de sa mort,
le 10 octobre
1983, qu’arriva – dernière délicatesse du
Seigneur – la reconnaissance par Rome
de cette fraternité sous la tente. C’était dans la
montagne les fêtes de mariages
et toute la nuit avaient résonné les sons des derbouka (tambours), plus proches ou plus
lointains. C’était pour Cécile, l’annonce d’un autre festin, d’autres noces. À
l’aube du mardi 11 octobre 1983, après une nuit de grandes souffrances,
entourée de ses trois sœurs, elle dit : « Je vais vers mon
Père », prononça le nom de Jésus, entra dans la lumière qui n’a pas de
déclin et dans la joie de Dieu. À ses obsèques, dans le cimetière de la Kasbah
Myriem, c’est une foule qui l’accompagnait, composée de chrétiens et de
musulmans, de prêtres et de religieuses ; mais surtout de ses frères et
sœurs de la montagne, les nomades. Témoignages : Un prêtre qui l’a bien
connue : Le but premier de Cécile a été de vivre avec les plus pauvres, de
partager le dénuement de ce peuple berbère, nomade, qu’elle aimait. Le partage
de leur vie avec tout ce qu’il y a de difficile, de dur et parfois même de
rebutant, c’était son choix et non pas une conséquence à supporter tant bien
que mal. Elle aimait les pauvres, non pas en phrases et en théorie, mais dans
la réalité des actes quotidiens. Son programme de vie : - Imitation de
Marie : surtout dans son mystère de la Visitation, puisque, comme elle, je
porte le Corps de son Fils.- Adoratrice de cette Eucharistie avec laquelle je vis
en intimité totale.- Victime, car les sacrifices ne manquent pas quand il faut
affronter les intempéries, la privation de tout ...- Missionnaire, selon
l’esprit de Mère Fondatrice, Marie de la Passion.Son faire-part de décès
composé par elle-mêmeAu nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux, Jésus a
dit : Je suis la
Résurrection. Qui croit en moi, fut-il mort, vivra ; et quiconque vit et
croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? (Jn 11, 25) Réjouis-toi
avec moi ! Le Seigneur est venu me chercher pour la vie qui ne finit pas. Je
prie pour toi et je t’attends dans la joie de la Résurrection. Amen.
Alleluia ! Cécile Prouvost Monseigneur Chabert, l’archevêque de
Rabat : Je
l’admirais et j’étais fier d’avoir dans mon diocèse une telle ambassadrice de
Jésus parmi les plus pauvres. Elle représentait bien cette option
préférentielle que l’Église demande. Et sa Provinciale : Telle que je la
connais, l’estime et l’admire, profondément dans son don total, dans ce
cheminement qu’elle a fait depuis des années et qui […] me semble une
authentique recherche du Seigneur, à l’exemple de saint François et de Marie de
la Passion.
Sophie de Sivry et Laurent Beccaria
Sophie de
Sivry, ancienne élève
de l’École normale supérieure, est éditrice et dirige les éditions de l’Iconoclaste
avec son mari Laurent Beccaria. Sophie est la
fille de Renaud Poinsinet de Sivry et
Gisèle Prouvost, elle-même fille de Joseph Prouvost-Ovigneur ( ils
habitèrent longtemps 3, rue Bixio à Paris 7°, face aux Invalides).
L
. Laurent est le
fils d'Yves Beccaria et Marie-Josèphe Denoix de Saint Marc; il est le neveu
d'Hélie Denoix de Saint Marc avec qui il a écrit "des Champs de
braises", prix Fémina essai et, avec Sophie de Sivry, de "L’Art et la
folie" et de "L’Art et l’écriture".

Trouver l’accord parfait, la note juste, qui
résonne longtemps après que le livre soit refermé…Cette quête préside à chaque
livre de l’Iconoclaste. La maison publie peu, mais jamais par hasard. A quoi
bon ajouter des livres à des livres ? L’Iconoclaste signe quelques livres
par an. Parfois ce sont des petits bijoux de littérature, qui nous accompagnent
longtemps, souvent ce sont des ouvrages monumentaux, esthétiques et aventureux,
sensibles et érudits.
Tous ces ouvrages sont nés en dehors des lois
du marketing. La collection "Mémoires" mobilise à chaque parution des
équipes de grande ampleur, jusqu’à cent collaborateurs, écrivains et
conservateurs dans toute la France. Lettre à une mère ou C’était mon frère ont
vu le jour dans l’intimité d’une relation à deux. Mais c’est toujours la même
patience et la même attention au détail infime.
Pour chaque publication, depuis la conception
du livre jusqu’au lancement, le plus spectaculaire possible, l’Iconoclaste
cultive un esprit d’édition. Un choix d’images inédites, exhumant des fonds
inconnus, un soin extrême des textes, un goût du livre raffiné mais accessible
à tous, jamais intimidant, une attention permanente au lecteur, pour qu’il se
sente bien dans nos pages.


Un entretien avec Sophie de
Sivry, responsable des éditions de L’Iconoclaste, qui vient de publier Aventuriers du Monde et
Pierre Fournié, Conservateur en chef du patrimoine aux Archives du ministère
des Affaires étrangères. Responsable des collections iconographiques, il est
l’auteur d’une thèse d’école des Chartes sur l’administration française dans
les Etats du Levant (1918-1930). Il a publié, seul ou en collaboration,
plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient. Pierre Fournié a signé le catalogue de
l’exposition Regards sur le monde, trésors photographiques du Quay d’Orsay,
1860-1914 (Somogy éditions d’art), présentée à l’hôtel des Invalides au cours
de l’automne 2000.
Comment êtes-vous devenue
éditrice ? Sophie de Sivry : Par
hasard. Flammarion cherchait quelqu’un pour quelques mois
dans le secteur des beaux-livres. Je sortais de Normale sup, où
parallèlement à
des études de lettres, je m’étais
préparée au concours des conservateurs de
musées qui exigeait une solide formation en histoire de
l’art. Le beau-livre
m’a plu d’emblée. J’ai eu un coup de foudre
pour ce métier où tout ce que
j’aimais était réuni : l’association du
texte et de l’image, le travail d’équipes,
la recherche graphique... Je voulais devenir cet "éditeur" que
j’avais
en face de moi, un métier où il faut autant lire que
compter, inventer que
fabriquer, flairer que commercialiser.
Deux ans après Mémoires du Monde,
un ouvrage réalisé à partir des archives secrètes du Quai d’Orsay, vous publiez
cet automne Aventuriers du Monde, un livre sur l’histoire des premières expéditions françaises,
de 1866 à 1914, sujet inhérent à l’histoire de la photographie. Quels sont les
débuts de cette aventure éditoriale ? Sophie de Sivry : L’idée est née dans les archives du quai d’Orsay où j’ai eu la
chance de pouvoir passer des mois pour concevoir Mémoires du monde. A la fin du XIXème siècle,
la France (en même temps que d’autres pays d’Europe) se lance dans une
politique de grande expansion. Elle envoie des expéditions dans le monde entier
pour conquérir de nouveaux territoires, accroître les connaissances
scientifiques ou ouvrir de nouvelles voies commerciales. Les affaires
étrangères, ainsi que d’autres ministères, se lancent dans l’aventure. On
envoie des diplomates hisser le drapeau français en Afrique, en Asie, en
Amérique latine... A leur retour, ils remettent à leur ministère des rapports
illustrés de photos. Ce sont ces rapports qui m’ont donné l’idée et l’envie de
ce livre. On y revit l’aventure en direct, on y découvre ces explorations et
ces pays comme jamais on ne les avait vus jusqu’à présent. En outre, ces photos
en elles-mêmes sont miraculeuses car elles ont survécu aux périples les plus
inouïs. Et parce qu’elles montrent un monde aujourd’hui disparu, englouti par
la guerre de 14. J’ai eu envie de reconstituer chacune de ces aventures comme
un film mais la tâche fut rude car ces photos sont disséminées dans des fonds
divers, publics autant que privées, et la plupart du temps elles sont en très
mauvais état. Il a fallu faire un gros travail de photogravure (jusqu’à cinq
épreuves) et d’impression pour en retrouver la fraîcheur. Sur 500 images, la
plupart sont inédites. Jamais un livre illustré n’avait traité les explorations
françaises avant 14.
Vous avez mobilisé, pour
l’édition de cet ouvrage, une équipe de travail importante et notamment 19
auteurs, qui prennent en charge le commentaire d’une ou de plusieurs
expéditions...Sophie de Sivry : Une
équipe de 40 personne pour un seul livre ! La pierre d’angle de l’édifice
est Pierre Fournié, conservateur en chef du fonds photographique du Quai
d’Orsay, spécialiste de la photo ancienne. Deux années de travail lui auront
été nécessaires pour rassembler ces photos, avec l’aide de ses homologues dans
les autres fonds. Sans lui, le livre ne serait pas ce qu’il est. Pour les
textes, je me suis adressée à de grands écrivains, spécialistes de ces pays.
Par exemple à des Africains-comme Kourouma - pour parler des expéditions en
Afrique. Charge à eux de nous faire sentir l’aventure comme si nous étions en
train de la vivre. Mais il fallait aussi reconstituer les itinéraires à partir
des cartes utilisées par les explorateurs sur le terrain et les comparer avec
les atlas de l’époque. Retrouver les bonnes orthographes tout en les traduisant
pour le public d’aujourd’hui. D’où l’intervention de deux carthographes et de
cinq correcteurs. A ceux-ci se sont ajoutés deux maquettistes, quatre
documentalistes, quatre photographes etc.Ce
livre est riche de reproductions photographiques, de fac-similés de lettres, de
cartes postales, de cartographies, de dépêches, de carnets, journaux de marche,
et de dessins... des documents originaux pour la plupart inédits, que vous avez
exhumés des Archives, des collections privées...
Pierre Fournié : Effectivement, la recherche de documents inédits,
photographiques ou écrits, a demandé près de deux ans de recherche dans
plusieurs dizaines de dépôts d’archives, de bibliothèques, de musées et de
collections privées, à Paris et en Province. Les archives des explorateurs,
quand elles nous sont parvenues, sont en effet le plus souvent éparpillés entre
différents lieux de conservation. Il n’y a jamais eu de "ministère de
l’exploration" chargé de coordonner toutes les grandes missions de
découverte. Beaucoup d’institutions intervenaient alors pour encourager et
financer ces entreprises : ministère des Affaires étrangères, ministère de
la Marine, Société de Géographie, etc. C’est ce qui en explique en grande
partie la dispersion des sources.
Graphoscope (deuxième moitié du XIXe siècle). Cet appareil est composé d’une
loupe pour visionner des photographies et de deux oculaires permettant de
regarder des vues stéréoscopiques sur papier. (L’explorateur photographe) © Aventuriers du Monde,
L’Iconoclaste, p.26 ; Parlez-nous
du matériel photographique, cet outil indispensable pour les explorateurs...
Pierre Fournié : Les explorateurs ont vraiment commencé à s’équiper du matériel
photographique au cours des années 1860. Au début, ce matériel était très
encombrant et la tâche du photographe plutôt ingrate : les chambres
photographiques et leurs trépieds, les plaques de verre, les produits chimiques
et les papiers nécessitaient plusieurs très lourdes caisses qu’on chargeait sur
des bêtes de sommes (chevaux, mulets, chameaux et même éléphants en Indochine).
Quand le terrain - ou le climat - devenait trop difficile, il fallait souvent
renoncer au matériel. Progressivement, à partir des années 1880, les progrès et
la simplification des techniques ont facilité l’usage de la photographie qui
fut souvent confié au benjamin de l’équipe, à celui qui avait un
"tempérament d’artiste". Dès la fin du XIXè siècle, on disposait
d’appareils portatifs qu’on portait en bandoulière.Page d’un des journaux de
marche et rapports de missions illustrées, (Auguste Pavie au coeur de
l’Indochine 1875-1895). © Aventuriers
du Monde, L’Iconoclaste, p.112
Et des lettres adressées aux ministres, aux familles, les journaux de marche qui relatent avec précision et souvent poésie ces extraordinaires expéditions... Pierre Fournié : Ces aventuriers, même s’ils étaient souvent en conflit avec la société, consacraient la plus grande partie des haltes et des bivouacs à l’écriture : il fallait prendre des notes, rédiger les rapports pour l’administration qui avait financé l’expédition, tenir à jour ses carnets qui serviraient à la rédaction du futur récit de voyage. Ils avaient aussi besoin d’écrire aux proches, restés en France, même si les lettres ne parvennaient à ceux-ci qu’après de très longs mois, parfois plus d’une année.
Laurent
Beccaria est un éditeur français né
en 1963. Ancien directeur littéraire aux éditions Plon,
puis aux éditions
Stock, Laurent Beccaria est le fondateur et directeur des
éditions Les Arènes
depuis 1997, le co-fondateur et le directeur de la revue 'XXI'depuis
2008. La
création de cette maison d'édition a été
décidée pour publier un manuscrit de
Dominique Lorentz Une guerre refusé par Claude Durand, alors PDG
de Stock et de
Fayard. Cet épisode a été raconté en
détail par Dominique Lorentz dans un récit
publié dix ans après, "Des sujets interdits" (2007).
Laurent Beccaria
a notamment publié des ouvrages de Denis Robert, Noam Chomsky,
François-Xavier
Verschave, Eva Joly, Hélie de Saint Marc, Geneviève de
Galard, Jean-Pierre
Guéno, Alain Chabat, Jean-Pierre Jeunet, Jérôme
Garcin, Patrick de
Saint-Exupéry, [Le Canard enchaîné], [Le Monde],
[Daniel Tammet]. Les éditions
des Arènes font l'objet d'une critique violente dans le livre de
Pierre Péan,
Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et Une nuits, 2006), paru chez
une
marque de Fayard. L'auteur accuse la maison d'édition de faire
partie d'un «
cabinet noir » pro-Tutsi qui aurait manipulé l'opinion
internationale à propos
du génocide rwandais et prend la défense de Claude Durand
dans l'épisode Lorentz.
Cependant le livre de Pierre Péan est controversé.Un
autre texte critique
circule également sur Internet, signée par Elisabeth
Roudinesco, réagissant à
la parution du Livre noir de la psychanalyse, accusant les
Arènes d'être « une
maison spécialisée dans les dossiers noirs de tout
» et vouée aux « thèmes
conspirationnistes » La réponse de Laurent Beccaria
disponible sur le site
arenes.fr: « À titre personnel, je suis né dans le
sérail et très loin de
l'univers contestataire. Rien ne me prédisposait à jeter
des pavés, fussent-ils
dans la mare. Mais année après année, livre
après livre, j'ai découvert à quel
point l'ère médiatique peut générer des
occultations troublantes et des
réalités virtuelles. Il y a là un effet de
génération : aux Arènes, la plupart
d’entre-nous
ont eu vingt ans avec Timisoara, trente ans avec le génocide
tutsi, quarante
ans avec la guerre du Kosovo. Nous avons assisté aux
innombrables tours de
prestidigitations des intellectuels cathodiques et perdu beaucoup
d’illusions.
» Avec Patrick de Saint-Exupéry, en janvier 2008, il a
fondé le trimestriel de
reportage XXI. Laurent Beccaria en est en effet le directeur de la
publication
et possède 33% des parts, comme Patrick de Saint Exupéry,
qui en est le
rédacteur en chef en possède 33%, les éditions
Gallimard 20%, le reste étant
réparti entre des actionnaires individuels
: Charles-Henri Flammarion, Patrick Bréaud, ancien directeur général du
CIC, Dominique Villeroy de Galhau, directeur général de La Financière Tiépolo,
Laurent Hebenstreit, pdg des éditions Démopolis.
Denis Prouvost
ingénieur, consacre son temps libre à l’étude du Vieux Paris ;
Il s’intéresse notamment au cycle de l’eau et à la topographie historique. Il
est également contributeur de l’Atlas du Paris souterrain. Il est le fils
d'Hubert Prouvost et Brigitte de la Martinière.
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Renaud Gagneux, Denis
Prouvost, Emmanuel Gaffard (photographies) |