Sous rameau de la branche ainée Henri Prouvost :

Les Charles et les Georges Prouvost

Les Georges Prouvost

Charles- Jérome Prouvost

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né le 2 octobre 1837 à Roubaix, décédé le 11 mai 1906 à Roubaix  et de  Marie Sophie  Scrépel , née le 28 mai 1840 à Roubaix, décédée le 24 mars 1908 à Roubaix fille de Louis-Jean Scrépel et Céline Aline Florin.

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Diner de famille chez Charles I et Marie Prouvost en 1901 -Photo grâce à Thierry Toulemonde

 

leur fils ainé Charles étant décédé, ce furent les Georges qui furent ainés de ce sous-rameau, les Charles suivront.

 

Un de leur fils, Jean Jérome Prouvost (1880-1951), épousa Cécile Denonvilliers, fille de Maurice Denonvilliers 1848-1907, Maître de forges à Sermaize-sur-Saulx, 51 et de Louise Hoppenot 1849-1929, à l’origine des établissements Prouvost, installés à Tourcoing : ils ont plus de 167 ans d’expérience (1844)  liée  à la fabrication, la création, la fourniture et la commercialisation d’articles religieux catholiques, activité remontant à 1844, alors que Maurice Denonvilliers, directeur de la fonderie Denonvilliers fils et cie (anciens Ets PROUVOST) était spécialisé dans la création, la fabrication et la fourniture d’articles de fonderie, comme les statues religieuses, les bustes de personnes publiques, les fontaines, les candélabres et les statues commémoratives.
Lors de sa carrière, Maurice Denonvilliers a notamment gagné une médaille d'or, décernée par le Vatican pour la réalisation en 1888 d'une statue en bronze du Pape Léon XIII.
Un grand nombre de ces réalisations sont d'ailleurs toujours visibles en France, en Europe mais également à l'étranger comme au Canada ou encore en Afrique.

Prouvost-Denonvilliers 

Georges I Prouvost 1866-1926

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époux de Félicie Valerie Joséphine DEHAU, née à Bouvines, le 7 juillet 1871 ;

Ils habitaient 6, place du Maréchal Leclerc à Lille en 1954.

Prouvost-Dehau.

Georges Louis Prouvost, né le 14 juin 1866, Roubaix (59, Nord), décédé le 6 août 1926, Lille (59, Nord) (à l'âge de 60 ans).
Marié le 9 juin 1890, Bouvines (59, Nord), avec Félicie Valérie Dehau, née le 7 juillet 1871, Bouvines (59, Nord), décédée en 1962, Paris (75) (à l'âge de 91 ans), dont


Château de Bouvines en 1920: noces d'or Felix Dehau et Marie Claire Lenglart

 

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Noces d'or de Felix Dehau et Marie Claire Lenglart au château de Bouvines en 1920  Le château de la Houssoye

Georges est le fils de Charles- Jérome Prouvost  et de  Marie Sophie  Scrépel; Félicie Valerie Joséphine DEHAU est la fille de:

felix.0.dehau.

Dehau-Lenglart.Dehau-Felix.   

blason dehau

Félix Etienne Dehau 
(1846-1934):

Commandeur de Saint Grégoire le Grand

Croix de l’ordre National de la Légion d’honneur

Docteur en droit

Conseiller général du Nord,

Maire de Bouvines,

Le plus jeune des maires de France,

Doyen des maires de France

Fit construire l’église de Bouvines,

A l’origine des verrières remarquables par Champigneulle de l’église de Bouvines

Fit construire les orphelinats d’Esquermes, de Blandin, de Bouvines et de Croix dont sa fille Claire était la Supérieure,

Fonde l’école libre pratique d’agriculture de Genesch (plus de 1000 élèves)

Organisateur des superbes fêtes des 700 ans de Bouvines,

Zélé défenseur des intérêts religieux et régionaux

Construit un monument à la gloire des héros de 1214 par son petit fils l’architecte Joseph Philippe

Habite le château de Bouvines

Hôtel particulier sur le parvis Saint Maurice à Lille

Fit construire la chapelle Saint Hubert dans son parc

Achète pour les bénédictins l’abbaye de Chévetogne

Mélomane, brillant orateur, grand chasseur, amateur d'art

Donne les revenus de son château d’Esquermes aux œuvres.

Châteaux de Vaumain (aux Jeanson), de la Houssoye (aux Prouvost), de La Bosse (aux Jeanson), l’abbaye de Lessay

Epoux de

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Marie Claire Adelaïde LENGLART, née à Fives, le 9 août 1849, décédée à Bouvines, le 12 avril 1940, Arrière petite fille de  Charles Lenglart , Seigneur de Lannoy et de Plancques (1740-1816), mécène des Watteau de Lille,  grand collectionneur du siècle des lumières,  Chevalier du Lys par le roi Louis XVIII le 26 juillet 1814, Trésorier de la ville de Lille, Echevin, négociant, futur conseiller municipal, président du canton de 1813 à 1816, député de la ville de Lille au sacre de Napoléon, conservateur du musée de Lille.

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Portrait par Heinsius

Leurs enfants furent :

Al - Pierre Marie Félix DEHAU, né à Bouvines, le 5 aout 1870, décédé le 21 octobre 1956. Dominicain.

A2 - Félicie Valerie Joséphine DEHAU, née à Bouvines, le 7 juillet 1871, épouse Georges Louis Joseph PROUVOST, industriel. Voici les photos de leur fille Thérèse PROUVOST le jour de leur mariage avec René VAN DEN BERGHE.

A3 - Claire Caroline Marie Thérèse DEHAU, religieuse de la Congrégation de St-Vincent de Paul, née à Bouvines le 28 juillet 1872, décédée.

A4 - Madeleine Marie DEHAU, née à Bouvines le 2 avril 1874, épouse André Etienne Ernest Joseph BONDUELLE, industriel

A5 – Marthe DEHAU, née à Bouvines, le 8 juin 1875, décédée le même jour.

A6 - Marthe Marie Caroline DEHAU, née à Bouvines, le 10 octobre 1876, épouse Charles Edme Marie Joseph JEANSON, industriel.

A7 - Elisabeth Marie Joseph DEHAU, née à Bouvines, le 29 mars 1878, épouse Henri Ignace Louis Joseph PHILIPPE, notaire à Cysoing

A8 - Louise Claire Marie Julie DEHAU, née à Bouvines le 10 avril 1881, décédée célibataire à  Bouvines, le 31 décembre 1948.

A9 - Henriette Madeleine Marie Félix DEHAU, née à Bouvines, le 6 avril 1884, épouse Louis Eugene Joseph ROLLINDE de BEAUMONT, Croix de Guerre, chevalier de Saint Grégoire le Grand, avocat.

AlO - Jean Charles Pierre Marie Félix DEHAU, ne à Bouvines, le 5 février 1888, épouse Thérèse Marie DAVAINE.

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Les vitraux de l'église de Bouvines

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Abbaye de Chévetogne

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L'abbaye de Lessay

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L'école agricole de Genech


DEHAU:

D'azur au chevron d'argent surmonte d'one étoile a5 rais d'or, accompagne de 3 mains de carnation tenant chacune une poignée d'épis de blé d'or,

posées deux en chef affrontées et une en pointe.

Famille d'ancienne bourgeoisie.

Filiation depuis:

1. Jacques DEHAUW ou DEHAU époux de Marguerite HOUVENAEGHEL, fille de GisllCrt.

II. Mathieu DEHAU, époux de Marie ADAEM, fille de Pierre et de Marie CAUWELAERS.

m. Pierre DEHAU époux de Guillemette DEVOS, fille de Jean et de Marie WYTS.

IV. Jean DEHAU ne a Crochte, fermier a Quaedype, Echevin de Bergues de 1667 a 1670, Trésorier receveur de la Châtellenie de Bergues.

en 1673, decédé Paroisse St-Martin de Bergues le 3 septembre 1705, époux en premières noces de Jacqueline BEESEGHERS et en deuxième noces d’Elisabeth JACOBS.

V. Jacques DEHAU, ne a Quaedypre, licencie es-Lois, échevin-de Bergues, décédé le 22 mars 1693; époux de Marie Madeleine T ASSCHE, fille de Jean et d'EIisabeth JACOBS.

a) Jean Baptiste DEHAU de STAPLANDE, époux Marie Françoise LEGLE, auteur de la branche de STAPLANDE, ancêtre de Jeanne Louise DEHAU de STAPLANDE, époux de Gaston du PASSAGE. (Voir descendance HENNET de BERNOVILLE page 129).

b) Jacques DEHAU, qui suit VI,

VI. Jacques DEHAU, Quaedypre le 20 juub.\ avocat, receveur de la Chatellenie et échevin de Bergues, y décède le 19 décembre 1759, époux de Anne Pétronille BONJEAN.

VII. Dominique Louis DEHAU, ne Ie 10 septembre 1716, banquier, décédé a Lille Ie 21 juin 1807, époux de Philippine DESCAMPS. VIII. Dominique DEHAU, ne Ie 22 janvier 1750, négociant, receveur de la Charité Générale et Directeur du Mont-de-piété, décédé a Lille le 12 janvier. 1830'-époux de Marie Joseph Victoire BONNIER de LAYENS.

IX. Félix Aime Julien DEHAU, Lille, 14 septembre 1787, notaire, Directeur du Mont de Piété, decede a Lille Ie 14 novembre 1870, époux de Stephanie DEFONTAlNE.

x. Félix Etienne Marie Joseph DEHAU, ne a Lille Ie 22janvier 1846, decede a Bouvines Ie 19 aout 1934, épouse a Lille le 21 novembre 1868 Marie Claire LENGLART, née a Fives, le 8 aout 1849, décédée a Bouvines Ie 12 avril 1940.

La branche Dehau de Staplande:

Dehau-de-Staplande

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Jacques Prouvost, fils de Georges Prouvost et Félicie Dehau, est décédé au retour de son voyage de noces avec Gabrielle de Vareilles-Sommieres. Les Prouvost-Dehau habitaient une propriété entre l'Eglise Saint Maurice des Champs et le Pont du Lion d'Or. Jacques était un grand ami de Marcel Virnot et de son cousin Charles Prouvost, troisième du nom. Marcel Virnot avait passé sa jeunesse près de chez eux, à Mons ou rue de Gand. (un très joli coin de propriétés juste après la porte de Roubaix. A la fin de la vie, Félicie  habita chez ses enfants Wallaert, place de Tourcoing, un hôtel particulier dont la concierge et domestique était celle qui avait élevé Marcel Virnot qui était la coqueluche des domestiques. Chaque nouvel an, Marcel Virnot et sa famille allaient fêter le Nouvel an chez la tante Félicie.

Jacques-Prouvost-Vareilles

Jacques-Prouvost-Vareilles

Georges II Prouvost né en 1894
Croix de guerre 14-18, époux de Marthe Virnot ; dont Dominique, Cécile, Georgette, François, Thérèse, Hubert, Martine

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Georges et Joseph Prouvost

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Georges Prouvost, né en 1894, industriel à Paris  marié   le 26 septembre 1919, Lille , avec Marthe Virnot, née le 11 mars 1896, Lille, décédée en 1985 ; ils habitèrent longtemps 8, boulevard julien Potin à Neuilly et, à la fin de leur vie, un appartement dans un charmant hôtel particulier XVII° dans le Marais à Paris où habiatait les Amédée Prouvost.

Dont

* Dominique Prouvost. marié   avec Anna Maria Solari Bozzi,  marié  avec Traot Lamby.

* Cécile Prouvost, décédée, Maroc, en religion.

* Georgette Prouvost, née le 7 janvier 1923, Lille , mariée le 4 mars 1947, Lille , avec Yves Descamps, né le 18 décembre 1921,

Descamps

Georgette-Prouvost-Descamps

Lille ; photo dans l’hôtel Virnot, place Saint Martin à Lille.

François Prouvost, né le 19 février 192  marié   le 15 janvier 1947 avec Brigitte Crépy, née le 22 janvier 1924  marié avec Marie-Louise Jaspard.

Thérèse Prouvost, décédée  mariée  avec Jean Vercasson.

Hubert Prouvost, né en 1930, décédé en 1996   marié   avec Brigitte Machet de La Martinière, née le 31 décembre 1935, Reims de Jean Machet de La Martinière,  Saint-Cyr 1928-30, colonel de l'Armée de l'Air, Commandeur de la légion d’honneur, Croix de guerre 39-45, DFC et Marie Morisson de La Bassetière, arrière petite fille de Henry Cochin, 1854-1926, Membre de l'Institut de France (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, membre libre, 19 février 1926,  Député du Nord (1893-1914), maire de Saint-Pierre-Brouck  de 1888 à 1910, Député du Nord.

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Martine Prouvost, mariée avec Denis Frapier.

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La propriété depuis 100 ans aux Frapier, construite par l’architecte du palais de la Légion d’Honneur à Paris ;

on remarque les même sphinges.

 

Sœur Cécile Prouvost, 1921-1983

Franciscaine missionnaire de Marie

Fille de Georges Prouvost (cousin germain de Charles, petit fils de Félix Dehau) et Marthe Virnot

«  L’homme propose et Dieu dispose ! Je m’étais tellement réjouie de t’avoir comme correcteur et  dessus m’a lancé le grand appel. Au cours d’une opération d’urgence, le chirurgien a découvert en moi un cancer bien avancé. J’en ai pour quelques mois. Je suis émerveillé de cette délicatesse du seigneur qui m’a ccordé un délai pour que je puisse partager ma confiance et ma joie avec tous ceux que que j’aime. Je sais que, dans quelques mois, ma connaissance sera totalle ; alors je préfère m’abandonner à la prière plutôt qu’à l’étude. Je suis revenue à la tente, ma famille et mes sœurs acceptent que je finisse mes jours au milieu de ceux que j’aime(…) Je suis dans la plus grande action de grâce, la plénitude de joie.

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Une femme qui a voulu se faire nomade avec les nomades 

Sœur Cécile Prouvost, 1921-1983. Née le 15 juillet 1921 à St Maurice des Champs, près de Lille, dans une famille d’industriels, elle connut une enfance sans privations dans un milieu aisé. De sa jeunesse, de la première année de guerre, de sa vocation, on ne sait rien. Entrée dans l’Institut des franciscaines missionnaires de Marie en 1940 à dix-neuf ans, elle laissa le souvenir d’une novice « casse-cou » toujours à l’affût de quelque chose à entreprendre, à inventer, sans avoir peur de l’effort, de la difficulté, du risque ou du danger. Après son noviciat, elle fit des études d’infirmière puis fut envoyée au Maroc. Elle écrit, fin 1969, dans un bref résumé de sa vie : J’étais prête à aller dans n’importe quel pays de monde, sauf en Afrique du Nord et chez les musulmans. C’est là que l’obéissance m’envoya. J’étais jeune et pleine d’enthousiasme. Je me suis livrée avec ardeur à toutes les tâches que le Seigneur m’offrit : vie d’infirmière, étude de la langue du pays, de la religion, de la civilisation. Je passais successivement dans les maisons (communautés) de Fès, Casablanca, Taroudant, Rabat. En 1961, j’eus mon obédience pour Midelt. Je fus partout, malgré des croix réelles, profondément heureuse dans ma vocation, trouvant dans l’Institut mon plein épanouissement humain et spirituel.

Midelt fut donc la dernière étape de sa vie conventuelle, avant le grand saut, chez les nomades. Là, elle avait un poste d’infirmière dans le dispensaire, dépendant de la Santé publique, et elle s’occupait plus spécialement de prévention maternelle et infantile. À la fin de 1969, Cécile écrit : Depuis deux ans, le Seigneur m’attire vers une intimité constante avec lui et un profond désir de vie contemplative. Lors de ma dernière retraite en septembre 1969, il me fit voir clairement que ma vie serait nomade-contemplative. C’est en juin 1969, au cours de l’ascension de l’Ayachi (le deuxième sommet du Haut-Atlas, 3735 mètres) qu’elle ressentit vivement et douloureusement combien les nomades étaient abandonnés au point de vue sanitaire. À la fin de 1969, elle présente, par écrit, son projet à la Provinciale et à son conseil, ainsi qu’à la Supérieure Générale et à l’archevêque de Rabat. Elle explique :

Je voudrais donc, dès le printemps 1970, avoir l’autorisation de passer, de temps en temps, une nuit sous la tente, soit près d’un malade, soit chez des amis sûrs – et j’en ai de très sûrs. Il faudrait que rapidement, le rythme atteigne deux nuits par semaine ; tout en continuant mes activités normales au dispensaire et en communauté. Puis mon désir serait, dans deux ans, c’est-à-dire au printemps 1972, pouvoir vivre cinq jours sous la tente, dans la montagne et rentrer dans ma communauté le samedi et le dimanche. Plus une partie de l’hiver. Il me semble que là, je vivrais mieux l’imitation de Jésus Christ, la Voie, la Vérité, la Vie de nos âmes, qui a voulu vivre cette vie de proximité et de communauté avec les plus pauvres de son pays qui étaient si semblables au nomades de nos régions ; nomade avec les nomades. Non sans appréhension, ses supérieures et l’archevêque laissèrent ouverte cette possibilité de proximité avec les plus pauvres de la montagne. Un projet qui devint réalité en 1970, au rythme prévu. Comme « compagne », dans ces débuts, elle eut, non pas l’une de ses sœurs, mais une femme berbère et elle dira : Il s’est créé entre nous une amitié profonde et actuellement, nous vivons en fraternité comme deux sœurs, heureuses l’une et l’autre de montrer à notre entourage qu’une musulmane et une chrétienne peuvent vivre ensemble en réalisant chacune à fond sa religion. Pour nous, ajoute-t-elle, c’est le dialogue islamo-chrétien vécu, avec simplicité, mais dans la réalité. Très vite, elle pourra dire : J’ai enregistré et arrive à suivre d’une manière régulière près de trois cents familles (de nomades). Il doit en rester à peu près cent cinquante que je n’ai pas encore touchées. Le travail est surtout de prévention, vaccinations, visites prénatales, surveillance des nourrissons, dépistages de tuberculose...Nous faisons aussi les soins… Ce qui est important pour elle dans ce vivre avec, ce sont les contacts avec les gens qui l’entourent. Entre 1972 et 1974, elle circule dans un rayon de trente kilomètres autour de Midelt, ce qui lui permet de contacter un grand nombre de personnes. En 1972, elle compte 584 familles, soit 3475 personnes. En 1974, elle compte 659 familles, soit 3833 personnes et, en infirmière méthodique, elle établit une fiche par famille. Elle essaie de sensibiliser les parents à la nécessité des vaccinations. Mais comment faire admettre qu’on pique un enfant en bonne santé ? Elle ne vaccine aucun enfant sans l’accord de l’un des deux parents. Un autre point à obtenir, c’est l’hospitalisation quand le médecin la demande car les gens ont peur. Elle suit avec grand soin les enfants : les rachitiques, les anémiés, les mangeurs de terre. Mais elle porte surtout ses soins sur l’éducation : hygiène, alimentation : « Cela m’est facilité par le fait que je vis avec eux, et, en partie comme eux. Je suis à la disposition de ceux qui viennent chaque jour entre 7 h 30 et 17 h 30 ; mais pour les urgences, il n’y a pas d’heure, je suis à leur disposition jour et nuit. Pour se faire nomade avec les nomades, Cécile est vêtue d’un grand burnous d’homme, coiffée d’une manière qui n’était ni féminine ni masculine, et chaussée de grosses sandales berbères, même en plein hiver. Lorsqu’elle devait prendre le car, pour ne pas déranger, elle était prête à partir de bonne heure. Enveloppée dans mon burnous, je me couche sur un banc public, on me prend pour un homme et on me laisse tranquille. Sa vie à la tente était partagée entre son travail d’infirmière, la prière à laquelle elle consacrait beaucoup de temps et l’étude, car Cécile lisait, écrivait et étudiait beaucoup. Elle avait même composé un lexique français-berbère et berbère-français. Elle avait entrepris la traduction en berbère de l’évangile selon saint Marc et commencé celle de l’évangile selon saint Jean. Elle avait traduit le « Notre Père », le « Je vous salue Marie » et le « Magnificat » et composé quelques chants. Elle suit des cours par correspondance, cours de Bible, d’islamologie, de théologie. On lui doit aussi un livret sur le traitement par les plantes qu’elle complétera au cours des années, ainsi que des notes sur l’acupuncture. Sa vie fut laborieuse et austère. Pour bien le comprendre, il faut se l’imaginer dans son contexte habituel : non au calme dans sa chambre ou son bureau, elle n’en a pas ; mais assise au pied d’un arbre, ou l’hiver, près du feu sous la tente ouverte à tous. En 1978 Cécile reçoit une sœur comme compagne sous la tente ; mais pour que la Fraternité soit reconnue par les instances suprêmes de l’Institut, il faudrait une troisième sœur, qui se fera attendre encore cinq ans. En février 1983, Cécile est opérée à l’hôpital d’une occlusion intestinale. Et cette opération révèle un cancer très avancé. Trop avancé même pour qu’on puisse intervenir. Elle est mise au courant par le médecin et elle accepte dans la foi, dans la joie et dans l’espérance. Puis, malgré l’insistance des siens, elle exprime le désir de finir ses jours à la tente, puisque médicalement il n’y a rien à faire. Elle quitte l’hôpital quand la plaie est cicatrisée et continue de soigner les nomades par l’intermédiaire de la sœur qui est avec elle sous la tente. Les derniers mois, les souffrances physiques furent intenses ; et pareillement sa vie d’union à Dieu. Deux mois environ avant sa mort, Cécile commença un jeûne, ne buvant que du liquide. Je ne vois pas pourquoi je devrais nourrir mes cellules cancéreuses quand il y a tant de gens qui meurent de faim…Ce fut la veille de sa mort, le 10 octobre 1983, qu’arriva – dernière délicatesse du Seigneur – la reconnaissance par Rome de cette fraternité sous la tente. C’était dans la montagne les fêtes de mariages et toute la nuit avaient résonné les sons des derbouka (tambours), plus proches ou plus lointains. C’était pour Cécile, l’annonce d’un autre festin, d’autres noces. À l’aube du mardi 11 octobre 1983, après une nuit de grandes souffrances, entourée de ses trois sœurs, elle dit : « Je vais vers mon Père », prononça le nom de Jésus, entra dans la lumière qui n’a pas de déclin et dans la joie de Dieu. À ses obsèques, dans le cimetière de la Kasbah Myriem, c’est une foule qui l’accompagnait, composée de chrétiens et de musulmans, de prêtres et de religieuses ; mais surtout de ses frères et sœurs de la montagne, les nomades. Témoignages : Un prêtre qui l’a bien connue : Le but premier de Cécile a été de vivre avec les plus pauvres, de partager le dénuement de ce peuple berbère, nomade, qu’elle aimait. Le partage de leur vie avec tout ce qu’il y a de difficile, de dur et parfois même de rebutant, c’était son choix et non pas une conséquence à supporter tant bien que mal. Elle aimait les pauvres, non pas en phrases et en théorie, mais dans la réalité des actes quotidiens. Son programme de vie : - Imitation de Marie : surtout dans son mystère de la Visitation, puisque, comme elle, je porte le Corps de son Fils.- Adoratrice de cette Eucharistie avec laquelle je vis en intimité totale.- Victime, car les sacrifices ne manquent pas quand il faut affronter les intempéries, la privation de tout ...- Missionnaire, selon l’esprit de Mère Fondatrice, Marie de la Passion.Son faire-part de décès composé par elle-mêmeAu nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux, Jésus a dit : Je suis la Résurrection. Qui croit en moi, fut-il mort, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? (Jn 11, 25) Réjouis-toi avec moi ! Le Seigneur est venu me chercher pour la vie qui ne finit pas. Je prie pour toi et je t’attends dans la joie de la Résurrection. Amen. Alleluia ! Cécile Prouvost Monseigneur Chabert, l’archevêque de Rabat : Je l’admirais et j’étais fier d’avoir dans mon diocèse une telle ambassadrice de Jésus parmi les plus pauvres. Elle représentait bien cette option préférentielle que l’Église demande. Et sa Provinciale : Telle que je la connais, l’estime et l’admire, profondément dans son don total, dans ce cheminement qu’elle a fait depuis des années et qui […] me semble une authentique recherche du Seigneur, à l’exemple de saint François et de Marie de la Passion.

 

 

 

Sophie de Sivry et Laurent Beccaria

Sophie de Sivry, ancienne élève de l’École normale supérieure, est éditrice et dirige les éditions de l’Iconoclaste avec son mari Laurent Beccaria. Sophie est la fille de Renaud Poinsinet de Sivry  et  Gisèle Prouvost, elle-même fille de Joseph Prouvost-Ovigneur ( ils habitèrent longtemps 3, rue Bixio à Paris 7°, face aux Invalides).

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. Laurent est le fils d'Yves Beccaria et Marie-Josèphe Denoix de Saint Marc; il est le neveu d'Hélie Denoix de Saint Marc avec qui il a écrit "des Champs de braises", prix Fémina essai et, avec Sophie de Sivry, de "L’Art et la folie" et de "L’Art et l’écriture".

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Trouver l’accord parfait, la note juste, qui résonne longtemps après que le livre soit refermé…Cette quête préside à chaque livre de l’Iconoclaste. La maison publie peu, mais jamais par hasard. A quoi bon ajouter des livres à des livres ? L’Iconoclaste signe quelques livres par an. Parfois ce sont des petits bijoux de littérature, qui nous accompagnent longtemps, souvent ce sont des ouvrages monumentaux, esthétiques et aventureux, sensibles et érudits.

Tous ces ouvrages sont nés en dehors des lois du marketing. La collection "Mémoires" mobilise à chaque parution des équipes de grande ampleur, jusqu’à cent collaborateurs, écrivains et conservateurs dans toute la France. Lettre à une mère ou C’était mon frère ont vu le jour dans l’intimité d’une relation à deux. Mais c’est toujours la même patience et la même attention au détail infime.

Pour chaque publication, depuis la conception du livre jusqu’au lancement, le plus spectaculaire possible, l’Iconoclaste cultive un esprit d’édition. Un choix d’images inédites, exhumant des fonds inconnus, un soin extrême des textes, un goût du livre raffiné mais accessible à tous, jamais intimidant, une attention permanente au lecteur, pour qu’il se sente bien dans nos pages.

Couverture du livre Aventuriers du Monde

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Couverture du livre Mémoires du Monde

Un entretien avec Sophie de Sivry, responsable des éditions de L’Iconoclaste, qui vient de publier Aventuriers du Monde et Pierre Fournié, Conservateur en chef du patrimoine aux Archives du ministère des Affaires étrangères. Responsable des collections iconographiques, il est l’auteur d’une thèse d’école des Chartes sur l’administration française dans les Etats du Levant (1918-1930). Il a publié, seul ou en collaboration, plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient. Pierre Fournié a signé le catalogue de l’exposition Regards sur le monde, trésors photographiques du Quay d’Orsay, 1860-1914 (Somogy éditions d’art), présentée à l’hôtel des Invalides au cours de l’automne 2000.

Comment êtes-vous devenue éditrice ?  Sophie de Sivry : Par hasard. Flammarion cherchait quelqu’un pour quelques mois dans le secteur des beaux-livres. Je sortais de Normale sup, où parallèlement à des études de lettres, je m’étais préparée au concours des conservateurs de musées qui exigeait une solide formation en histoire de l’art. Le beau-livre m’a plu d’emblée. J’ai eu un coup de foudre pour ce métier où tout ce que j’aimais était réuni : l’association du texte et de l’image, le travail d’équipes, la recherche graphique... Je voulais devenir cet "éditeur" que j’avais en face de moi, un métier où il faut autant lire que compter, inventer que fabriquer, flairer que commercialiser.

Deux ans après Mémoires du Monde, un ouvrage réalisé à partir des archives secrètes du Quai d’Orsay, vous publiez cet automne Aventuriers du Monde, un livre sur l’histoire des premières expéditions françaises, de 1866 à 1914, sujet inhérent à l’histoire de la photographie. Quels sont les débuts de cette aventure éditoriale ? Sophie de Sivry : L’idée est née dans les archives du quai d’Orsay où j’ai eu la chance de pouvoir passer des mois pour concevoir Mémoires du monde. A la fin du XIXème siècle, la France (en même temps que d’autres pays d’Europe) se lance dans une politique de grande expansion. Elle envoie des expéditions dans le monde entier pour conquérir de nouveaux territoires, accroître les connaissances scientifiques ou ouvrir de nouvelles voies commerciales. Les affaires étrangères, ainsi que d’autres ministères, se lancent dans l’aventure. On envoie des diplomates hisser le drapeau français en Afrique, en Asie, en Amérique latine... A leur retour, ils remettent à leur ministère des rapports illustrés de photos. Ce sont ces rapports qui m’ont donné l’idée et l’envie de ce livre. On y revit l’aventure en direct, on y découvre ces explorations et ces pays comme jamais on ne les avait vus jusqu’à présent. En outre, ces photos en elles-mêmes sont miraculeuses car elles ont survécu aux périples les plus inouïs. Et parce qu’elles montrent un monde aujourd’hui disparu, englouti par la guerre de 14. J’ai eu envie de reconstituer chacune de ces aventures comme un film mais la tâche fut rude car ces photos sont disséminées dans des fonds divers, publics autant que privées, et la plupart du temps elles sont en très mauvais état. Il a fallu faire un gros travail de photogravure (jusqu’à cinq épreuves) et d’impression pour en retrouver la fraîcheur. Sur 500 images, la plupart sont inédites. Jamais un livre illustré n’avait traité les explorations françaises avant 14.

Vous avez mobilisé, pour l’édition de cet ouvrage, une équipe de travail importante et notamment 19 auteurs, qui prennent en charge le commentaire d’une ou de plusieurs expéditions...Sophie de Sivry : Une équipe de 40 personne pour un seul livre ! La pierre d’angle de l’édifice est Pierre Fournié, conservateur en chef du fonds photographique du Quai d’Orsay, spécialiste de la photo ancienne. Deux années de travail lui auront été nécessaires pour rassembler ces photos, avec l’aide de ses homologues dans les autres fonds. Sans lui, le livre ne serait pas ce qu’il est. Pour les textes, je me suis adressée à de grands écrivains, spécialistes de ces pays. Par exemple à des Africains-comme Kourouma - pour parler des expéditions en Afrique. Charge à eux de nous faire sentir l’aventure comme si nous étions en train de la vivre. Mais il fallait aussi reconstituer les itinéraires à partir des cartes utilisées par les explorateurs sur le terrain et les comparer avec les atlas de l’époque. Retrouver les bonnes orthographes tout en les traduisant pour le public d’aujourd’hui. D’où l’intervention de deux carthographes et de cinq correcteurs. A ceux-ci se sont ajoutés deux maquettistes, quatre documentalistes, quatre photographes etc.Ce livre est riche de reproductions photographiques, de fac-similés de lettres, de cartes postales, de cartographies, de dépêches, de carnets, journaux de marche, et de dessins... des documents originaux pour la plupart inédits, que vous avez exhumés des Archives, des collections privées...

Pierre Fournié : Effectivement, la recherche de documents inédits, photographiques ou écrits, a demandé près de deux ans de recherche dans plusieurs dizaines de dépôts d’archives, de bibliothèques, de musées et de collections privées, à Paris et en Province. Les archives des explorateurs, quand elles nous sont parvenues, sont en effet le plus souvent éparpillés entre différents lieux de conservation. Il n’y a jamais eu de "ministère de l’exploration" chargé de coordonner toutes les grandes missions de découverte. Beaucoup d’institutions intervenaient alors pour encourager et financer ces entreprises : ministère des Affaires étrangères, ministère de la Marine, Société de Géographie, etc. C’est ce qui en explique en grande partie la dispersion des sources.
Graphoscope (deuxième moitié du XIXe siècle). Cet appareil est composé d’une loupe pour visionner des photographies et de deux oculaires permettant de regarder des vues stéréoscopiques sur papier. (L’explorateur photographe) © Aventuriers du Monde, L’Iconoclaste, p.26 ; Parlez-nous du matériel photographique, cet outil indispensable pour les explorateurs...

Pierre Fournié : Les explorateurs ont vraiment commencé à s’équiper du matériel photographique au cours des années 1860. Au début, ce matériel était très encombrant et la tâche du photographe plutôt ingrate : les chambres photographiques et leurs trépieds, les plaques de verre, les produits chimiques et les papiers nécessitaient plusieurs très lourdes caisses qu’on chargeait sur des bêtes de sommes (chevaux, mulets, chameaux et même éléphants en Indochine). Quand le terrain - ou le climat - devenait trop difficile, il fallait souvent renoncer au matériel. Progressivement, à partir des années 1880, les progrès et la simplification des techniques ont facilité l’usage de la photographie qui fut souvent confié au benjamin de l’équipe, à celui qui avait un "tempérament d’artiste". Dès la fin du XIXè siècle, on disposait d’appareils portatifs qu’on portait en bandoulière.Page d’un des journaux de marche et rapports de missions illustrées, (Auguste Pavie au coeur de l’Indochine 1875-1895). © Aventuriers du Monde, L’Iconoclaste, p.112

Et des lettres adressées aux ministres, aux familles, les journaux de marche qui relatent avec précision et souvent poésie ces extraordinaires expéditions... Pierre Fournié : Ces aventuriers, même s’ils étaient souvent en conflit avec la société, consacraient la plus grande partie des haltes et des bivouacs à l’écriture : il fallait prendre des notes, rédiger les rapports pour l’administration qui avait financé l’expédition, tenir à jour ses carnets qui serviraient à la rédaction du futur récit de voyage. Ils avaient aussi besoin d’écrire aux proches, restés en France, même si les lettres ne parvennaient à ceux-ci qu’après de très longs mois, parfois plus d’une année.

Laurent Beccaria est un éditeur français né en 1963. Ancien directeur littéraire aux éditions Plon, puis aux éditions Stock, Laurent Beccaria est le fondateur et directeur des éditions Les Arènes depuis 1997, le co-fondateur et le directeur de la revue 'XXI'depuis 2008. La création de cette maison d'édition a été décidée pour publier un manuscrit de Dominique Lorentz Une guerre refusé par Claude Durand, alors PDG de Stock et de Fayard. Cet épisode a été raconté en détail par Dominique Lorentz dans un récit publié dix ans après, "Des sujets interdits" (2007). Laurent Beccaria a notamment publié des ouvrages de Denis Robert, Noam Chomsky, François-Xavier Verschave, Eva Joly, Hélie de Saint Marc, Geneviève de Galard, Jean-Pierre Guéno, Alain Chabat, Jean-Pierre Jeunet, Jérôme Garcin, Patrick de Saint-Exupéry, [Le Canard enchaîné], [Le Monde], [Daniel Tammet]. Les éditions des Arènes font l'objet d'une critique violente dans le livre de Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et Une nuits, 2006), paru chez une marque de Fayard. L'auteur accuse la maison d'édition de faire partie d'un « cabinet noir » pro-Tutsi qui aurait manipulé l'opinion internationale à propos du génocide rwandais et prend la défense de Claude Durand dans l'épisode Lorentz. Cependant le livre de Pierre Péan est controversé.Un autre texte critique circule également sur Internet, signée par Elisabeth Roudinesco, réagissant à la parution du Livre noir de la psychanalyse, accusant les Arènes d'être « une maison spécialisée dans les dossiers noirs de tout » et vouée aux « thèmes conspirationnistes » La réponse de Laurent Beccaria disponible sur le site arenes.fr: « À titre personnel, je suis né dans le sérail et très loin de l'univers contestataire. Rien ne me prédisposait à jeter des pavés, fussent-ils dans la mare. Mais année après année, livre après livre, j'ai découvert à quel point l'ère médiatique peut générer des occultations troublantes et des réalités virtuelles. Il y a là un effet de génération : aux Arènes, la plupart d’entre-nous ont eu vingt ans avec Timisoara, trente ans avec le génocide tutsi, quarante ans avec la guerre du Kosovo. Nous avons assisté aux innombrables tours de prestidigitations des intellectuels cathodiques et perdu beaucoup d’illusions. » Avec Patrick de Saint-Exupéry, en janvier 2008, il a fondé le trimestriel de reportage XXI. Laurent Beccaria en est en effet le directeur de la publication et possède 33% des parts, comme Patrick de Saint Exupéry, qui en est le rédacteur en chef en possède 33%, les éditions Gallimard 20%, le reste étant réparti entre des actionnaires individuels  : Charles-Henri Flammarion, Patrick Bréaud, ancien directeur général du CIC, Dominique Villeroy de Galhau, directeur général de La Financière Tiépolo, Laurent Hebenstreit, pdg des éditions Démopolis.

Denis Prouvost
ingénieur, consacre son temps libre à l’étude du Vieux Paris ; Il s’intéresse notamment au cycle de l’eau et à la topographie historique. Il est également contributeur de l’Atlas du Paris souterrain. Il est le fils d'Hubert Prouvost et Brigitte de la Martinière.

 

Renaud Gagneux, Denis Prouvost, Emmanuel Gaffard (photographies)
Sur les traces des enceintes de Paris : promenades au long des murs disparus

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De la muraille du Bas-Empire à l'enceinte de 1840, Paris s'est protégée derrière de solides ouvrages, d'un rayon toujours plus vaste alors que la ville ne cessait de repousser ses limites. Il demeure des vestiges importants de certains de ces murs quand d'autres ont pratiquement disparu. L'empreinte en est cependant encore fréquemment gravée dans le tissu urbain: c'est durablement que les enceintes - ou leur fantôme - ont en effet marqué la limite entre des propriétés, que l'orientation du mur a guidé la découpe des parcelles. Ainsi, c'est en portant attention à des éléments d'apparence bien anodine, comme l'orientation des souches de cheminées, la continuité des mitoyens ou les moindres dénivelés de la chaussée, que le promeneur se fera archéologue pour retrouver le chemin des remparts de Paris.


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