La Saga des Prouvost 

Vingt générations depuis le XIV° siècle

 

 

 

Couverture-Prouvost-Saga

 

   

Thierry PROUVOST,  Paris, juillet 2010 

www.thierryprouvost.com

 

 

La Saga des Prouvost 

Vingt générations  1397-2010

« Aussi loin qu’on remonte dans la généalogie des Prouvost, on les trouve solidement fixés dans le plat pays... Dans chacune de nos cités des Flandres –maritime et wallonne- l’Eglise nous enseigne la fidélité aux traditions religieuses, le Beffroi affirme l’attachement aux  libertés communales, toutes les productions des lettres et des arts nous démontrent le respect de la foi jurée, le culte du beau, l’amour du bien, la fierté du devoir accompli ...  » Albert-Eugène Prouvost (1882-1962). 

Les Prouvost se sont continuellement illustrés, ont guidé et dirigé à chaque génération, eurent un  grand nombre de charges municipales et régionales, de religieux, de marguilliers, d’officiers de réserve, de décorations et légions d’honneur ;beaucoup d’entrepreneurs, initiateurs, voyageurs ; « Les épouses valent les époux :les femmes se haussent facilement jusqu’à l’héroïsme ».  On remarque le goût prononcé pour les  arts, les collections, les couleurs,  les productions manufacturées comme les tapisseries de haute lisse des Flandres, les porcelaines, toiles et papiers peints, verreries et bien sûr  tous les textiles bien caractéristiques de cette civilisation des Flandres. Car, de génération en génération, les Prouvost furent connus en dynasties de Maîtres de Manufactures puis d’industriels et négocièrent la laine, jusqu’à être parmi les premiers sur la scène internationale: mais nous verrons qu’ils n’étaient pas que cela : " Depuis Charles Quint, les mêmes familles dominent la Fabrique Roubaisienne : Pollet, Mulliez, Prouvost, Van Reust (qui devient Voreux), Leclercq, Roussel, Fleurquin, Florin, Malfait. Elles assurent la majorité de la production."  Hilaire-Trénard: Histoire de Roubaix" : on reconnaît ici la permanence de ces familles dans l’économie de la France depuis 500 ans.

Jehan Prouvost était juge de la Seigneurie de Croix en 1368, ville qui longe les terres du Moyen-âge : son écu portait un sautoir surmonté de deux roues ; la famille en n’eut  pas l’ usage ; nous les avons reprises et les armoiries modernes sont: « D'argent au sautoir de gueules au chef d'azur à deux roues d'or ». Devise ininterrompue depuis Pierre Prouvost en 1748:" Laus Deo Semper".

Armoiries-modernes-Prouvost

Les Prouvost au Moyen-Âge

Huars-Prouvost-des-Huchon

S'ils descendent d'une lignée de propriétaires terriens, cultivateurs aisés installés à Wasquehal  (Jehan, fils de Willaume ci-dessus) et les environs selon les travaux d'Alain Watine-Ferrant de 2012, les Prouvost actuels descendent cognatiquement et ont traditionnellement été reliés aux  voisins Prouvost des Huchons du XV° siècle dont les terres se situaient autour du fief des Huchons; Albert-Eugène Prouvost les disaient s'étendre sur environ 200 ha,  autour de l’ actuel parc Barbieux  à Roubaix, à la limite de Croix, avec un tracé connu ; ils furent aussi attachés aux fiefs du Fresnoye, de la Haye, du Bleu Chastel, du Triez du Wault. Déjà, en 1397, Huars et Isabeau Prouvost dits des Huchons, tenanciers de la seigneurie de Favreulles, avaient contesté, avec panache mais en vain,  au Chapitre de Tournai leur droit de passage sur les terres familiales. Jean Prouvost et son frère Pierre sont cités le 26 septembre 1449, parmi "les plus riches de la paroisse de Roubaix." RP Louis d'Halluin, ville qui se développait  grâce à Jean et Pierre de Roubaix et les ducs de Bourgogne.  Jehan Prouvost, dit des Huchons, seigneur de Wasquehal en 1469, échevin de Roubaix était  le  bras droit de Pierre de Roubaix, proche de Charles de Bourgogne, à la grande ère des peintres internationaux et locaux  Jan van Eyck et Rogier van der Weyden." Dès 7 heures du matin, le 15 du mois de novembre 1469, le bailly Jean de Langlée, les échevins Jean de Buisnes et Jean Prouvost, dit des Huçons, les deux lieutenants Jean Fournier et Guillaume Agache, se rendirent au château  de Roubaix  construit par Pierre de Roubaix  (1415-1498), chambellan du duché de Bourgogne, fils de Jean, troisième chevalier de la Toison d’Or , premier chambellan de  Charles, duc de Bourgogne, pour lui témoigner la reconnaissance de ses sujets pour avoir  obtenu la charte de Roubaix qui donnait à la ville le droit de faire draps de toute laine. " (Histoire de Roubaix, Trénard). " Jean  Prouvost est le "grand ancêtre" de la famille Prouvost ", nous disaient les Albert Prouvost, ce qui est vrai par les femmes selon Alain Watine-Ferrant.

fief-Huchon-ProuvostROUBAIX/charte_drapiers

Les terres Prouvost des Huchons au Moyen-âge, Pierre de Roubaix et ses cinq collaborateurs, la charte de Roubaix,

Guillaume Prouvost, né en 1580 fut à la fois censier, chef d'industrie et laboureur d'une surface importante: " plus de 26 bonniers de bonnes terres et de lieux manoirs situés sur les villages de Bondues, Marc-en-Baroeul, Roubaix et Tourcoing et de plus de 12.000 florins en capital de bonnes rentes héritières sur des particuliers solvables; ils étaient encore laboureurs d'une de leur fermes qui est situé entre le Trieu du Grand Cottignies et la ferme de la Masure audit Wasquehal". Il  était aussi marchand de laines peignées et de filets de sayettes. Il est le grand modèle de la race, associant ses fils à son labeur et à ses affaires" Lecigne.

Pierre Prouvost épousa Marguerite des Tombes, d'une famille  "originaire de Lannoy, roubaisienne depuis 1643, ayant donné  sept échevins de Roubaix en cinq générations, et ce n'est pas son seul mérite." Leuridan ; dont Jean Prouvost (1630-1670) dont Robert Prouvost (1660-1670), lieutenant de la Seigneurie de Wasquehal.

Catherine Prouvost épousa, à la fin du XVI° siècle, Noël de le Rue, issue des seigneurs de La Rue, alias de Le Rue, à Roubaix, d’une famille connue à Roubaix dès le XIII° siècle ; Antoinette Prouvost épouse Pierre de Courchelles. Jean Prouvost épousa en 1677 Barbe de Lespaul, de la branche cadette de la grande famille roubaisienne et lui porta en dot l’un des fiefs du Fresnoy.

Le curé Jacques Legroux déclare en 1714 : « le bourg de Roubaix est considérable et ancien ; ses Manufactures le rendent célèbre plus que bien des grandes villes en France, en Espagne et ailleurs ».

Elégance à Lille au XVIII° siècle
Pierre II Prouvost (1648-1691), échevin de Wasquehal épousa  Marguerite de Lespaul,  fille de Jacques, seigneur du Gauquier à Wattrelos, lieutenant de Roubaix de 1668 à 1672, maître de manufacture, en 1690, réputé le plus riche de Roubaix et Jehanne de le Dicque, fille de Gilles de le Dicque, Seigneur de la Boutillerie à Watrelos et Marguerite Flameng, dame de la Boutillerie, d'une famille notable de nombreux échevins et trois religieuses à l'hôpital Sainte Elisabeth; on voit leurs enfants à Lille; les représentants de cette branche de la famille de Lespaul, dont les Prouvost-de Lespaul, « favoris de la fortune, ont quitté Roubaix pour s’établir à Lille, où, insensiblement, ils ont pris rang parmi la noblesse. Leur départ était, en novembre 1696, mis au nombre des malheurs publics. » Ils faisaient partie des principales familles de Lille depuis peu rattachée  au Royaume de France : les Prouvost eurent alors l’honneur d’être  inhumés sous le pavement des principales églises de Lille ou dans les chapelles latérales, Saint Etienne, Saint André, Sainte Catherine, Saint Pierre, comme ils le furent en les églises de Roubaix et de Wasquehal avant que furent interdites les inhumations à l’intérieur des sanctuaires.

Leur  fils Pierre III Prouvost, qui habitait rue du Nouveau Siècle à Lille,  épousa, à Saint Maurice de Lille,  Marie Claire Trubert de Boisfontaines, inhumée dans la grande nef de l'église Saint Pierre de Lille et rédigea en 1748 la première généalogie de la famille Prouvost:« Voila la description des descendants des Prouvost et de ceux  qui se sont alliez jusques a la fin de cette année mille sept cens quarante huit. Et on peut dire sans vanité, que lesdits du surnom Prouvost, ont toujours vécu en gens de biens, d’honneurs et de bonne réputation en la foi catholique apostolique et romaine et les plus notables des villages qu’ils ont habitez "

généalogie-pierre-prouvost-en-1748

Marguerite Jeanne Prouvost (1671-1744), inhumée en la chapelle de l'Ange gardien à Saint Etienne de Lille, épousa Jean du Hamel en 1688; leur succession "était assez considérable" et vécurent à Paris; ils léguèrent leurs biens immeubles à son frère Jacques, qui suit, pour un tiers; leur fille Marguerite fut religieuse au couvent des Pénitentes à Lille. Marie Prouvost, née en 1678, épouse, en novembre 1705, Pierre Dassonville, greffier de la juridiction consulaire de Lille, fut inhumée au milieu de la grande nef de l'église Sainte Catherine de Lille: dont François Ignace époux de Marie Agnès Le Clercq qui vécurent à Paris. Jacques I Prouvost (1670-1704), pierre tombale de marbre près de l'autel Saint Nicolas de l'église de Wasquehal, épouse à l'église Sainte Madeleine de Lille le 08-04-1698, Antoinette Masurel (1670-1730).

Aimée-Joseph Prouvost, décédée en 1819,  épouse Louis-Urbain Virnot de Lamissart,  1779-1837 ; ils habitaient le magnifique hôtel Virnot de Lamissart sur l’Esplanade à Lille, dont un fils Urbain-Léon Virnot de Lamissart. La sœur de Louis-Urbain, Rose-Marie Virnot de Lamissart (1772-1851)  épousa Jean-Baptiste Prouvost, sans postérité ; remariée à Marie- Jean-Charles Gennart. Ils étaient familiers du salon de l’hôtel Virnot, place Saint Martin à Lille (il en existe encore les invitations)  et de la vie de collectionneurs et mécènes autour de Charles Lenglart, les Watteau, les van Blarenberghe. Il y eu deux autres mariages Prouvost et Virnot au XX° siècle www.virnot-de-lamissart.com.

Il y eu aussi l’aventure des Manufactures Royales : Catherine Françoise Prouvost, petite fille de Jacques I Prouvost (1670-1704) et  Antoinette Masurel (1670-1730), fille de Pierre Joseph Prouvost épousa Marie Ramery dit de Boulogne,  épousa, le 30 avril 1782, François Joseph Durot, 1747-1815, fils d’Arnould-François Durot, bourgeois de Lille, remarquable exemple de parcours proto-industriel : sa vie intense a été racontée par Alexis Cordonnier dans son article : « Une industrie d’art au siècle des lumières : l’indiennerie Durot (1765-1790) : avec ses fils et gendres Durot, Leperre, Prouvost, de Lagarde , ils créèrent ou rachetèrent les Manufacture Royale des toiles peintes, indiennes & papiers peints en façon de damas & d'indiennes  de Lille, lettres patentes le 25 janvier 1770 (toiles frappées des armes fleurdelisées), Manufacture Royale de verres,  Manufacture Royale de Mousselines d’Houplines, Manufacture Royale de porcelaines de Monseigneur le Dauphin, sous la protection du Dauphin et de Calonne, marque au Dauphin couronné, innovante par ses fours chauffés au charbon. Le petit-fils de Catherine-Françoise Prouvost,  Alexandre Lauwick  peintre renommé, épousa en 1864 Thérèse Riesener 1840-1932, fille de Léon Riesener, petite fille de Henri-François Riesener (1767-1828), arrière-petite fille de Jean-Henri Riesener,1734-1806, le célèbre ébéniste. Il épouse la veuve de ce dernier, Françoise-Marguerite Vandercruse, fille de François Vandercruse dit La Croix, 1728-1799, ébéniste, flamand d'origine, surnom emprunté également par son fils, Roger, ébéniste à la Cour, lui aussi, qui signa ses œuvres R.V.L.C. pour Roger Vandercruse La Croix, célèbre ébéniste  estampillant RVLC ;  Thérèse Riesener est la nièce du peintre Eugène Delacroix, cousin germain de son père Léon Riesener

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Les Manufactures Royales :Urne de Calonne, Manufacture-château de Beaupré, la marque au Dauphin Couronné

A Roubaix,  Jacques II Prouvost (1699-1774) , Maître de manufacture, épouse Marie-Agnès Florin (1712-1767), issue d’une ancienne famille, fille de Jean Nicolas Florin, membre de la Manufacture de Roubaix et administrateur de la table des Pauvres  et Marie Catherine de Surmont, inhumée dans l'église de Roubaix, sœur de Pierre Constantin Florin, Député suppléant aux Etats généraux de Versailles et premier maire de Roubaix. (sa petite fille Sophie Florin épousa Henri II Prouvost) époux de Marie Bacon de Sains, fille de Philippe et Augustine Macquart(de Terline)  qui font descendre les Henri Prouvost de Jeanne du Lys quoiqu’on dise. Leur succession en 1775 dénombre leurs biens à Bondues, Tourcoing, Wasquehal, Roubaix, Estainpuis et Willems.

Pierre Joseph  Prouvost (1699-1770), maître de manufacture, échevin de Roubaix en 1738 et 1739, épousa Marie Jeanne de le Becque,  fille de Jean, Censier du Fontenoit, échevin de Roubaix, Marguillier de Saint Martin, d'une lignée dont le tronc  se perd  dans le XIII° siècle  et qui fournit jusqu'à 17 échevins à Roubaix, sept religieuses de l'Hôpital Sainte Elisabeth, et Marie Barbe de Lespierre; les époux s'installèrent à Roubaix le 26 septembre 1724: une de leurs filles fut Béatrix  Prouvost, prieure de l’hôpital Sainte Elisabeth, femme de grand courage  sous la Révolution, une figure marquante de la famille.

A l'époque, Panckoucke écrit dans son Petit Dictionnaire Historique et Géographique de la châtellenie de Lille : « Beaucoup de villes ne valent pas le bourg de Roubaix  tant dans la beauté des maisons du lieu que dans le nombre de ses habitants».

Pierre Constantin Prouvost échappe à la guillotine 

Pierre IV Constantin Prouvost (1747-1808), échevin de Roubaix sous l'Ancien Régime 
"Maître de Manufacture", puis maire de Roubaix le 13 août 1795, l'un des principaux fabricants roubaisiens
après avoir échappé à la guillotine par la grâce de la "Réaction Thermidorienne" épouse Marie Henriette des Tombes (1747-1798), fille de Jean Joseph des Tombes, 12° du nom, échevin de Roubaix de 1740 à 1751 comme ses oncles Charles et Jean et sœur de Louis-Joseph des Tombes, échevin de 1783 à 1790 ;
Reçu "Maître de Manufacture" en 1777, il devint l'un des principaux  fabricants roubaisiens  et, avant la Révolution, figurait en tête des habitants les plus imposés de la paroisse. Le 22 vendémiaire an IV, avec le conseil municipal, il leva, comme maire, le séquestre apposé  sur la caisse du précepteur pour employer les fonds comme secours aux pauvres. Durant la tourmente il songea à émigrer mais ne put s'y résigner et il se cacha dans une de ses propriétés, une des dernières qui lui restait. Apres le 9 thermidor, on le retrouve maire de Roubaix. "Homme généreux et probe, il avait proposé à sa commune trois actions principales. D'abord, venir en aide aux pauvres. Ensuite, protéger les cultivateurs dont les charrois réquisitionnés les forçaient a négliger les champs. Enfin, défendre l'hygiène de Roubaix dont les citoyens laissaient devant les domiciles des amas de boue et d'immondices ». Le souci des autres pour faire leur bonheur, déjà."  dit Albert Prouvost dans « Toujours plus loin." On peut le considérer comme le fondateur de la fortune industrielle des Prouvos

 Son neveu, Georges Jules Augustin Prouvost 1842-1901, avocat , conseiller à la Cour d'Appel d'Amiens, lieutenant des Gardes Nationaux , fils de François Henri Jules Prouvost, avocat à la Cour de Bruxelles &  Julia Adrianne d'Elhougne fut marié avec Marie Lucie de Mailly. D’autres furent administrateur des hospices, membre de la chambre consultative, religieux.

 A la 14° génération,  Henri  I  Prouvost (1783-1850) , maire adjoint de Roubaix, de 1821 à 1826, membre du Conseil de fabrique de Saint Martin à Roubaix de 1826 à 1847, administrateur des hospices de 1817 à 1822, maître de manufacture, époux de Liévinne  Defrenne (1791-1824), fille de Liévin Joseph de Frenne (1750-1814), Maître de manufacture, marchand drapier, administrateur des hospices, " chef de la branche ainée de la famille de Frenne" ; cette très ancienne famille de Fresnes remonte ses preuves de noblesse vers 1340, est connue dans la région de Tournai, Roubaix. Cette famille donne naissance aux seigneurs de Fresnes, du Lobel, de Gaucquier, et occupe des fonctions échevinales à Roubaix, de lieutenant de Saulx et du marquis de Salm à Néchin, bailli de Néchin, censier de nombreuses terres, négociants et industriels dans le textile : plusieurs générations d’ancêtres des Prouvost fabriquaient,  aux  XVII° et XVIII° siècles, ces sublimes tapisseries des Flandres de haute lisse ( Liévin de Frenne 1686 - 1743 et son fils Liévin Joseph  Defrenne-Prouvost, sieur du Gaucquier, 1728 -1795)

D'où les trois branches actuelles des Prouvost : branche ainée  Henri 1810-1857,  Liévin  1818-1869   Amédée I Prouvost   1820-1885                     

Les Henri Prouvost, branche ainée

La branche ainée vit cinq  générations successives prénommée Henri : Henri II Liévin Prouvost 1810-1857épousa Sophie Florin 1812-1871 dont: Henri 1836-1900, Charles Jérôme 1837-1906, Sophie 1838-1918, Paul Alexandre 1840-1903, Caroline 1843-1915;  L’hôtel Florin demeure au 104, rue du Faubourg de Roubaix à Fives-Lille. Henri III Prouvost 1836- 1900, CLH, époux de Rose Delerue 1841-1915, issue des seigneurs de Le Rue, connus à Roubaix depuis le XIII° siècle, arrière petite fille du député aux Etats-Généraux  Pierre-François Lepoutre. Henri IV Edmond Prouvost 1861-1917, CLH, décédé à Holzminden en Allemagne en 1917, médaille militaire, soldat au 165e régiment d'infanterie, compagnie de mitrailleuses : bon soldat, zélé et plein d'entrain. A été très grièvement blessé dans l'accomplissement de ses devoirs, 1916. Amputé de la jambe gauche. Epoux de Laure Jeanne Ernoult, petite fille de Jean François Ernoult, maire de Roubaix en 1860 ; Henri V Prouvost 1885-1962, marié le 30 juin 1908 à Roubaix avec Marguerite Léonie Motte 1887-1966, arrière petite-fille de Louis Motte-Bossut, fondateur de la filature monstre à Roubaix. Puis la branche ainée fut représentée par les  Edmond :Edmond I Prouvost), fils d’Henri III Prouvost, CLH, épousa Jeanne Eloy 1867-1948, de l’ancienne famille Eloy, de Linselles ; Edmond II Prouvost marié avec Marguerite Pollet, petite fille de César I Pollet portraituré par César Weerts, dont Claude Prouvost époux d’Annette Dewavrin, fille de Bernard Dewavrin, (de l’illustre et ancienne famille), officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre 14-18 et de Madeleine Coisne, sœur de Maddy Dewavrin,  qui épousa, Yves Masurel,  Croix de guerre 39-45, ancien administrateur-directeur général de Prouvost Masurel  S.A, né en 1918  à La Saussaye dans l’Eure, fils d’Edmond Masurel, industriel textile, et de  Marguerite Prouvost. Sa fille  France est Duchesse des Cars. Laurence épousa Mme Michel Cazeaux Cazalet et de Mme, née Anne Paris ; Remarié le 18 janvier 1990 à Mlle Françoise Kine. Et  sœur aussi de Jean Claude Dewavrin, époux de Lilibeth Dewavrin, Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres, née Elisabeth Gallant, Secrétaire Générale de l’association «  les Vieilles Maisons Françaises » à laquelle elle a dédié un magnifique parcours de vie. L’ainé des ainés des Prouvost est actuellement représenté par Claude Alain Prouvost, l’important notaire de Roubaix époux de Nicole Jeanmot, dont Axel, Constance, Dimitri.

Tissage-Henri-Prouvost

Il y eu plusieurs alliances avec la dynastie des Lepoutre :Augustin Lepoutre (1791-1845), médecin officier des armées de Napoléon ; dont Auguste I Lepoutre 1825-1903, industriel; député du Nord de 1885 à 1889, dont Auguste II Lepoutre  (1861-1932)  et Louis Lepoutre (1862-1935) ; leur frère André Jean Lepoutre épousa Pauline Sophie Prouvost (1868-1929), fille de Charles et Marie Prouvost-Scrépel, Auguste II eut  Auguste III Lepoutre  (1888-1959) épouse Simone Prouvost (1889-1972),  fille d’Henri Edmond  Prouvost et Louise Prouvost-Ernoult dont il eut 12 fils : un reportage vidéo montre la qualité de cette magnifique famille ; dont Auguste IV Lepoutre épouse Marguerite Prouvost (1918-) , fille d’Edmond et Marguerite Pauline Pollet,  dont Auguste V dont Auguste VI Lepoutre. Ils connurent une saga industrielle  aux  Etats-Unis- Woonsocket- et en Amérique du Sud : les Lepoutre ont habité, entre autres, l’hôtel Amédée Prouvost à Roubaix.

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Charles Jérôme et Marie Sophie Prouvost ; l’hôtel Prouvost (MH) à Roubaix

Toujours de la branche ainée, les Charles Prouvost : Charles- Jérôme Prouvost 1837-1906 épousa Marie Sophie  Scrépel 1840-1908,  fille de Louis Jean Scrépel (1809-1891) dont le portrait par Victor Mottez en 1860 a été acquis en 2009 par le Musée de la Piscine à Roubaix. Ils construisirent l’hôtel Prouvost à Roubaix, classé Monument Historique en 1998 et allièrent leurs enfants avec les familles Flipo, Dehau, Lepoutre, Vernier, Duthoit, Masurel, Pollet, Droulers, Denonvilliers.

Le fils ainé de Charles Jérôme Prouvost,  Georges Louis Prouvost, 1866-1926, épousa Félicie Valérie Dehau 1871-1962, fille de Félix -Etienne Dehau (1846-1934):Commandeur de Saint Grégoire le Grand, Croix de l’ordre National de la Légion d’honneur , docteur en droit, Conseiller général du Nord, maire de Bouvines, Le plus jeune des maires de France, doyen des maires de France, fit construire l’église de Bouvines, à l’origine des verrières remarquables par Champigneulle de l’église de Bouvines, fit construire les orphelinats d’Esquermes, de Blandin, de Bouvines et de Croix dont sa fille Claire était la Supérieure, Fonde l’école libre pratique d’agriculture de Genesch (plus de 1000 élèves), organisateur des superbes fêtes des 700 ans de Bouvines, zélé défenseur des intérêts religieux et régionaux, construit un monument à la gloire des héros de 1214 par son petit fils l’architecte Joseph Philippe, habitait le château de Bouvines, hôtel particulier sur le parvis Saint Maurice à Lille, fit construire la chapelle Saint Hubert dans son parc, achèta pour les bénédictins l’abbaye de Chèvetogne, mélomane, brillant orateur, grand chasseur, amateur d'art,  donne les revenus de son château d’Esquermes aux œuvres, châteaux de Vaumain , de la Houssoye, de La Bosse , l’abbaye de Lessay ; époux de Marie Claire Adelaïde Lenglart,  dont  12 enfants ; les familles alliées s’appellent Descamps, Vandenberghe, Ovigneur, Rollinde de Beaumont, Frapier,Machet de la Martinière : Georges Prouvost épousa Marthe Virnot, couple de grande distinction souvent confondus avec le Comte et la Comtesse de Paris. Jacques Prouvost épousa Gabrielle de la Broüe de Vareilles-Sommières, descendante de Madame de Montespan ; il mourut d’un accident juste après son mariage. Sophie de Sivry, fille de Renaud et Gisèle  Prouvost, éditrice, dirige les magnifiques éditions de l'Iconoclaste avec son mari, Laurent Beccaria, fils d’Yves et Marie-Josèphe Denoix de Saint-Marc, éditeur, dirigeant les éditions des Arènes et les éditions de l'Iconoclaste.

Un des petit fils de Charles-Jérôme, Charles III PROUVOST (1901-1953),

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Réunion Prouvost-Scrépel à Roubaix, Charles Prouvost- Dalle

Fils de Charles Prouvost et Eugénie Masurel, de l’ancienne  et puissante famille d’industriels, le père d’Eugénie, François Masurel,  étant considéré comme l’homme le plus fortuné du Nord, Charles Prouvost épousa Hélène Dalle, cousine germaine de François Dalle qui guida L’Oréal pendant 50 ans. Il naquit à Roubaix en 1901, ainé d’une famille de cinq enfants. Il fut élève du collège du Sacré-Cœur à Tourcoing. Pendant la guerre 1914-1918, ses parents habitant Paris, il continua ses études à l’Institut du St-Esprit à Beauvais, puis au collège Stanislas à Paris et revint terminer les 3 derniers mois de philosophie à Tourcoing. II fit son service militaire à Hesdin, St-Omer, puis en Allemagne et fit l’occupation de la Ruhr comme sous-lieutenant. Il passa ensuite deux années aux Facultés Catholiques de Lille et obtint le diplôme d’H.E.C. En 1925, il suivit sa famille au 84, rue la Fontaine à  Paris. En 1926, au moment de son mariage avec Hélène Dalle, il reprend en association avec son beau-père, Charles Dalle, la firme Dubois et Roussel; qui devient la S.a.r.l. Prouvost-Dalle et Cie. Il était administrateur du Crédit immobilier. Mobilisé en Août 1939, il est, en Avril 1940, renvoyé provisoirement dans son foyer, comme père de six enfants: chevaleresque, il fut  accablé de ne pas avoir pas eu l’occasion de faire son devoir ; de plus, sa nomination au grade de capitaine de réserve, qui fut effective, fut victime d'un bombardement. A Thumesnil  qu’il habitera 10 ans, il occupera rapidement une place prépondérante sur le plan social comme sur le plan politique. II fut candidat aux élections municipales cantonales et au Conseil d’Arrondissement. En I936, désirant donner à sa famille une maison plus vaste, il s’installe à Lambersart, au grand regret des habitants de Thumesnil. Brillant industriel, il avait en quelques années constitué plusieurs usines et dépôts employant environ 500 personnes, il était ancien Président de la jeunesse catholique de Tourcoing, Président de la Confrérie du Saint Sacrement. Il présidait les associations locales : ancien président du conseil paroissial et des familles nombreuses de Thumesnil, membre du conseil paroissial et des œuvres de la paroisse, président d’honneur du Patro-club et de la chorale, président d’honneur de la Musique du Centre et du club des Cinq. Il incarne le grand patron chrétien mais mourut si jeune, laissant une famille nombreuse désemparée:
« Doué des plus beaux dons de l’intelligence et du cœur, il eut toutes les qualités du véritable chef. C’était un animateur et un entraineur d’hommes, tenace, énergique et bon. » « Sa bonté et sa charité étaient légendaires. ». Son frère, Gérard Prouvost, sous officier d'artillerie; avait fait son service militaire avec lui  et retenu dans un camp en France jusqu'à fin 40; emmené en Allemagne dans un train à wagons de marchandise. Il réussit à perforer le toit du wagon, à se hisser et à sauter en marche en pleine nuit en Lorraine. Il traverse à plat ventre le canal gelé de la Marne au Rhin (pour ne pas couler à pic) en direction d'une lumière sur l'autre rive. Il est sauvé par le riverain qui va chercher un cordage et lui demande de ne pas faire de bruit car un allemand loge dans sa maison!! Muni de vêtements civils, il regagne Paris par le train et retrouve avec grand plaisir le 84, rue la Fontaine à Paris. Leurs sœurs Lucie épousa roger Ponroy et Geneviève entra en religion.

Le fils ainé de Charles et Hélène, Christian Prouvost, Capitaine de Cavalerie, arme blindée et cavalerie de réserve, 7° spahi à Senlis et 1° régiment de spahis algérien à Médéa, auteur de la trilogie romanesque:« A demeure », « Le tambour de Marengo », « La femme de nulle part », industriel  épousa Brigitte Virnot, d’une ancienne famille www.virnot-de-lamissart.com qui eut deux  alliances avec les Prouvost au XVIII° et deux  au XX° siècle, dont Christian Prouvost, chirurgien-obstétricien, interne des hôpitaux, commandant de réserve ; Gaëtane Prouvost, violoniste soliste international, premier prix de violon et de musique de chambre du Conservatoire de Paris,  a poursuivi sa formation à la Julliard  School de New York  auprès d’Ivan Galamian comme nombre des virtuoses contemporains. Mais son véritable maître sera Zino Francescatti, l’un des grands violonistes du siècle et unique héritier de la technique de Paganini. Elle lui a consacré une biographie et enregistré un disque de ses compositions originales et transcriptions en plus de toute une discographie. Son mari est Charles de Couëssin, diplômé de l’Imperial College de Londres, de l'Université de Paris X et de l'Ecole du Louvre dont Victor-Emmanuel, Gabriel, Maxime et Adélaïde. Thierry  Prouvost, fondateur de « Pour vous, les princes » agence de communication et d’évènementiel, redonne vie aux familiales « Manufactures Royales du Dauphin ». Après Géraldine  Prouvost,  Géry  Prouvost, né en 1964, à Paris, est professeur au Grand Séminaire de philosophie Saint-André Kaggwa de Kinshasa, docteur en philosophie de l’Institut catholique de Paris et docteur en histoire des religions de la Sorbonne, il a déjà publié de nombreux ouvrage sur l’ontologie.
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Christian et Brigitte Prouvost, leur famille dvt le portrait d’Urbain Virnot-Lenglart par Heinsius, l’hôtel Virnot de Lamissart-Prouvost à Lille

 Vient après, Simone Prouvost, épouse de Jean Trentesaux-Dewavrin, docteur en médecine; il descend de l'illustre et ancienne famille Dewavrin).André  Prouvost, né 1933, épousa Véronique Crépy, d’une ancienne famille des Flandres, Artois, Picardie; il a servi en 1954-55 en Allemagne au 2° cuirassier puis au Maroc et en Mauritanie au 43° RI qui est le régiment de tradition de la ville de Lille. Il a reçu la médaille commémorative du Maroc. Il est lieutenant de cavalerie, ayant eu l'honneur de servir à l'école d'application de l'armée blindée et cavalerie, EAABC, qui forme les futurs officiers qui sont ensuite affectés à des régiments de cavalerie. Brigitte Prouvost, née en 1937 est mariée avec Benoît Thiriez, de la remarquable dynastie industrielle; Charles Prouvost, célibataire, fut journaliste. Son frère Bernard  Prouvost  qui épousa Bernadette Cuvelier, d’une ancienne et importante famille de Lille, a servi en 1957-58-59 en Algérie au 20° dragon et au 18° régiment de chasseur à cheval. Il a fait un stage commando et a reçu la croix du combattant dans la période la plus dure de la guerre d'Algérie: il est lieutenant. Jacques Prouvost, né en 1941, champion de France de parachutisme, marié avec Nicole Béra, 4 fois championne de France de parachutisme, championnats du monde en 1962 et 1964 avec deux médailles de bronze, rencontres internationales: Médaille d'or en équipe en 1965, Médaille d'or en voltige à Moscou en 1967.
Un Benjamin Prouvost (1820-1896)  eut une descendance à laquelle appartient Henri Louis Prouvost  (1895 - 1983),  missionnaire à Mysore. Il partit pour l'Inde le 26 septembre 1921. A Bangalore, ville épiscopale de la Mission de Mysore, en 1932, il devint Principal du Collège universitaire. En l'espace de cinq ans, il fit de ce Collège l'une des grandes institutions universitaires du pays.

De la branche Liévin Prouvost, nous pouvons citer  Camille Marie Prouvost, née  en 1874, décédée célibataire  sans enfant à Paris 7° en 1950, qui s’est illustrée dans la peinture et le pastel: il existe un autoportrait de Camille. Françoise Allard, épouse de Dominique Prouvost, poursuit un brillant et généreux parcours au service de la ville de Douai.

Portrait-Camille-Prouvost

Les Amédée Prouvost

Il y a sept générations portant le prénom Amédée jusqu’à nos jours depuis le grand Amédée 1°, fils d’Henri I, jusqu’à Amédée-Stéphane Prouvost,  sixième du nom, statisticien-économiste, actuellement  fonctionnaire international, directeur à la banque mondiale et ses enfants.

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Amédée I Prouvost , l’hôtel Amédée Prouvost à Roubaix (MH), La lainière de Roubaix, Amédée III Prouvost

Amédée I Prouvost (1819-1885)  connut une prime jeunesse turbulente et trépigne a la pensée d'une vie placide et monotone. A 20 ans, se sentant l'âme d'un novateur, il brise avec des horizons trop étroits et entreprend de voyager. Non pas en diligence, mais à cheval. II fait son tour de France et envoie a sa famille des lettres et des notes de voyage où s’entremêlent des impressions d'artiste et des vues très objectives sur les réalités industrielles qu'il découvre au hasard de ses pérégrinations. A 25 ans, il revient au bercail et épouse une jeune lilloise, Joséphine Yon. En 1867, lors de sa visite dans le Nord, l’empereur Napoléon III, accompagné de l'impératrice Eugénie, demande à visiter sa nouvelle usine. Surprises et admiratives, « leurs Majestés» découvrent l'industrie lainière pour laquelle Amédée fournissait du travail à 2.000 personnes. Adolphe-Eutrope  Prouvost (1821–1884)  son plus jeune frère, fut aussi associé à la plus importante usine de tissage du monde. Sur la puissance réalisatrice de ces générations, citons aussi un de ses neveux,  Jules Masurel 1841-1925, frère de François Masurel-Pollet (ses aïeux Pollet fondèrent « La Redoute »). " Par ses voyages à travers le monde, il créa de nombreux comptoirs d'achat de laines et vécut des aventures extraordinaires. Car à cette époque - en 1860 - on voyageait à cheval et il parcourt de cette façon la pampa argentine et les déserts d’Australie. II s'y fit, peu a peu, une situation prépondérante et avait étendu son action a la planète entière car il achetait et vendait des laines, non seulement d’Amérique du Sud ou d’Australie mais aussi de Nouvelle Zélande et d’Afrique du sud  à tous les lainiers du monde. Sa maison, Masurel fils, était l'une des plus grandes firmes du négoce international.

Amédée II Prouvost (1853-1927) : « Monsieur Amédée Prouvost est le type des grands industriels roubaisiens, actif, intelligent, dominant tout un monde par l’ exemple, le prestige de son travail et de son dévouement ; il est de plus un lettré; sa maison est une bibliothèque et un musée d’art ; il se délasse de ses longues journées de labeur à feuilleter  les beaux livres ou à contempler sa collection de primitifs. A son école, le futur poète apprend le secret d’embellir par l’ esprit et le goût les vies les plus austères » C. Lecigne, Amédée Prouvost, 1911, Grasset ; son épouse, Marie Bénat laissa des souvenirs d’élégance et de qualité; elle était la petite fille du Général Fréderic Morvan. Son frère Edouard Prouvost (1861-1933) est à l'origine des pavillons internationaux de l'exposition Internationale de Roubaix en 1911 et développait des vignobles en Tunisie; son fils Robert puis son petit fils Philippe Prouvost créèrent au Sénégal des huileries qui, lors de la nationalisation, Lyndiane Sodec  étaient les  plus grands fabricants d’arachides du monde, avec Lesieur.

Amédée III Prouvost (1877-1909), lauréat de l'Académie française (prix Archon-Despérouse), et lauréat de la Société des Sciences et des Arts de Lille, a publié : « L’âme voyageuse », poèmes (1903) ;« Le Poème du Travail et du Rêve (1905):- « Sonate au clair de Lune »- poèmes couronnés par l’Académie française (I906);-Conte de Noël, saynète en vers  illustrée par André des Gachons (1907). : ce fut une personnalité remarquable, trop tôt disparue. « 0 Cite, ton renom s'étend a l'univers. Je veux exalter ta grandeur en mes vers », écrit-il de Roubaix, sa ville natale. « Amédée Prouvost eut une âme charmante et une vie harmonieuse. Son enfance fut nourrie de tendresse. 1l avait sept sœurs qui l'appelaient « le petit roi ». Il fut élevé par des prêtres . Il voyagea. Il vit l'Orient. Cet homme du Nord était amoureux de la lumière et du soleil. Il fit un mariage d'amour, à la fois romanesque et raisonnable. Il eut deux enfants. II travailla gaiement dans l'usine familiale ; et, comme c'était une âme ouverte à tout, il sut comprendre la phobie de la Cité noire et la sombre beauté des machines ... II aimait la musique, et les arts, et toutes les formes de la beauté. Tout cela, semble-t-il, avec un peu de fièvre, une hâte de vivre. » Jules Lemaître, de l’Académie française, préface «les « Pages choisies et inédites.

Marthe Xavérine Prouvost, épousa Jacques Henri Lenglart, d’une très passionnante famille ancienne, et vivaient au château de Veretz que peignirent les van Blarenberghe au XVIII° siècle. Xavier Toulemonde 1906-1953, fils de Jules Pierre et Jeanne Marie Prouvost fut président fondateur des 3 Suisses en 1934. Jacques Prouvost fut président de la société d'émulation de Roubaix 1977-1992.

Jean Prouvost, gentilhomme de la presse 

Jean-Prouvost-ministreJean-ProuvostPhotos-Jean-Prouvost

Jean d’Ormesson écrivait, à propos de ce « gentilhomme de la presse » : « Grand, mince, élégant, d’une courtoisie et d’un raffinement extrêmes, entouré de ses barons qui ne lui disaient pas : « Sire », mais qui lui disaient « patron », Jean Prouvost était un seigneur. »

Fils d'Albert-Félix Prouvost, président du Tribunal de Commerce de Roubaix, et de Marthe Devémy, petit fils d’Amédée I, Jean Prouvost (1885-1978) " reprend l’entreprise familiale, le peignage Amédée Prouvost,  qu’il enrichit et transforme. Il crée ensuite l'entreprise de filature La Lainière de Roubaix, qui se situe rapidement au premier rang de l’industrie textile européenne. Après la Première Guerre mondiale, Jean Prouvost s’intéresse aux entreprises de presse. En 1924 il achète Paris-Midi. En 1930, il rachète Paris-Soir. Il y introduit des méthodes qui ont fait leurs preuves aux États-Unis. Il recrute les meilleurs journalistes (dont Pierre Lazareff, Paul Gordeaux et Hervé Mille) et s’assure la collaboration occasionnelle de grands noms de la littérature : Colette couvre les faits divers ; Jean Cocteau fait le tour du monde pour le journal ; Georges Simenon enquête sur des affaires criminelles retentissantes. Il utilise comme correspondants de guerre Blaise Cendrars, Joseph Kessel, Antoine de Saint-Exupéry, Paul Gordeaux. A l’occasion les envoyés spéciaux sont Maurice Dekobra, Pierre Mac-Orlan, Pierre Daninos. De 70 000 exemplaires en 1930, le tirage de Paris-Soir monte au chiffre considérable de 1 700 000 en 1936. Jean Prouvost constitue bientôt un véritable empire comprenant Marie-Claire, magazine féminin racheté en mars 1937, et Match (journal sportif), en 1938.Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la France est largement envahie et à la veille de déposer les armes, Jean Prouvost devient, le 6 juin 1940, ministre de l’Information dans le gouvernement Paul Reynaud, puis le 19 juin haut commissaire à l’Information dans le gouvernement Pétain, poste dont il démissionne le 10 juillet 1940, alors que Pétain reçoit les pleins pouvoirs. Pendant l’Occupation, deux Paris-Soir coexistent : celui de Paris, désavoué par Jean Prouvost et ses collaborateurs soutient la collaboration, tandis qu’un autre paraît à Lyon. Durant cette période, Jean Prouvost se fait détester aussi bien par le régime de Vichy que par la Résistance. Â la Libération il est frappé d’indignité nationale, mais la Haute Cour de justice lui accorde un non-lieu en 1947. Après cette date, Jean Prouvost entreprend la reconstruction de son empire démantelé à la Libération (Paris-Soir, devenu France-Soir, ne lui appartient plus) racheté par Hachette, dirigé par Pierre Lazareff. Match renaît sous le nom de Paris-Match, puis appelé par Pierre Lazareff à France Soir, il confie sa place à Hervé Mille. En 1950, Roger Thérond devient le rédacteur en chef sous la direction d'Hervé Mille. Marie-Claire reparaît en 1954. En 1950, le groupe Prouvost-Béghin rachète la moitié des actions du journal Le Figaro, et il devient le maire d'un petit village, Yvoy-le-Marron. En 1960, Jean Prouvost achète Télé 60 dont il fait Télé 7 jours, journal de télévision qui connait un énorme succès (3 millions d’exemplaires en 1978), tandis que décline Paris-Match, magazine illustré concurrencé par l’audiovisuel. En 1966, Jean Prouvost s’intéresse à la radio et entre pour une part importante dans le capital de Radio-Télé-Luxembourg. À partir de 1970, l’empire Prouvost entre dans une période de difficultés. En 1975, Le Figaro est vendu à Robert Hersant, tandis qu’en 1976, Télé 7 jours passe au groupe Hachette, Paris-Match est repris par le groupe Filipacchi sous la direction de Roger Thérond de 62 à 68 il quittera Paris Match en 1999 et France Soir par Opera Mundi, Paul Winkler. À la mort de Jean Prouvost, survenue en octobre 1978, seules les publications féminines restent dans sa famille." Wikipedia. Il avait épousé Germaine Lefebvre. Son fils Jacques Prouvost (1906-1960) marié avec Geneviève Guichard 1914-2008, divorcés en 1951, dont Marie-Laure Prouvost 1937-2005 Mariée avec Claude Chevallier-Appert 1922-1989, dont Olivier 1969-2005Laurence 1971- Evelyne Prouvost, au parcours brillant et reconnu dans la presse, née en 1939, mariée le 7 mars 1959 à Yvoy-le-Marron  avec Arnold, marquis de Contades 1933-, divorcés le 29 mai 1970, dont Elisabeth-Victoire 1960-Anne 1963-Arnaud 1969-Mariée avec Nicholas Berry, dont William 1978-Alexandre 1981-- Carole Prouvost née en 1940 Mariée avec Bruno Toulemonde, divorcés, dont Philippe, Nathalie 1963- Florence 1965- Eric 1972- -Puis Jacques épousa en 1951 avec Denise Leclercq 1924-2005, dont Donatienne Prouvost 1951 mariée en 1973, Ivoy-le-Marron, avec Jean Loppin, marquis de Montmort 1939-, séparés, dont Jacques 1976-1994 Louise 1989- - Isabelle  Prouvost née en 1954- Mariée le 21 septembre 1982 avec Hervé Poulain, le célèbre  Commissaire-Priseur, né en 1940-, dont  Camille 1982- Mélanie 19840.; Arnaud de Contades, directeur de groupe de presse  Marie-Claire, né en 1969 à Neuilly-sur-Seine, fils d' Arnold, marquis de Contades, Directeur de publications, marié en 1999 à Gwenaëlle Dautricourt dont Aimery, Gonzague, Harold.
La sœur de Jean,  Marguerite Prouvost, 1887-1968, épousa  Edmond Eugène Masurel dont  Françoise,  Manette 1910,  Edmond 1913-1956, Yves 1918,  Hubert,  Chantal.

Albert- Eugène Prouvost,  frère de Jean Prouvost,  et Marguerite Vanoutryve eurent Marguerite Prouvost (1906-2000) épousa Jacques Segard, dont  Martine Segard. Mariée  avec Paul Lehideux-Vernimmen, administrateur de sociétés. Hubert Segard, né 1930, marié  en 1969 à Antibes avec Diane Le Gras du Luart de Montsaulnin, divorcés. Hervé Segard., marié avec Béatrice Bueno. Diane Segard, née le 25 mai 1944.  Mariée avec Thierry Martin de Beaucé, administrateur civil, ministre puis mariée avec Bernard Venet. 

Le rayonnement d’Albert et Anne  Prouvost

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Le château du Vert-Bois, les Albert- Auguste  Prouvost

Frère de Marguerite Prouvost-Segard,  Albert-Auguste Prouvost 1909-1991, fils d’Albert Prouvost, président du Syndicat des peigneurs, collectionneur de tableaux impressionnistes1882-1962, petit fils d’Albert Félix Prouvost 1855-1916, arrière petit fils d’Amédée I, fit des  études de lettres à la faculté de Lille et à l’Université d'Oxford. Il préside le Peignage Amédée Prouvost, fut vice-président de La Lainière de Roubaix, gérant de Prouvost et Lefebvre, membre du conseil de surveillance de Prouvost et Cie et administrateur de la Société du Figaro. Il a épousé le 14 juin 1941, Anne de Maigret (1923-2004), fille du comte Bruno de Maigret, proche parent du comte Bertrand de Maigret, le conseiller de Paris gendre du prince Michel Poniatowski, ministre d'Etat et de l'Intérieur du gouvernement Chirac. Fidèles à une tradition qui remonte au XVe siècle, Albert-Auguste Prouvost a dirigé près de soixante ans une entreprise roubaisienne parvenue en quelques générations numéro un mondial. Sa Majesté Elisabeth II écoute, attentive, les explications techniques de l'industriel. En 1957, au Peignage Amédée Prouvost à Roubaix, la venue de la souveraine est un événement. Sa visite à la grande usine textile a été prévue de longue date. Elle figure en bonne place dans le programme des quatre jours de son voyage officiel en France. Albert-Auguste Prouvost guide les pas de la Reine à travers les ateliers. Il ressent une légitime fierté. Plus de cent ans auparavant, son arrière-grand-père avait crée l'entreprise. En 1867, ce dernier y avait reçu l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie.

Il a écrit ses mémoires en 1992:« Toujours plus loin » et ont montré l’ampleur de leur rayonnement, notamment comme fondateur du CIL du Nord (1% logement), collectionneurs de tableaux, créateurs de la fondation "Septentrion" à Bondues: ils resteront l’archétype de et pour ces familles.

Ils ont eu cinq enfants: Albert-Bruno, Nathalie, épouse de Guillaume de Chazournes, Ghislain, Olivier et Laetitia .Albert-Bruno Prouvost, 1942-1987 époux de Corinne Grimonprez, fut un manager exceptionnel guidant 2.200 personnes en France, en Afrique du Sud, en Australie, au Brésil, polytechnicien, grand  sportif et ami des arts dont  Albert-Nicolas, Eléonore et Barbara, expert diplômée de l’Institut national de gemmologie. Ghislain Prouvost a repris le château ancestral depuis 1870 du Vert-Bois et a restauré avec brio le château de Drée qu’il a sublimement meublé et qu’il ouvre à la visite.

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Albert-Bruno Prouvost, le château de Drée, Ghislain Prouvost

 

Pour conclure, « citons les deux textes qui peuvent le mieux résumer  la famille Prouvost:  celui de Pierre Prouvost dans la généalogie qu'il rédigea en 1748 : « Voila la description des descendants des Prouvost et de ceux  qui se sont alliez jusques a la fin de cette année mille sept cens quarante huit. Et on peut dire sans vanité, que lesdits du surnom Prouvost, ont toujours vécu en gens de biens, d’honneurs et de bonne réputation en la foi catholique apostolique et romaine et les plus notables des villages qu’ils ont habitez " et le littéraire C. Lecigne, en 1911, au sujet du poète Amédée Prouvost: " Dès l’âge de cinq ans, Amédée Prouvost se sentit dépositaire d’une tradition et comme l’héritier présomptif d’une royale lignée : l apprit un à un le nom de ses prédécesseurs et que chacun d’eux signifiait depuis quatre siècles et demi, beaucoup d’honneur, de travail et de foi chrétienne. On ne voulut pas qu’il puisse méconnaître ce passé et, si, par impossible, il lui arrivait d’être infidèle, qu’il eût l’excuse de l’ignorance.

Un jour le père prit la plume et, sans orgueil, sans autre prétention que de donner à ses enfants la conscience intégrale de leurs origines, il écrivit les annales de sa famille. Avant tout, il songea à celui qui était son premier né, l’espérance de la dynastie ; il s’adressa à lui : « Je crois utile, mon cher fils, dès tes premiers pas dans ta vie d’écolier, de t’initier à ce que tes maîtres ne pourront t’enseigner avec autant de persuasion que ton père, j’entends l’amour de la famille, le respect de ses traditions d’honneur, un attachement inébranlable aux convictions religieuses de nos pères, et leur fidélité aux traditions monarchiques. Je considère comme un devoir de te donner comme modèle  cette lignée d’ancêtres.»

Chevaliers et Capitaines. 

 www.thierryprouvost.com    Thierry PROUVOST,  juillet 2010  à Paris   contact@pourvouslesprinces.com

 

NB : ce texte est libre de toute reproduction et diffusion dans la presse, à la condition d’être strictement intégral –textes et photos.

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