Vie de société 

Des Prouvost sous l’Ancien Régime

on peut déduire la qualité de la vie en société par  la lecture, dans cet ouvrage, de leur charges, fonctions, domaines et demeures

et par quelques témoignages

Notons, en la fin de l’Ancien Régime les exemples de

 Pierre IV Constantin Prouvost (1747-1808)

habitait rue Saint Georges à Roubaix, « une maison qu’il avait acheté avec cinq autres  pour la sommes de 530 florins, 13 patars et 5 deniers aux héritiers d’Albert et Joseph Lecomte.

La maison avait un magnifique jardin dont les murs étaient couverts de vignes de raisins bleus et blancs. En été les fleurs donnaient un air enchanteur à la propriété, plantée d’arbres à fusées, dont on cueillait les fruits en juillet ; on y trouvait aussi des beurrés, des callebasses, l’amande de Suède. Il y avait deux grandes pelouses qui furent la cause d’un procès entre Constantin Prouvost et son voisin, Pierre Rouzé qui avait la prétention d’y curer son linge. Constantin Prouvost ne dédaignait pas les plaisirs de la table.

Les faïences de porcelaine de Tournai et de Lille étaient, à cette époque, d’un usage courant. Il y avait chez lui, de belles pièces d’argenterie portant la marque des Fermiers Généraux de Lille : l’alouette volante : parmi ces pièces, on admirait une grande cafetière Louis XV et un important service à liqueur Louis XVI composé de quatre carafons garnis de rinceaux et roses et, au centre, une pyramide surmontée d’une grosse boule d’argent qui représentait, sans doute, une montgolfière, très à la mode, même dans le ?, à la suite des ballons inventés en juillet 1783. »

Ce journal, Pierre-Joseph Prouvost le tenait sur un ordo de Tournai, diocèse auquel appartenait Roubaix.

Ce Pierre Prouvost, né en 1725, à Roubaix, avait épousé Marie-Catherine de Ramery, de Mons, en Belgique. Il habitait rue du Fontenoy. Il était l’un des cinquante maîtres de manufacture de tissus. Il était imposé à 12 livres.

Le document qu’il nous a laissé est bien curieux.

Le 2 novembre 1771, écrit il, nous avons mis en bouteilles une pièce de champagne rouge venant de Monsieur Roussel, de Tourcoing. Nous avons payé 221 florins 15.

Il y avait en cave : Bourgogne, vieux Frontignan, vin de Rilly, une pièce de champagne à 22 de gros la pièce, une pièce de Macon à 14 de gros.

(…) : Pierre Prouvost reçoit le 20 janvier, la famille : l’abbé Prouvost Philippe Constantin, son père Pierre Constantin, son oncle, sa sœur Béatrice Prouvost, qui fut prieure de l’Hôpital sous la Révolution,  sa mère Agnès Florin et d’autres.

 (…) : Le 1° septembre, table ouverte pendant trois jours pour fêter la dédicace ducate de Roubaix : grande réunion des familles de Fontenoy, Desmazières, Charvet, Lenôtre, Deldique,  Deffrennes, Delannoy. En cette circonstance, on a bu 27 bouteilles de Mâcon et 25 flacons de champagne.

L’année terminée, on fait l’inventaire de la cave : Pierre Prouvost constate qu’on a consommé pour l’année 1771-72, en liqueurs, Macon, Rilly, Bourgogne et Champagne, 187 flacons et 175 bouteilles » .

Extraits d’un article par Ernest Prouvost, le peintre qui oeuvra pour l’Exposition Internationale de 1911 avec Amédée Prouvost,  fils de Liévin, auteur de la branche puinée.

Catherine Françoise Prouvost et l’épopée de la Manufactures Royales de Lille

fille de Pierre Joseph Prouvost et  Marie Ramery dit de Boulogne,  elle épousa, le 30 avril 1782, François Joseph  DUROT 1747-1815, fils d’Arnould-François DUROT, bourgeois de Lille, remarquable exemple de parcours proto-industriel : sa vie intense a été racontée par Alexis Cordonnier dans son article : « Une industrie d’art au siècle des lumières. Son train de vie fut remarqué ; on raconte même l’anecdote qu’il était un des premier à avoir une baignoire chez lui.  Il installa la  manufacture-château familiale au château de Beaupré, à Haubourdin, propriété du comte de Roncq

Chateau de Beaupré Durot

Au XVIII° et sous l’Empire, Aimée-Joseph PROUVOST, épouse de Louis-Urbain VIRNOT de LAMISSART

vivaient dans le  vaste hôtel Virnot de Lamissart, 52, façade de l’Esplanade (angle rue de Jemmapes) Lille et possédaient le superbe hôtel de Lamissart au 144, rue Royale à Lille ; les Virnot recevaient dans l’hôtel Virnot de la place Saint Martin ou de la rue de Tournai de Lille et offraient des spectacles d’opéra ou de théâte à la famille et à la société de Lille : « une vaste salle servait de théâtre de société et de bal ; Louis Lenglart, élève de Watteau de Lille y brossait des décors; la jeune et élégante Catherine Sophie de Lamissart y était une prima donna délicieuse et on se rappella longtemps une représentation de la «Flûte enchantée»particulièrement brillante» nous dit vers 1930 Charles Le Thierry d’Ennequin dans son magistral ouvrage sur ces familles. Sur une les listes d’invités pour la représentation d'Arlequin et des deux Alvarets, on trouve le nom des cousins Prouvost ; La sœur de Louis-Urbain, Rose-Marie VIRNOT de LAMISSART (1772-1851) épousa Jean-Baptiste-Joseph PROUVOST.

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Hôtel Virnot de Lamissart-Prouvost, 52, façade de l’Esplanade (angle rue de Jemmapes) Lille

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Hôtel de Lamissart (Prouvost), 144, rue Royale à Lille

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« Madame Charles I Prouvost

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« était gaie, dynamique, avait un caractère optimiste et elle mettait par son entrain beaucoup d’ambiance dans les réunions. Charles (Prouvost-Masurel), Jean, leurs fils alors célibataires, les accompagnaient, leur sœur Gabrielle avait épousé François Duthoit, frère d’Eugène, en parlant d’eux on disait : « c’est le milieu des intellectuels 
».

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 Les repas de famille à Roubaix: " Une trentaine de personnes autour d'une table à allonges, à la nappe blanehe damassée, couverte de corbeilles de fruits, de gateaux, de bonbons, trois plats au moins de mets recherchés dont on reprend car on les repasse, fromages, entremets ou petits gateaux de chez trofas, fruits gateaux, café, liqueurs.

Pendant ces repas, on commente les nouvelles, les faits divers, la politique surtout. On se scandalise de l’attitude du gouvernement qui ordonne les inventaires des biens d’église, de celle de l’abbé Lemire qui a posé à hazebroucq sa candidature à la députation et qui est élu, tante maria, un certain dimanche, nous fait part d’une invention appelée à révolutionner la vie : celle d’une machine composée d’un acdre, de deux roues, d’un guidon, d’une selle. On se tient dessus en équilibre, et, avec les pieds, on fait marcher les deux pédales. Les hommes l’enfourchent comme un cheval, font de la vitesse, et les femmes aussi, figurez vous. Naturellement, pour être décentes en y montant, elles portent des culottes bouffantes. Elles ne mettent pas de jupes, mais montrent leur molet (...)

Après le repas, les dames passent au salon se chauffer auprès d’un bon et beau feu l’hiver ou bien elles vont arpenter le jardin en long et en large l’été. Les messieurs jouent aux cartes et fumenty dans le bureau où l’athmosphère chargée de fumée devient très vite irrespirable. Les jeunes d’âge scolaire, eux, sont partis au collège, à trois heures pour assister aux vèpres. Ces réunions groupent tantôt le coté Watine, tantôt le coté Prouvost.

« Parfois, je restais loger à Roubaix et j’assistais alors à la prière du soir récitée en commun. Elle réunissait parents, enfants, domestiques, dans une petite pièce du premier étage appelé « l’Oratoire ». Des prie-Dieu, des chaises étaient assemblées devant la cheminée de marbre transformée en autel, avecun Christ, des statues, des cierges, des fleurs. Bon papa, chef de famille, récitait les prières, nous y réppondions tous, on y ajoutait les invocations à saint Joseph en mars, à la sainte Vieige marie en mai, pour le mois de Marie, au sacré Cœur en juin.» Marie Paule Fauchille-Barrois, Vos aïeux que j’ai connus.

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Leur fille, Madame Charles Flipo-Prouvost 

laissa son journal de comptes d’une écriture soignée sur un simple cahier d’écolier à la couverture de molesquine noire ; ils habitaient un hôtel particulier, rue de Tournai à Tourcoing, en face de l’hospice d’Havré du XVII° siècle ; au sujet du dîner de fiançailles chez eux de leur fils Charles avec Marie Tiberghien, quelques jours après celui donné par les parents Tiberghien en 1905: « C’est Monsieur Vaillant qui en a été chargé pour 11 francs par tête, sauf le vin, le bouillon du soir et les serveurs qui étaient à sa charge. Il fut parfaitement réussi et ne laissait certes rien à désirer à celui de Doublé. Le menu se composait du même nombre de plats que le dîner de Mme Tiberghien, c’était :

 Potage Velouté

Truite Saumonée, sauce dieppoise

Filet de bœuf Henri IV

Volailles truffées

Chevreuil Newrod

 
Garniture parisienne

Faisans bardés

Cailles roties

Parfait de foie gras

Glaces Montmorency et Rosita

Fruits-Desserts (20 assorties)

 
Les desserts avaient été commandés chez Meert à Lille. Ma vaisselle était suffisante pour nos 79 convives (nous compris). Je n’ai dû louer que quelques carafes et bols à bouillon.

Pour le vin, Charles a sorti

3 bouteille de Madère

5 bouteilles de Château-Yquem

10 bouteilles de Château Margaux (Bordeaux)

9 bouteilles de Corton (Bourgogne)

37 bouteilles de Champagne (y compris pour la soirée)

2 bouteille de Cognacq

2 bouteilles de Chartreuse (seulement pour passer à table)

et une bouteille de Kirsch pour le fumoir.

Ma cuisinière a servi à 5 heures à tous les gens de service :

Bouilli froid avec persillade

Rosbif avec haricots et frites

Fromage- 1 verre de vin rouge ordinaire-café.

Sur la table, il y avait comme lumière 6 candélabres en cristal, dont deux prétés par François. C’était suffisant. Les fleurs venaient d’un jardinier de la rue Nationale à Lille. J’ai eu 5 surtouts magnifiques, du feuillage et des fleurs posées en serpentant sur toute la salle, des fleurs pour garnir mes  vases, un bouquet pour la fiancée et deux bouquets pour les dames du concert du sooir ; il y avait, en outre, des fleurs et du feuillage dans les corbeilles de fruit. Le tout pour 130 f.

La petite chambre du balcon était réservée aux artistes du concert qui avait été organisé pour 1000 F par Mr Stupy. Dès leur arrivée, on leur offrait du café chaud puis, dans la soirée des tartines fourrées ( au pain spécial), de l’eau sucrée ou du champagne. Le concert a commencé vers 9 heures ½ et s’est terminé à 11 heures ½. Très bien.

Comme fille de service, j’avais 1) au vestiaire, ma femme de chambre et deux autres filles, 2) pour relaver la vaisselle, ma cuisinière et une relaveuse ; pour essuyer, les deux filles du vestiaire.

Ma femme de chambre avait pour mission d’ouvrir la porte quand on sonnait et de se tenir en permanence dans le vestibule pour pour éteindre et ralllumer les bougies… faire parvenir un peu de fraicheur dans les appartements en ouvrant la lucarne du vestiaire, les portes du salon etc… et de se tenir à la disposition des Dames qui auraient pu être souffrantes. Dans la soirée, elle devait introduire et servir les artistes, aider les actrices à s’habiller, placer sur la scène les objets nécessaires à la comédie etc… etc… J’ai payé 6 F les deux filles de service (Mélanie et Anna-Honoré) venues dès le matin. L’autre fille (Félicie) venur seulement à 1 heures ½ n’a reçue que 5 F.

Comme pourboire à la cuisine, Mr Tiberghien a donné simplement 10 F. quelques jours après, venant en visite, elle s’est excusée et a rendu encore 10F. ». Le mariage eut lieu au Cercle Saint Joseph de Tourcoing pour 207 invités en dîner assis : « on a dansé tout le temps : voici l’ordre des danses : Polka, Valse, Pas des Patineurs, Valse, Quadrille, Valse, Berline, Lanciers, Casquette, Valse, Pas de Quatre, Mazurka, Valse. La corbeille offerte par les parents de Charles à Marie Tiberghien comprenait, un mouchoir de dentelle acheté à Bruxelles, un missel, un porte-cartes, un porte-monnaie, un éventail de dentelle et peinture, une broche émail, un meuble de corbeille, un pendentif or ciselé et perles fines, une bague de fiançailles, perle et brillant, un bracelet perles fines, brillant et rubis, une paire de brillant d’oreilles, un collier de perles et brillants » : ces derniers en milliers de francs-or.

Lors de la demande officielle, contrairement aux usages établis, la fiançée était présente dès le début de notre visite, alors qu’elle ne doit paraître qu’au bout d’une dizaine de minutes lorsque ses parents la font appeler ; Charles Flipo-Prouvost était en habit, Marie en robe de soie et gants blancs.

Le futur marié mourut pour la France à Verdun en 1916 à 32 ans ; Marie Flipo-Prouvost mourut à Tourcoing en 1936 à 73 ans avec ferveur et grande croyance en la vertu des indulgences. Leur neveu, l’abbé Joseph Flipo consacra une bonne partie de son importante fortune de fils unique à l’agrandissement et à la modernisation du collège de Tourcoing dont il fut directeur …de l’économat et, accessoirement professeur d’anglais.

Charles Flipo-Prouvost céda « en grand seigneur, ses parts dans l’affaire familiale à ses cousins mais fonda les établissements Charles et François Flipo qui eurent 500 ouvriers en 1912.

La sœur de Charles, Marguerite Flipo fut religieuse Bernardine à Lille sous le nom de Dame Marie-Julie, décédée à La Cessoye en 1974 à 82 ans.

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« En 1948, les sœurs Bernardines firent l'acquisition du château de La Cessoye de Saint-André. Ce château, de style néo-classique, bâti en 1908, est l'oeuvre du Tourquennois Jean-Baptiste Maillard (1857-1930), un architecte réputé qui construisit de nombreux hôtels particuliers et des maisons bourgeoises à Tourcoing. À l'origine, La Cessoye était un fief tenu du châtelain de Lille. Il comprenait un manoir assis sur une motte appartenant aux seigneurs du lieu. En 1389, Jacques Gommer en était propriétaire. En 1422, Jean Marquant, dit de Saint-Venant, roi de l'Épinette, hérita du domaine. Antoine de Tramecourt, chevalier, qui le possédait en 1685, le vendit à Simon Vollant, le collaborateur de Vauban qui construisit la citadelle de Lille. Puis, il appartint à Pierre-Joseph Rouvroy, dernier seigneur de la Cessoye, et à son gendre Dulac de Fugères, maire de Lambersart de 1857 à 1861. Il fut ensuite loué à Albert Mabille de Poncheville, maire de Lambersart de 1829 à 1835, avant que ce dernier ne fasse construire sa villa Saint-Yves à Lille. Il appartenait au Lillois Gustave Dubar-Villaret, le propriétaire du journal Le Grand Echo du Nord - Pas-de-Calais, qui le fit démolir en 1908 pour le remplacer par le château d'aujourd'hui. » Ils y avaient le portrait de Charles et Marie-Anne Lenglart, grands collectionneurs et mécènes du XVIII° siècle à Lille, par Heinsius, peintre des filles de Louis XV. »

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Occupé par les Allemands lors des deux guerres mondiales, il était tellement abîmé qu'il eut besoin d'une sérieuse restauration. Finalement, il fut vendu en 1948 par Jean Dubar-Motte aux Bernardines qui en firent le siège de leur congrégation, un lycée d'enseignement professionnel et une école.

Pendant ce temps, une communauté continuait l'oeuvre scolaire à Armentières. En 1964, une nouvelle construction vint agrandir l'ensemble, au coin de la rue Lamartine et de la rue Denis-Papin. Mais le nombre des religieuses ne cessait de diminuer, comme dans toutes les autres congrégations d'ailleurs. Et d'autre part, l'enseignement en France devenait de plus en plus exigeant, ce qui était difficilement compatible avec leur vie de moniales. La solution était alors de laisser les établissements scolaires à d'autres congrégations et de retirer la communauté. Les Bernardines quittèrent alors les écoles de Saint-Bernard et de Notre-Dame en 1967, et l'Institut Familial en 1969, et furent remplacées par les soeurs de la Providence de Rouen. » • ALAIN FERNAGUT

Les vacances d’été de Charles II et Eugénie Prouvost 

se passaient à Cannes, au châlet des Syrphes, chemin du Petit Juas .

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          Charles Prouvost-Masurel et sa fille Simone  à Cannes vers 1906 ou 1908       Madame Charles Prouvost- Masurel    et sa fille Simone

Les familles du Nord ont toujours recherché le soleil méditerranéen.     

Charles III et  Hélène  Prouvost 

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Réunions Prouvost-Scrépel à Roubaix, après-guerre organisées par Charles et Hélène Prouvost

organisaient, dans les années 1950, des réunions de famille Prouvost-Scrépel à Roubaix. La vie dans la propriété de la Roseraye était intense : sept enfants, onze personnes pour le service, les réunions de famille, les nombreuses activités associatives : Charles Prouvost était en effet  industriel, administrateur du Crédit immobilier, ancien Président de la jeunesse catholique de Tourcoing,  Président de la Confrérie du Saint Sacrement, ancien président du conseil paroissial et des familles nombreuses de Thumesnil, membre du conseil paroissial et des œuvres de la paroisse Sainte Callixte, président d’honneur du Patro-club et de la chorale, président d’honneur de la Musique du Centre et du club des Cinq.

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Le maître d’hôtel, Léon, était connu pour ses gaffes: alors que les Prouvost recevaient, il demanda, suffisamment audible , à la maîtresse de maison: 

« dois-je mettre le très bon vin, le bon vin ou le vin de tous les jours ? » ; Charles Prouvost répondit avec un grand éclat de rire partagé par ses invités: « mais le meilleur vin, mon cher Léon ».

Gaëtane Prouvost

Son brillant parcours de violoniste soliste ne l’empéche pas d’être aussi une maîtresse de maison attentive et elle  fait vivre avec élégance le château des Barres dans l’Yonne dont hérita son mari, Charles de Couëssin; chaque été, ils contribuent au développement du festival de la Puisaye et les salons des Barres retrouvent la tradition des réceptions et des concerts, certains composés des musiciens de la famille.

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Thierry Prouvost

A fondé l'agence d’évènementiel et de communication "Pour vous, les princes" qui a pour spécialité d’ouvrir des demeures historiques privées pour les faire vivre, le temps d’un évènement, à l’optimum de ce pourquoi elles ont été concues.

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Chez les Georges Prouvost, 

on sut garder la tradition des spectacles de société ;

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François Lefebvre, Marie Maës-Prouvost, Félicie Prouvost-Dehau, un prêtre, ?, puis Charles Prouvost-Dalle et d’autres membres de la famille écoutant un poème.

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On se souvient de la merveilleuse fête donnée par Sophie de Sivry, fille de Renaud de Sivry et Gisèle Prouvost, et sa cousine Maxime Frapier, fille de Denis Frapier et Martine Prouvost, au château de Neuville près de Paris, dans les années 1980, sur le thême de « Masques et bergamasques», un hommage musical du XX° siècle du monde des fêtes galantes du XVIII° siècle par Gabriel Fauré (1845–1924).

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Madame Amédée  I Prouvost 

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au château d'Estaimbourg «  ne mettait aucune prétention ni aucune recherche dans ses soins de maitresse de maison, cependant rien ne manquait jamais à l’ordonnance des repas ni à la bonne tenue des appartements ; elle était elle-même l’enseignement vivant : savoir se plier aux circonstances et de se contenter de ce que vous offre le présent. Avec une inaltérable aménité elle était à même de supporter les mécomptes, les contretemps, les déconvenues sans laisser paraitre en aucun cas le plus léger mouvement d'humeur. Sa maison était toujours en ordre, ses serviteurs lui étaient attachés, pas d'observations encombrantes et humiliantes, mais, le mot d'encouragement nécessaire. A Roubaix, les œuvres de charité prenaient grande place dans la journée de Mme Prouvost qui fut pendant de nombreuses années présidente de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul. Que dire de sa grande charité pour soulager toutes les misères? Les visites chez les pauvres étaient quotidiennes ; elle se faisait une joie de donner chaque jour un diner a une de ces familles nécessiteuses dont un membre venait chercher la part à midi et démon était accoutume à voir sous le porche attenant à la cuisine des femmes ou des enfants assis sur un banc attendant l’ audience de leur bien fautrice qui, de l’ air le plus calme et le plus souriant, les recevait toujours avec bonté, les encourageait, les exhortant et leur glissant la piécette blanche qui était la terminaison heureuse de l’ entretien. Cette femme de bien  avait au coeur une tendresse douce et une sollicitude toujours attendrie pour ses enfants. »

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« Ces capiatines d’industrie eurent tous en commun la puissance de travail, la sobriété, une droiture et une honnêteté rigoureuse. Leur parole était sacrée et un négociant pouvait retenir sans preuve écrite la cargaison entière d’un navire sur la foi de son seul engagement.

La vie familiale de ces grands clans demeura simple, presqu’austère au milieu d’une aisance financière imposante. Les dépenses frivoles étaient bannies comme le luxe ostentatoire. Mais tout était mis en œuvre pour le confort et l’opulence de la maison. En témoignent les demeures baroques, souvent appelées châteaux, ces vastes villas à tours, pignons, bow windows et cariatides construites entre 1880 et 1910. Ces demeures imposaient des frais d’entretien tellement élevés qu’elles furent toutes détruites. Elles se truvaient souevnt à coté ou dumoins très proches de l’usine et des « courées » où vivaient des ouvriers sans qu’aucune des deux parties ne se plaignent du voisinage..

Les distances n’effrayaient pas ces pionniers qui parcoouraient à cheval, tel mon arrière grand père Masurel, les immenses prairies du Nouveau Monde pour s’approvisionner en toisons de moutons.

Alfred Motte, le fondateur de la célèbre dynastie, comme d’autres chefs d’entreprise du XIX° siècle, arriivait à l’usine à 5h30 pour vérifier l’entrée du personnel.

Le rôle des femmes fut aussi primordial dans l’ascensoion des familles. La Tradition voulait que les fils des grandes familles épousent des roubaisiennes grand teint qui devaient savoir ce que le mariage imposait.

Les alliances des fabricants entre eux allaient former ce bloc social d’où se détacheront les noms des grandes familles qui, pendant plus d’un siècle, feront l’histoire de Roubaix et de Tourcoing.

« Les lettres échangées entre mon grand- père, ma grand-mère Amédée Prouvost et leurs six enfants témoignent d’un attachement fondamental aux vertus essentielles de notre race du Nord de la France, consacrées par des siècles de luttes et d’épreuves. S’aimer, s’entr’aider, travailler dans la loyauté et l’honneur à créer chaque joour un peu plus de bonheur pour toous, être prudents dans le succès, courageux dans l’adversité, tels étaient les enseignements traditionnels de nos familles, transmis dans un grand esprit chrétien. ».

Suivant le vœux de leurs parents, les enfants ont maintenus jusqu’au dernier jour de leur vie une union indéfectible.

Dès mon plus jeune âge, j’ai été séduit par leur finesse d’esprit, leur délicatesse de pensée et par-dessus tout leur bonté. Ils nous ont appris l’indulgence envers les autres, le refus de la médisance. Leur enthousiasme devant toutes les formes de la beauté leur donnait d’immenses satisfactions qu’ils faisaient partager à leurs enfants. La musique en famille, l’amour des lettres allaient entrainer des vocations poétiques dont une, celle du porteur du cher prénom « Amédée » devait avoir un brillant destin.

Au château d’Estaimbourg, «  ne mettait aucune prétention ni aucune recherche dans ses soins de maitresse de maison, cependant rien ne manquait jamais à l’ordonnance des repas ni à la bonne tenue des appartements ; elle était elle-même l’enseignement vivant : savoir se plier aux circonstances et de se contenter de ce que vous offre le présent. Avec une inaltérable aménité elle était à même de supporter les mécomptes, les contretemps, les déconvenues sans laisser paraitre en aucun cas le plus léger mouvement d'humeur. Sa maison était toujours en ordre, ses serviteurs lui étaient attachés, pas d'observations encombrantes et humiliantes, mais, le mot d'encouragement nécessaire. A Roubaix, les œuvres de charité prenaient grande place dans la journée de Mme Prouvost qui fut pendant de nombreuses années présidente de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul. Que dire de sa grande charité pour soulager toutes les misères? Les visites chez les pauvres étaient quotidiennes ; elle se faisait une joie de donner chaque jour un diner a une de ces familles nécessiteuses dont un membre venait chercher la part à midi et démon était accoutume à voir sous le porche attenant à la cuisine des femmes ou des enfants assis sur un banc attendant l’ audience de leur bienfaitrice qui, de l’ air le plus calme et le plus souriant, les recevait toujours avec bonté, les encourageait, les exhortant et leur glissant la piécette blanche qui était la terminaison heureuse de l’ entretien. Cette femme de bien  avait au coeur une tendresse douce et une sollicitude toujours attendrie pour ses enfants. »

Madame Amédée  II Prouvost

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» Si nous voulions lui faire plaisir, nous la mettions sur le chapitre des bals au Palais Royal chez le Duc d'Orléans, seule fête d'ou elle fut rentrée au petit jour, et ou elle vit Paris, sortant de sa léthargie nocturne ou aux Tuileries sous Louis-Philippe. Elle assistait assez souvent aux grandes réceptions où le Roi faisait volontiers le tour des salons ». Son grand père, le Général Frédéric Morvan: De 1845 à 1848, il fut inspecteur général de son arme en Algérie et en France. Il semble que Frédéric Morvan ait conservé bon souvenir de cette époque, de Louis-Philippe et de sa famille, Le général Morvan, qui avait été souvent admis aux réceptions intimes du Roi, n'avait jamais contemplé sans admiration le spectacle qu'offrait la Reine toujours entourée de ses filles, travaillant avec ardeur à des ouvrages destinés à des loteries de bienfaisances. La duchesse de Montpensier toute jeune  mariée, jetait un regard à la dérobée sur l’horloge, impatiente de quitter ce cadre un peu pesant, pour une promenade incognito au bras de son mari, ou une soirée au théâtre. ». « le général Morvan reçut les félicitations du Conseil des Ministres. Ses rapports avec le Prince-Président puis Empereur, furent plus tendus qu'avec la famille de Louis-Philippe. Il fallait bien  de temps en temps paraitre aux jeudis de l’Elysée ; une fois qu'il avait salué le Prince-Président, il se tenait à l’ écart dans un des salons soit causant avec un camarade, soit observant seul le coup d'œil du Palais. Un soir Louis Napoléon faisant sans doute l’appel des invités qui formaient déjà sa cour, aperçut Morvan dans le coin d'une galerie, dérobé par ses filles et plusieurs autres personnes. Il le reconnut et l’interpella: « Eh bien, général Morvan, vous êtes bloqué! » Morvan s'inclina seulement sans révéler un mot que d'autres auraient pu trouver blessant. A une autre occasion, Napoléon III eut tout loisir de connaitre la loyauté de Morvan envers ses camarades. Sollicité par l'Empereur de critiquer une attitude à Rome du maréchal Vaillant, il répondit au Souverain que le maréchal  étant sur place, était le meilleur juge de ce qu'il fallait faire. La seule intrusion de notre ancêtre dans les affaires fut un poste d'administrateur des Forges de l'Aveyron. II s'y lia avec le Duc Decazes qui en était le président et chez qui il dinait souvent. II y rencontrait M. Thiers et différents hommes politiques.  En 1852, le général Morvan, qui habitait alors rue Godot-de-Mauroy, fut mis a la retraite et en 1854 nomme grand officier de la Légion d'Honneur. »

Et voici un tableau d'intérieur qui est fait pour charmer les regards d’Amédée  III Prouvost :

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il eut une âme charmante et une vie harmonieuse. Son enfance fut nourrie de tendresse. 1l avait sept sœurs qui l'appelaient « le petit roi ». II fut élevé par des prêtres (et cela se devine dans ses vers, a certaines inflexions). Il voyagea. Il vit l'Orient. Cet homme du Nord  était amoureux de la lumière et du soleil. Il fit un mariage d'amour, à la fois romanesque et raisonnable. Il eut deux enfants. II travailla gaiement dans l'usine familiale ; et, comme c'était une âme ouverte à tout, il sut comprendre la phobie de la Cité noire et la sombre beauté des machines ... II aimait la musique, et les arts, et toutes les formes de la beauté. »

 « On menait une vie très simple dans la bonne petite ville de Roubaix dont les habitants, voués par vocation et tradition à la vie de famille et au travail se contentaient de ces habitudes toutes patriarcales. Les maisons avaient de grands jardins plantés d'arbres fruitiers, aux allées bordées de buis où fleurissaient au printemps pervenches et muguets, tulipes de Hollande, œillets flamands et roses de Chine. Dans le fond se trouvait la pelouse où s’étendaient à certains jours le beau linge de fine toile de Cambrai et de Flandre dont la lessive était un des grands soucis des bonnes ménagères du temps. Ces richesses se transmettaient de génération en génération, contenues dans de grandes armoires de chêne massif aux panneaux sculptés… Au foyer, un jour ne se passait pas pour ainsi dire sans qu’on apprit par cœur une ou deux maximes des livres saints, et ces éternelles lois sociales étaient la matière d’un enseignement domestique positif et solide. On travaillait beaucoup, on lisait peu, et c’était surtout dans les livres saints que l’on puisait les vérités maîtresses. Dans cet intérieur qui a des aspects de sanctuaire se dressent des chefs de famille auxquels il ne manque que l’éloignement de la perspective pour avoir la majesté des patriarches. Ce sont les derniers portraits de la galerie. Elle se termine par Amédée I°. "  "Amédée Prouvost" par C. Lecigne, éditions Bernard Grasset, 1911

« La vie à Estaimbourg était très monotone, point n'est besoin de le dissimuler, et quoique ces souvenirs n'aient le droit d’évoquer aucune satire, il est avéré qu'on cherchait l’ ombre du parc pour parer aux inconvénients du soleil, puis le soleil  pour se réchauffer de la fraicheur de l’ ombre, qu'on y discutait avec un esprit charitable et plein de douceur de I’ opportunité d'un salon au nord ou au midi, qu'on y cherchait avec une inaltérable patience le bien -être des marmots chéris qu'il fallait tenir un peu éloignés et qu'on emmenait de temps en temps pour ne pas trop fatiguer les oreilles maternelles. On parlait aussi pendant les repas des recettes culinaires les plus agréables au palais. Au moins la médisance était éloignée de ces conversations. Le soir enfin, on s'endormait en remerciant la Bonne Providence de tant de joies goutées dans une paix si profonde. On ne se plaignait cependant pas de la monotone des jours. L'influence très bien faisant de Mme Prouvost se faisait sentir très douce à tous, grands et petits. Avec l’âge, elle était devenue encore plus indulgente, plus peleuse si possible, toujours souriante de ce bon sourire qui désarmait les moins bien  intentionnés. On la sentait recueille dans une profonde ferveur, et qui aurait ose exprimer une plainte, manifester un mécontentement? Elle se faisait toute a tous et ne se réservait que de longues stations à l’église si proche du château que la grille du parc séparait seulement. L'église était, grâce à ses soins, toujours bien  tenue et ornée de fleurs. »

Estaimbourg

Et voici un tableau d'intérieur qui est fait pour charmer les regards d’Amédée  III Prouvost 

eut une âme charmante et une vie harmonieuse. Son enfance fut nourrie de tendresse. 1l avait sept sœurs qui l'appelaient « le petit roi ». II fut élevé par des prêtres (et cela se devine dans ses vers, a certaines inflexions). Il voyagea. Il vit l'Orient. Cet homme du Nord  était amoureux de la lumière et du soleil. Il fit un mariage d'amour, à la fois romanesque et raisonnable. Il eut deux enfants. II travailla gaiement dans l'usine familiale ; et, comme c'était une âme ouverte à tout, il sut comprendre la phobie de la Cité noire et la sombre beauté des machines ... II aimait la musique, et les arts, et toutes les formes de la beauté. »

 Les Albert  I  Prouvost
Albert-Felix-ProuvostMarthe-Prouvost-Devemy

" menaient une existence mouvementée de jeune ménage: nombreux voyages à Paris, mondanités très astreignantes : tous les soirs un diner, à  l'exception du vendredi, jour d'abstinence et du dimanche consacré traditionnellement à la famille. Un dimanche sur deux était réservé au Vert-Bois, l'autre au déjeuner et au diner de la famille Prouvost chez la bonne-maman, rue Pellart.

Vous pouvez vous en rendre compte en feuilletant l'album de famille, ma mère était une jeune femme d'une resplendissante beauté, mon père avait très grande allure; tous deux attiraient l'admiration et l'amitié par leur bienveillance et leurs gouts raffinés. Les réceptions, 50 Boulevard de Paris étaient brillantes, la table réputée.

Mes parents consacraient dans leurs voyages à Paris une large place au théâtre et spécialement à la Comédie Française. L'un et l'autre très lettrés, ils étaient spécialement assidus aux représentations des classiques. Connaissant à fond le répertoire, ils n'allaient pas au Français entendre le Cid  Phèdre ou Bérénice, mais applaudir les acteurs qui en étaient les grands interprètes. A cette époque Rachel avait termine sa triomphale carrière, mais Sarah Bernhardt, Bartet, Mounet-Sully, les Coquelin étaient au zénith de leur gloire éphémère. Le théâtre du boulevard avait aussi de très belles troupes : les noms les plus appréciés étaient ceux de Réjane et Jeanne Granier, Brasseur, Baron, Guy, Lavallière aux Variétés.

Le 50, Boulevard de Paris comportait au dernier étage un immense grenier inutilisé. Dans leur passion du Théâtre, mes parents eurent l'idée d'y construire une petite scène et d'y jouer la comédie entre amateurs. Naquit donc vers 1892 ce qu'on nomma par la suite « le Théâtre Albert ».

Pour l'inauguration du grenier-théâtre, des acteurs de Paris furent engagés, notamment Prince qui devait acquérir une grande notoriété de fantaisiste, les sœurs Mante, danseuses étoiles de l'Opéra. Les décors étaient charmants, la soirée fut sensationnelle.

A partir de cette date, chaque année mes parents s'ingéniaient à découvrir une bonne pièce nouvelle en un acte et s'attaquaient en trois actes aux pièces à succès du moment, le théâtre de Scribe, Augier ou Labiche. Les amateurs de notre région y furent étonnants de brio. Parmi eux, outre mes parents qui jouaient chaque année, les plus fêtés furent la belle Madame Félix Ternynck et son mari, Albert Masurel, René Wibaux. Mes parents prirent tellement au sérieux leur rôle d'acteurs improvises qu'ils demandèrent des conseils a deux célèbres Sociétaires de la Comédie Française, Le  Bargy et Georges Berr, afin de perfectionner leur technique forcement sommaire.

Plus tard, entre 1900 et 1910, de nouveaux jeunes premiers accédèrent aux planches du théâtre Albert.

Trois de mes cousins germains y furent particulièrement appréciés : Amédée Prouvost, Léon Wibaux et Charles Droulers. Ils y jouèrent la comédie, puis en association écrivirent chaque année une petite revue, dans laquelle ils montraient autant de verve que d'esprit: Ces revues étaient le clou de la soirée « théâtre Albert» du 1" janvier. L'un après l'autre tous les cousins et toutes les cousines de tous âges (y compris mon frère, mes sœurs, ma femme et moi-même) ont tenu un rôle dans ces revues ou joue la comédie. Aucun de nous n'a perdu le souvenir des joyeuses répétitions et des émotions - quelquefois du trac - de la générale et de la grande première. Ces soirées de l’An nouveau réunissaient dans la joie parents et enfants.

Albert-Eugène Prouvost (II)1882-1962

albert-eugene-Prouvost

Comme celle de tous les jeunes ménages de tous les temps, -notre existence de 1906 à 1914 fut intensément active : diners, soirées dansantes, voyages fréquents à Paris, puis en aout longues vacances. Rita animait par son entrain toutes ces réceptions et une semaine sur deux, nous passions un large weekend dans la capitale. L'élégance de la tenue était à cette époque le souci majeur des Messieurs comme des Dames. Pour vous donner une précision, il était de règle, a partir de onze heures du matin, de porter sur les Boulevards le chapeau haut de forme et des gants, au moins tenus a la main. Les snobs y ajoutaient un monocle et une canne. Les grands rendez-vous de la société « chic» étaient en fin de matinée l'Avenue du Bois et surtout la partie de l'Avenue de Longchamp dénommée « Avenue des Acacias » ou par antiphrase « les sentiers de la vertu ». Que de cavaliers et d’amazones! Le soir dans les restaurants ou les salles de spectacle, l'habit et le chapeau claque étaient de rigueur; dans les petits théâtres le smoking était toléré. Les dames étaient en robes largement décolletées: leurs chapeaux de dimensions extravagantes étaient couverts des plumes des oiseaux les plus rares, notamment des aigrettes. L'hiver c'était un déploiement de fourrures, d'étoles de zibeline, d'hermine ou de chinchilla.

Avenue du Bois-Paris

Comme mes parents j'aimais le théâtre: Rita aussi: nous allions souvent voir les auteurs contemporains et redécouvrir les classiques. A chaque week-end parisien nous assistions a trois ou quatre représentations.

Entre 1906 et 1914, nous n'avons jamais manqué la pièce annuelle d'Henry Bataille, Maurice Donnay, Porto-Riche, Henry Bernstein, Alfred Capus, Flers et Caillavet, Sacha Guitry, les grands chefs de file, qui ont connu des succès considérables et dont aucune production ne laissait un spectateur indifférent. Le public était alors plus restreint, mais plus cultive que celui de nos jours. Ses réactions étaient vives, passant d'un enthousiasme sans retenue a une sévérité extrême devant un texte ou une interprétation de valeur discutable. Dans les premières représentations, d'une pièce à succès, les entractes - actuellement moroses - étaient brillants : on y retrouvait de nombreux amis et des personnalités marquantes de la politique, du turf, du monde ... ou du demi-monde.

Rostand

Un auteur dramatique affaibli par la maladie, qui ne produisait presque plus, était auréolé d'une gloire sans seconde : Edmond Rostand. Le triomphe en 1897 de « Cyrano de Bergerac " demeure l'un des grands souvenirs de ma jeunesse. Un acteur de génie, Coquelin, créa le rôle. A la veille de la première, l’auteur et ses interprètes se demandaient comment le public accueillerait ces cinq actes en vers évoquant le XVIIe siècle. Ce fut du délire. Notre pays portait encore moralement le poids de l'humiliation de 1870: ce coup de cymbales, le panache du héros et aussi le cote sentimental cher au Français, provoquèrent un choc de fierté nationale. Dans la même veine, en 1900, Edmond Rostand nous donna « l'Aiglon », avec la grande Sarah-Bernhardt, dans le rôle du Duc de Reichstadt.

En 1910 fut créé « Chantecler ». Edmond Rostand avait confie à Coquelin le rôle du coq. Celui-ci mourut subitement et « Chantecler » fut joué par Lucien Guitry. La pièce, riche en vers magnifiques, fut discutée sur le plan scénique. Ce demi -échec fut très sensible à l'auteur. On organisa alors, en son honneur, sous le couvert d'une fête de charité, une matinée au théâtre Sarah Bernhardt ou des extraits de son œuvre théâtrale devaient être interprétés par les meilleurs artistes de Paris. Rita et moi, étions au grand rendez-vous de ses admirateurs. En apothéose finale, on obtint qu'Edmond Rostand monte sur le plateau et dise plusieurs poèmes dont l'hymne au soleil de « Chantecler ». Avant qu'il put commencer, la salle debout l'acclama pendant plus de dix minutes. Cet hommage d'une sincérité bouleversante est demeure l'une de nos grandes émotions de théâtre. »

« Souvenirs de famille » Par Albert-Eugène Prouvost, 1960

En 1902, Albert Prouvost-Devémy se rendit acquéreur d’une automobile Mors qu’il conduisait lui-même pendant que certains de ses pairs se faisaient conduire par un chauffeur.

Chaque été, vacances dans les villes d’eau : Evian, Royat, Luchon et surtout Vichy. ; à Evian, ils connurent intimement la Comtesse Greffulhe

Greffulhe

et les Brancovan dont la jeune princesse alait plus tard s’immortaliser sous le nom d’Anna de Noailles.

Noailles-bibesco_bassaraba_de_brancovan

Là, promenades à cheval ou à bicyclette le matin,courses de chevaux ou concours hippiques l’après-midi ; un abonnement au théâtre et aux  grands concerts nous permettaient d’occuper les soirées avec tout l’éclat souhaité. Après la saison d’eau, avant le retour à Bondues, nous faisions le voyage de l’année ( en France et en Europe) :

Au Vert-Bois, deux  grandes parties de chasse en septembre, deux en battues –plaies et bois- faisans et lièvres et lapins en novembre.

Principaux invités : nos voisins d’Hespel, de la Serre, de Pas, des Rotours, Boselli-Scrive, Henry Bossut, Jules Masurel, Gustave et Georges Watine, René Wibaux.

La saison de chasse terminée, « mes deux grands parents se concentraient à nouveau sur leur bibliothèque, revenaient à leurs chers livres. »

Vers 1890, fut engagé au Vert-Bois un jeune valet de chambre, agé de 16 ans,Clovis Hennebel. Il devait y demeurer presque jusqu’à sa mort pendant sixante années, montrant en toute occasion, à mes grands parents puis à mes parents et à moi-même un indicible dévouement. Ce fut mon premier grand ami.

Tous les ans, nous donnions deux conférences , un jour à Lille, un jour à Roubaix,par l’Université des Annales de 1922 à 1933, créé par Madame Adolphe Brisson, fille de Francisque Sarcey : nous fimes venir avec un très grand succès Paul Géraldy, Roland dorgelès, André Maurois, Marcel Achard, Paul Morand, Georges Duhamel, Léon Gillet, Gérard Bauer etc. Nous fumes invités chez elle, un soir il y avait Louis Barthou, Reynaldo Hahn, Robert de Flers, Françis de Croisset, Maurice Donnay.

Nous formâmes une société de chasse et trouvâmes un territoire de grande classe à Pétrieux, près de Tournai: 600 hectares de plaines et au centre un bois de 120 hectares et un château. Six associés : Edmond Lefebvre, Paul Cavrois, Jean Segard, Eugène Rasson, Jules Desurmont, Albert-Eugène Prouvost.De 1923 à 1937, Jules et Marcelle y présidaient merveilleusement. Nos plus fidèles invités furent Jules Masurel et Françoise, Robert Motte et Marie, Eugène Watine et Madeleine ; Paul Géraldy vint, expérience peu concluente pour lui ; en juin, les jeunes venaient avec un orchestre de jazz pour des dîners par petites tables : ce furent là que Marguerite Prouvost rencontra Jacques Segard pour la première fois.

Ayant découvert le soleil de la Côte d’Azur après des été bretons pluvieux, nous louâmes de 1929 à 1939 la « Vierge Noire », près de sainte maxime. : nus y reçumes beaucoup dont Germaine et Jacques Prouvost, les René Toussin et leurs filles, les Paul Cavrois, les Eugène et Philippe Motte, les Jacques Boyer-Chammard, Manette Masurel, Odile Motte, Loteley Gouin.

En 1929, nous arrivâmes à Sainte maxime avec un « despujol » : « la Pinta », 15 m de longueur qui nous obtint en 1930 le Grand Prix de l’élégance à Cannes. Paul Géraldy fut un des premiers à adopter les vacances dans le midi. : il fit construire à Beauvallon, la Colline » : nous voisinions entre Sainte Maxime et Beauvallon ; un jour lui ayant proposé du planking (ancêtre du ski nautique, il débutat très bien puis tomba et ne lacha pas la corde ce qui le rendit quasi noyé, mais il s’en sortit fort bien.

Passé la crise, entre 1929 et 1933, je louais à Lady Granart un appartement 22, rue Barbet de Jouy ; entre 1933 et 1939, j’achetais en vente à Drouot et à la galerie Charpentier, au tiers du prix d’avant 1929, des tooiles d’impressionnistes : Renoir, Pissaro, Sisley, Boudin, Redon, Bonnard, Vuillard.

 Depuis 1930, le succès de Jean Prouvost fut considérable ; Albert y eut une participation, Jacques et Marguerite Segard l’ont augmentée.

Trois fois par an (fêtes de l’An, pâques, Juillet-août) les familles se retrouvaient à Pibonson que Rita décorait touojurs plus et Au Cap Bénat qu’Albert et Anne venaient d’acquérir en 1953. ; nous avions d’excellents voiliers : l’Iska pour les Jacques Segard, la Pinta pour les Albert-Auguste.

«  Nous avons en commun et par atavisme le désir d’ajouter chaque année au patrimoine artistique de nos intérieurs quelques meubles de qualité, de beaux tableaux, de jolis bibelots. N’est ce pas, sur le plan sentimental, une des joies de la vie que de pouvoir retrouver chaque jour, dans un ensemble d’objets attachants, des souvenirs témoins à travers les générations, d’un beau passé ? »

En avril 1949, voyage au Maroc centre et sud, à quatre automobiles : les Eugène Motte, Alfred Breuvart, rené Toussin, Albert Prouvost.

Mariage le 6 juillet 1949 de Martine Segard avec Paul Lehideux-vernimmen aus solides qualités d’intelligence et de cœur : fut reçu à son doctorat de Droit avec la mention très bien. En septembre 1944, s’engage dans l’armée Leclercq ; en novembre, il est blessé et cité à l’ordre du Corps d’armée signée par le Général Leclerc. Les Lehideux-Vernimmen sont une famille de banquiers parisiens. Le couple s’installera au 51, boulevard Beauséjour.

 Une tumeur fut découverte chez Rita : une longue suite d’interventions en France et aux Etats-Unis, de chûtes et de rémissions : elle démontra une grande foi et un magnifique amour pour son mari et ses proches. Elle repose au cimetière de Bondues.

Albert-A ne nous a donné que des joies : il a mené de front les réalisations sociales et industrielles (CIL, cités-jardins) et, en association intime avec Françis Lefebvre, a abouti à nous placer comme réputation au premier rang des peignages en France, aux etats-Unis et en Afrique du Sud.

Jacques Segard peut être fier : en trente ans, il a fait de Segard et Cie une des plus importantes maisons de négoce de laines, possédant en outre des participations industrielles considérables. Nous avions en commun et en toute amitié ce peignage du Cap de Bonne Espérance qu’il a repris  directement en main.

« Sans phrases, je termine en vous assurant, ma chère Marguerite, mon cher Albert, que jusqu’à mes derniers moments, je vous unirai, vous et ceux qui sont nés de vous, dans mes pensées et dans mon cœur. Vous avez été le bonheur de notre vie. »

« Tout démontre que la génération de nos enfants conservera entières les traditions que nous leur léguns comme le bien le plus précieux. »

« Souvenirs de famille » Par Albert-Eugène Prouvost, 1960

La Lainière, « c'était une ville dans la ville, une cathédrale textile ; lors de la fusion entre La Lainière et Masurel, il y avait plus de 9 000 personnes dans l'entreprise. Il y avait de tout dans l'usine, une véritable vie  sociale... On se souvient du couloir de la brasserie, avec une coopérative. On allait prendre les commandes dans les ateliers. » On était dans l'exacte illustration du patronat paternaliste, avec la coopérative, les logements, le stade « un des plus beaux de France » et surtout cette Maison de l'enfance, devenue aujourd'hui centre social dans ce quartier qui porte encore la marque de l'ère Prouvost. »

 

Jean Prouvost : 25 ans de festivals à Yvoy Le Marron

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« Roubaisien par ses racines, Parisien par goût, Jean Prouvost s'installera pour ses loisirs dans une petite commune de Sologne de 500 habitants, Yvoy Le Marron. Il en sera maire de 1951 à 1977 et prendra très à coeur ses responsabilités.

Le village d'Yvoy le Marron a encore le souvenir de Jean Prouvost venant là tous les week-ends; il fait son tour dans le village, avec son teckel, sur le bras ou sur les genoux (la mascotte d'Intexa !). Il participe au banquet des Anciens … Un maire attentif pendant 25 ans.

Sa propriété, Saint Jean, dâte de la guerre 14 ou des soldats canadiens installés dans la région pour couper des sapins, ont construit une maison “Saint Jean” qui ressemble à un chalet de leur pays.

Il y a deux festivals par an. En juin, le festival lui même et en septembre, la fête des fleurs avec son feu d'artifice, le tout est public. Pour cet événement, Jean Prouvost fait toujours venir les équipes de Paris Match (son magazine) et attire les meilleurs artistes. Le chapiteau contient 4 à 5.000 places.          

Les reportages montrent en juillet 1966, Jean Prouvost, dans une prairie, face à Guy Lux qui anime le jeu des vachettes.

En septembre 1968 les vedettes sont Marie Laforêt, Richard Antony. L'après midi, on regarde le tournoi de catch. Jean Prouvost est au premier rang. Il suit les Jeux de Midi aussi, c'est un reportage Evelyne Pagès. Autour d'eux les gens du village regardent avec tendresse et un peu fascinés, le “Patron”, heureux et élégant comme d'habitude, abrité sous un parasol.

Les meilleurs artistes ou sportifs interviennent : les Harlem Globe Trotters en juin 1971, Thierry Le Luron, qui imite Jean Nohain, Adamo, Darry Cowl, Claude François, Johnny Halliday, comme le premier ministre Chaban Delmas. La chanteuse Séverine figure au programme (un grand prix de l'Eurovision un peu oublié), SIM est là aussi pour la fête des fleurs

On ne se lasse pas de parcourir les éphémerides du Festival et ses autres têtes d'affiches : en juin 73, à St Jean, une photo de groupe rassemble Gérard Lenormand, Mireille Mathieu, Thierry Le Luron, Mike Brant. Le spectacle est réalisé par Gilbert Carpentier. Cette année-là : le bal du Moulin Rouge, les jeux de la case trésor RTL, le Rugby à XV et le Rugby à VII avec Walter et Claude Spanghero !      

En 1973 aussi, les Frères Ennemis, Dalida, Julien Clerc, … en 1974, un baptême de l'air en Hélicoptère et des vedettes toujours : Yves Lecocq, Michel Sardou, Stone et Charden, Carlos, Fabrice ...

En juin, 1975 les Blue Bell Girls du Lido. En juin 1976, Patrick Sébastien, Dave, Gilbert Bécaud, Les “Parisiennes”.

En 1977, c'est la fin des festivals, Jean Prouvost décède en novembre 78 » Stéphane Mathon, du 06/11/2009.

Albert-Auguste et Anne Prouvost :

La Méditerranée est aussi le point de départ pour de nombreuses croisières familiales pour les Prouvost. Les époux adorent la mer. Ils achètent un huit-mètres, le Cantabria, construit initialement pour Sa Majesté le roi d'Espagne Alphonse XIII. Puis plusieurs douze-mètres qu'ils baptiseront chaque fois, La Pinta, en souvenir d'un lainier de La Corogne, lointain ancêtre d'Albert-Auguste, qui finança la caravelle de Christophe Colomb. «Nous avons eu des passagers illustres, évoque Anne Prouvost. Le grand-duc Jean de Luxembourg venait accompagne de sa' fille Marie-Astrid, petite princesse était un marin extraordinaire. Le roi Carl-Gustav de Suède est un vrai Viking à la barre: il se révélait a bord un très joyeux compagnon. »

Simplicité sportive bien loin des mondanités. Mais les Prouvost sont aussi con vies aux grands bals d'après-guerre. Elégance raffinée chez Violette de Pourtalès au Palais rose où toutes les femmes sont parées de plumes extravagantes.

Palais_Rose_-_Grand_escalierPourtales-Violette

Fastes éclatants a l'hôtel Lambert, sous la houlette d'Arturo Lopez, très lie alors avec la princesse Ghislaine de Polignac, amie d'Anne .

Je me souviens surtout du bal donne par Guy de Rothschild en 1959, dit-elle. Une extraordinaire fête princière.

serebriakoff-Lambert

Le couple offre des réceptions plus intimes dans son appartement parisien de la rue Barbet-de-Jouy, dans le VIIe arrondissement. Les fenêtres  s'ouvrent sur le jardin du musée Rodin : «Nous nous efforcions de créer des tables animées en mélangeant le plus possible nos· invites, raconte Mme Prouvost. J e m'y amusais plus qu'aux grandes réceptions et il était loin de m.'être désagréable que les hommes me fassent un brin de cour.»

La vie. est loin toutefois de se passer uniquement dans un tourbillon de fêtes et de diners. Famille d'abord : au foyer Prouvost, Nathalie, Ghislain, Olivier et Laetitia sont nés a la suite d'Albert Bruno. Et la bonne marche de l'entreprise accapare le plus clair du temps d'Albert-Auguste Prouvost; «l'homme pressé», comme l'appellent ses collaborateurs. «Dans le Nord, au moment des vœux, chacun a coutume de se souhaiter de la santé, de l’ouvrage", sourit Anne Prouvost: croyez-moi, mon mari avait en effet bien besoin de sa robuste sante de sportif pour mener a bien les taches qui lui incombaient.

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Le versant plaisant de cette vie trépidante d'homme d'affaires reste malgré tout les voyages. Contacts commerciaux, contrats, implantations d'usines, le patron de la société Prouvost sillonne sans cesse les cinq continents. Son épouse l'accompagne toujours. «Nous avons été de vrais voyageurs, explique Mme Prouvost. Pas seulement par le nombre extravagant de nos périples à l'époque ou se déplacer était encore une aventure, mais aussi par l'insatiable curiosité qui nous animait.». Albert-Auguste Prouvost entend aussi mener sa carrière d'industriel sans égoïsme : il n'a de cesse que d'amé1iorer le niveau de vie des plus défavorisés. Le logement est son cheval de bataille.«J'étais un petit garçon révolté par les "courées", écrit-il dans ses Mémoires. Je suis devenu un patron héritier d'une tradition sociale mais convaincu aussi de la nécessité d'innover.» En effet, le logement du personnel a toujours été un souci des industriels du textile du Nord de la France. Une préoccupation répondant aux nécessites économiques des entreprises mais aussi à l'esprit caritatif qui anime cette bourgeoisie catholique. Mais Albert-Auguste Prouvost. veut  aller plus loin. Il lance le fameux 1 % patronal, cotisation versée par l'entreprise et destinée a !a construction. Il participe aussi a la mise en place de l'allocation logement. Avec l'installation d'un véritable partenariat social, il crée le Comite interprofessionnel du logement qui, des 1958, aura relogé plus de huit mille familles dans de réelles conditions de confort. En 1950, d'ailleurs, il offre a cet organisme le château de sa grand-mère, a la limite de Roubaix et de Tourcoing. Dans le parc de sept hectares, a la place de la grande demeure jetée bas, s'élèvera une cite de cent cinquante-quatre logements.

  Mais l'industriel a aussi le culte de sa demeure de famille. Dans le château du Vert Bois, cet homme d'action retrouve ses racines.  Sur la commune de Bondues, toute proche de Roubaix se tient en effet une des dernières belles  maisons de la région. André-Joseph Druon de Wazières fit construire en 1743 une folie dans le gout de l'époque sur l'emplacement d'un édifice du XVIII° siècle bâti par un négociant en sayettes de laine lillois. L'arrière-grand- mère d' Albert-Auguste, Marguerite Devémy, ne quittera pas un instant cette propriété qu'elle habite dès 1869, elle la défendra contre les Prussiens pendant la guerre de 1870. Contrainte et forcée, elle y recevra» le kronprinz pendant lai Première Guerre mondiale. Le Vert Bois est resté le berceau des Prouvost. Tous les enfants à l'exception d 'Albert-Bruno, y sont nés: Ce dernier, après avoir longtemps secondé son père, était logiquement appelé a lui succéder à la tête du groupe. Le destin en a décidé autrement. Ses cadets ont pris des voies différentes. Nathalie, la fille ainée, après avoir fréquente l'atelier du célèbre' peintre Mac Avoy, exerce ses talents comme restauratrice de fresques. Ghislain  a  fait ses armes dans le textile en Espagne et en Australie, mener sa carrière d’industriel sans égoïsme.

Olivier a repris l'entreprise de construction navale Wauquiez. II allie ainsi la tradition industrielle au gout de la voie héritée de ses parents. Quant a  Laetitia, fidèle au Vert Bois, elle gère les soixante hectares de 1'exploitation agricole qui entoure le domaine.

 Albert-Auguste retire des affaires, il ne reste sans doute plus aux Prouvost qu'a cultiver l'art d'être grands-parents. Mais le couple ne peut se résoudre a une douce activité. Ils vont se consacrer pleinement à leur amour pour la peinture. Egalement ,une histoire de famille. Des 1920, Albert-Eugene Prouvost achète en effet des Renoir, des Bonnard; des Pissaro; II transmet a son fils la passion de la collection. Anne partagera avec son époux les riches émotions de la découverte' artistique. IIs  achètent leur première toile à la galerie Maeght de Cannes pendant leur voyage de noces. Un Geer Van Velde qui inaugure  une profonde amitié avec le couple de galeristes. Grâce à eux, ils rencontreront la  plupart des grands artistes du XX° siècle. En 1969, dans les locaux de l'ancienne ferme du Vert Bois, les époux Prouvost créent la Fondation d'art Septentrion. Chaque année, les expositions se succèdent dans cet espace aux lignes sobres largement ouvert sur la campagne environnante: Chagall, Bonnard, Dufy; Rouault ,Picasso, Laurens, Braque, pour parler des plus prestigieuses. Albert-Auguste Prouvost se dépensera sans compter pour cette fondation si chère à son cœur: J’ai gardé  intact notre enthousiasme; dit avec chaleur Mme Prouvost. Avec Septentrion, j'ai le sentiment profond de faire vraiment œuvre utile.

Exposition-Roubaix-1911Roubaix-Exposition-1911

A l’exposition de Roubaix de 1911

Metropolis

Metropolisures de cire, exposition 1911MetropolisMetropolis

Metropolis de Fritz Lang , 1927

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