
" Né en 1819, il
connut une prime jeunesse turbulente et trépigne a la pensée d'une vie placide
et monotone.
A 20 ans, se sentant
l'âme d'un novateur, il brise avec des horizons trop étroits et entreprend de
voyager. Non pas en diligence, mais à cheval. Il fait son tour de France et
envoie a sa famille des lettres et des notes de voyage où s’entremêlent des
impressions d'artiste et des vues très objectives sur les réalités
industrielles qu'il découvre au hasard de ses pérégrinations.
A 25 ans, il revient au
bercail et épouse une jeune lilloise, Joséphine Yon. La cérémonie de leur
mariage eut lieu à minuit comme le voulaient les usages de l’époque. II trouve
en elle une créature exquise de douceur et de tendresse qui sera pour lui le
plus sûr appui tant sur le plan des affaires que dans le domaine social. Tandis
qu’elle visitait les pauvres du quartier, Amédée, pendant l'épidémie de choléra
de 1866, se rendait au chevet des malades dans leurs taudis.
A cette époque, l'idée
de substituer au peignage à la main de la laine, le peignage mécanique est dans
l’air. En 1845 les Anglais avaient déjà monté une usine à Saint-Denis
appliquant cette technique et la transfèrent à Croix.
Amédée prend la grande
décision. Il s’ouvre de ses projets aux trois frères Lefebvre qui vont
commanditer son entreprise.
En 1851, 16 peigneuses
Schlumberger et 5 peigneuses Passavant sont installées dans la rue du Fort et
sortent les premiers rubans de peignes : le peignage Amédée Prouvost et Cie est
né. 90 tonnes de laine par an et quatre ans plus tard, nouvelle étape avec la
construction d'une seconde usine, rue du Collège ou Amédée acquiert les
licences de la peigneuse Rawson.
En 1867, lors de sa visite dans le Nord, l'empereur Napoléon III, accompagné de l'impératrice Eugénie, demande a visiter cette nouvelle usine. Surprises et admiratives, « leurs Majestés» découvrent 1'industrie lainière. A ce moment-la, les deux usines réalisent une production de plus de 4 millions de kilos de peignes et occupent 700 ouvriers.
« Du
26 au 29 août 1867, l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie effectuent
un voyage officiel dans le nord de la France pour commémorer le bicentenaire du
rattachement des villes de Flandre au territoire français – conquises par Louis
XIV en 1667, elles ont été officiellement et définitivement intégrées au
royaume par le traité d’Aix-la-Chapelle, conclu avec l’Espagne le 2 mai 1668.
Les souverains s’arrêtent successivement à Arras, Lille, Dunkerque, Tourcoing,
Roubaix et Amiens. Ils visitent des établissements industriels, hospitaliers,
pénitentiaires, comme ils le font traditionnellement au cours de leurs
déplacements officiels, mais ce voyage est surtout l’occasion, pour Napoléon
III, de faire prendre conscience à la population de la gravité de la situation
internationale et de préparer les esprits à un éventuel conflit avec la Prusse.
Les discours qu’il prononce à Arras et, surtout, à Lille, sont, à cet égard,
révélateurs : « Des points noirs sont venus assombrir notre horizon », déclare
l’empereur, qui termine cependant son allocution en incitant les Français à la
confiance.
L'Empereur
Napoléon III, accompagné de l'Impératrice, vient visiter les usines du Nord et,
entr'autres, celles d'Amédée Prouvost et Cie, le 29 août 1867, frère d’Henri
Prouvost-Florin.
Un compte
rendu officiel donne la relation suivante :
« Leurs
Majestés, malgré la température élevée, «ont traverse entièrement le peignage
dans ses « deux subdivisions. Elles ont remarque particulièrement une peigneuse
Noble, une Rawson et « les cardes, adressant à chaque pas des demandes « de
renseignements et n’ont eu que des éloges a « distribuer. Tout a été prévu dans
ce magnifique « établissement pour le bien-être des ouvriers et « ouvrières et
aucune des institutions modernes de « bienfaisance ne lui fait défaut.
«L'Empereur
s’est ensuite rendu chez Messieurs Lefebvre-Ducatteau Frères et a parcouru « le
tissage et la filature. A la sortie de leurs ateliers, «une conversation s’est
engagée entre leurs Majestés et Messieurs Prouvost et Lefebvre-Ducatteau au
sujet d'un plan de construction de cites ouvrières.
. «Sire,
a dit Monsieur Prouvost, permettez-moi de vous faire voir les plans et détails
d'une « cite de 350 maisons que nous construisons pour nos ouvriers, ainsi que
le spécimen d'une de ces maisons, a l'échelle de 10 cm par mètre.
« L’Empereur
s’étant arrêté en face de la maison, ayant a sa gauche l'Impératrice, a sa
droite « Monsieur Jean Lefebvre et a la gauche de l'Impératrice Monsieur Amédée
Prouvost, a dit a « Monsieur Jean Lefebvre:
«Ces
maisons me paraissent bien; combien vous coutent-elles de construction et
terrain et combien peuvent-elles loger de ménages?
« Sire,
répondit Monsieur Jean Lefebvre, selon « les habitudes du pays, chaque ménage a
sa maison particulière et celles-ci nous coutent 3.000 francs chacune, terrain
compris. La salle front à la rue « a une dimension de 4 m. 50 sur 3m. de
largeur, «précisa-t-il en réponse a une nouvelle question de l'Empereur.
«
L'impératrice, regardant un petit bâtiment en «maçonnerie, demanda: qu'est-ce
que cette place?
«L'architecte,
Monsieur Deregnaucourt, répondit : c'est ce que nous appelons le débarrassoir
ou la relaverie.
«
L'Empereur : comment est-il agencé?
«
L’Architecte : ces maisons sont construites « dos a dos de manière a laisser
les cours de coté, « pour avoir plus d’air. Indépendamment, existent des grands
jardins au centre des maisons, communs à tous les locataires.
« C'est
fort bien, a dit l'Empereur».
«
Et le
Cortège s’est éloigné pour monter en voiture
et se rendre a l’Hopital ». Puis, le couple impérial
sera reçu chez le Comte Mimerel.
J'ai cru
intéressant de vous donner connaissance de ce communique pittoresque, parce
qu'il préface en quelque sorte l’effort que devaient accomplir les générations
suivantes, a l' exemple des fondateurs, sur ce plan d'importance capitale de la
construction de maisons ouvrières.
«
Albert-Eugène Prouvost, discours du centenaire du peignage Amédée Prouvost et
Cie.



Sous la IIIe République,
en 1885, Amédée disparaissait avec la satisfaction de voir la première place
assurée à l'affaire qu'il avait créée et qu'il laissait à ses trois fils:
Amédée, Albert et Edouard. "
Albert Prouvost Toujours plus loin
Hôtel Amédée Prouvost puis Lepoutre
à
Roubaix, classé
Monument Historique par arrêté du 30 avril 1999, construit
vers 1880 par
Amédée Prouvost-Yon, couramment appelé Hôtel
Auguste Lepoutre à qui il a été loué
à partir de 1902.Il s' agit d' un hôtel d'
industriel, entre cour et
jardin, avec ses écuries, dont les dispositions sont encore bien
conservées. Au
rez-de-chaussée, trois salons côté jardin
conservent des décors restés dans
leur état initial, notamment des cheminées et boiseries
moulurées. A l’étage,
au bout du palier, existait une chapelle privée. Façade
et toiture sur l’avenue
des Nations-Unies ; façades et toitures sur la cour ;
façade et toiture sur le
jardin ; les trois salons du rez-de-chaussée donnant sur le
jardin ; la cage
d’escalier, y compris l’escalier (cad. BR 21, 22) :
inscription par arrêté du
30 avril 1999; décor : menuiserie. Éléments
protégés MH : élévation ; salon ;
escalier ; décor intérieur. Site protégé :
abords d'un monument historique; À
partir de 1940 environ, le commissariat de police s’y est
installé.
Nations-Unies (avenue des) 301 et 36, rue Pellart, « est
toujours debout
et abrite actuellement le commissariat central de Roubaix. La maison
est
imposante et sans beauté. Toutefois, y passant à
l’occasion pour régler une
contravention, je ne puis m'empêcher de penser au diner de
mariage de mes
parents et de mon oncle et tante, Joseph Toulemonde, qui eut lieu le 17
novembre 1897 et qui réunit 245 convives. J'ai aussi un pieux
souvenir pour
tante Claire, souvenir lié à l’anecdote suivante.
En 1883 fut reçu chez notre
arrière-grand-mère, Don Bosco, devenu depuis Saint Jean
Bosco. Tante Claire,
tout enfant, fut très déçue de cette
réception car le religieux, dont on lui
avait vanté la grande sainteté, n'avait pas fait de
miracles comme elle s'y
attendait. »
Son épouse, Joséphine
Prouvost née Yon 1827-1902 :
" Mme Prouvost était
grande et bien faite, les yeux d'un joli velours marron comme ceux de son
père, étaient assez perçants. Elle portait la toilette avec aisance et dignité
et avait fait venir de Paris plusieurs fois des fleurs de grenade naturelles
pour mêler à ses cheveux châtain foncé. Cela semblait à ce temps-la du plus
grand des luxes et de longues années après on citait encore le raffinement
d'une coquetterie bien innocente. Elle chantait agréablement la romance,
surtout celle de l’Isa Puget ou les romances sentimentales de Nadaud, comme «
La nid abandonne ". Sa voix était sympathique et douée d'une grande
expression.
Madame Amédée Prouvost,
fille de M. et Mme Yon-Delaoutre, perdit son père alors qu'elle n'était âgée
que de 6 ans. C’était un homme distingué et selon le portrait du temps, qui est
encore dans notre famille, d'une physionomie fine et agréable.
Mme Yon se
remaria et épousa M. Lemaire. Elle donna à sa fille un soutien moral et un
tuteur, car elle-même mourut en 1844, et ce fut M. Lemaire qui conduisit Mlle
Yon dans le monde et pensa de bonne heure à la marier.
En effet à 17 ans elle
épousait M. Amédée Prouvost. Le mariage se fit à minuit suivant l’usage
de cette époque et le jeune ménage s'installa à Roubaix où M. Prouvost était
intéressé dans les affaires de M. Lemaire. Le passeport de M. Prouvost datant
de 1840, avant son mariage, témoigne que pour ses affaires .Il traversait la
France en tous sens, en diligence ou à cheval, et que ses tournées étalent de
longue durée.
Toutes les premières
années du ménage de M. et Mme Prouvost furent très heureuses. Six enfants
vinrent se grouper autour d'eux. Aucune épreuve cruelle ne vint accabler Mme
Prouvost avant la mort de son mari. Etait-ce son ardente piète ou toutes ses
pratiques de charité qui écartèlent les douleurs s'abattant sur certaines
familles? C’est le secret de la Providence. Toutes les âmes, même celles d'élite,
ne sont pas menées par les mêmes chemins, et en tous cas la confiance aveugle
de Mme Prouvost en la Divine Providence l’aida sobrement à vivre avec sérénité
et à supporter avec abnégation. Elle était jeune et avait des enfants si jeunes
que, lorsque M. Droulers vint faire la demande en mariage de la part de son
jeune frère pour solliciter la main de la fille ainée de Mme Prouvost, il prit
celle-ci pour la fiancée éventuelle et sa confondit ensuite en excuses sur sa
méprise.
Madame Prouvost était
très fêtée, non dans les réunions mondaines car Roubaix était une trop
petite ville pour que le monde y tint une grande place, mais dans les réunions
intimes ou on s'égayait en bonne et due forme.
La petite propriété de
M. Prouvost qu'il tenait lui-même de son père et qui s'intitulait « La Glane
", était située entre un quarter de Tourcoing appelé « L'Epinette » et le
hameau du Vert-Pré. La famille y passait quatre mois d'été.
La maison s'ouvrait le
matin sur la verte campagne. Elle était très sommairement aménagée mais bien
abritée sous les marronniers. Il y avait une sorte de pignon s'avançant
au centre, et la porte s'ouvrant sous la marquise semblait accueillante et
hospitalière. La aucune prétention à la vie de château, aucun artifice dans le
séjour campagnard de ce petit coin de Flandre, Rien que le bon air d'un lot de
terre de 4 hectares avec une grande pâture, une ferme attenant au petit
domaine, des sentiers bordes de saules, une route pavée sur le devant ou
passaient les carrioles des boulangers, puis les allées et venues des fermiers
all ante le soir remiser au fond du « carin » les chariots et les instruments,
et pour y arriver, un chemin ou passait un gros cheval et que des barrières
blanches séparaient du jardin.
Le demi-hectare de
jardin fleuri comme un bouquet de fête perpétuelle, avec les iris, les asters,
les soleils et les campanules, était ce qu’on appelle « un jardin de
curé », un de ces gais jardins jaunes, bleus, verts ou rouges ou toujours
quelque chose bouge.
Les chemins étaient
garnis de tan exhalant au soleil un arôme de bois résineux, les grands
marronniers au printemps secouaient leurs fleurs blanches et roses en poudre
sur le sol et les rayons du soleil I inondaient ce paysage bon enfant; tout
cela avait un air de bonheur calme, d'épanouissement heureux comme les gens
qui l’habitaient. « La Glane » était donc l’ été un petit paradis pour
les réunions de famille et les soupers intimes ou Nadaud acceptait souvent
d'apporter sa bonne humeur et son talent de chansonner, et les invites s'attristaient
de quitter un si gai séjour pour reprendre pédestrement le chemin de la ville.
Mme Prouvost ne mettait
aucune prétention ni aucune recherche dans ses soins de maitresse de maison,
cependant rien ne manquait jamais à l’ordonnance des repas ni à la bonne tenue
des appartements ; elle était elle-même l’enseignement vivant : savoir se plier
aux circonstances et de se contenter de ce que vous offre le présent. Avec une
inaltérable aménité elle était à même de supporter les mécomptes, les
contretemps, les déconvenues sans laisser paraitre en aucun cas le plus léger
mouvement d'humeur. Sa maison était toujours en ordre, ses serviteurs lui
étaient attachés, pas d'observations encombrantes et humiliantes, mais, le mot
d'encouragement nécessaire.
A Roubaix, les œuvres
de charité prenaient grande place dans la journée de Mme Prouvost qui fut
pendant de nombreuses années présidente de la Conférence de
Saint-Vincent-de-Paul. Que dire de sa grande charité pour soulager toutes les
misères? Les visites chez les pauvres étaient quotidiennes ; elle se faisait
une joie de donner chaque jour un diner a une de ces familles nécessiteuses
dont un membre venait chercher la part à midi et démon était accoutume à voir
sous le porche attenant à la cuisine des femmes ou des enfants assis sur un
banc attendant l’ audience de leur bien fautrice qui, de l’ air le plus calme
et le plus souriant, les recevait toujours avec bonté, les encourageait, les
exhortant et leur glissant la piécette blanche qui était la terminaison
heureuse de l’ entretien. Cette femme de bien avait au coeur une
tendresse douce et une sollicitude toujours attendrie pour ses enfants. Elle
eut pendant plusieurs années ses fils éloignés d'elle, soit par les obligations
des affaires qui imposaient à l’ainé des séjours en Angleterre, soit par le
service militaire du second et du troisième. Elle entretenait une
correspondance assidue avec eux; c'étaient de bons conseils dignes d'une mère
vigilante mais aussi, et c'est ce qui ressort le plus de ses lettres
fréquentes, le récit des menus faits de la famille, propres à tenir en éveil
cet attachement au foyer et au sol qui est une grande sauvegarde pour la
jeunesse. Elle narrait les moindres faits des oncles et tantes, cousins et
cousines, dans un style famille, aimable et simple, qui faisait passer dans les
yeux des absents tous les tableaux animes des réunions ou ils manquaient.
La grande édification
de la famille était le petit oratoire de la maison, si pieux, si soigné, si
orné de fleurs, de lampes et de lampions à toutes les intentions de celle qui y
priait si souvent, que l’impression en y entrant était toujours celle du
respect et du recueillement.
Après la mort de M.
Prouvost qui vint en 1885 mettre le deuil pour toujours dans la vie de Mme
Prouvost, les alliances de familles, les mariages des petits-enfants ayant
agrandi le cercle de son entourage, même intime, le petit domaine de « La Glane
» fut abandonné pour une propriété plus éloignée mais offrant plus de
ressources comme espace, comme air et logement.

Le château
d'Estaimbourg appartenait à des descendants (par la main gauche) des ducs de
Bourgogne et était situé en Belgique dans le Hainaut, entre Pecq et Nichan. C'était
une grande construction d'aspect assez banal et noirâtre, mais de proportions
plutôt impressionnantes. Au milieu d'une pièce d'eau le bâtiment offrait des
logements tellement vastes que souvent il comptait une trentaine d'habitants,
tous très à l’aise. Chaque famille avait son quartier bien à elle.
C'était la joie des enfants les soirs d'arrivées, que ces grands corridors nus
et vides desservant les chambres. Le coté de la bibliothèque de M. de Bourgogne
était réservé à Mme Prouvost, il semblait un asile de mystère digne de
respect. II y avait l’ aile droite, quartier de M. le Chanoine de Bourgogne
dont on voyait dans les portraits du vestibule la figure jeune et rosée un peu
poupine malgré son rochet de dentelle, puis la chambre de Télémaque chère aux
collégiens à cause d'un grand dessin représentant le héros grec. Les meubles,
dont quelques-uns de prix, avaient tous un air vieillot des châteaux inhabités
depuis de longues années. La fade odeur de l’entrée recelait un peu de
désuétude, cependant, par de longues fenêtres, on avait de jolis aperçus de
campagne. Le mont de la Trinite se profilait comme une taupinière sur un grand
clé dominant la plaine et servait de baromètre ; on le trouvait bleu empanaché,
et c'était merveille de voir que le temps était toujours en rapport avec les
prévisions données par la montagne. Puis la pièce d'eau, la barque, le pont
menant au bois de sapins ou la vigne verge rosissait si fort des le mois d'aout
et flamboyait d'un rouge de feu des septembres, et les grands espaces, les
allées sombres et ombragées, vrais délices pour les promenades du matin ou les
lièvres vous barraient le passage, ou sautillaient gentiment les animaux
apprivoises. Lors des fenaisons, les grandes pelouses odorantes offraient avec
leurs meules de foin les taches de vieil argent qui tranchaient sur le vert
sombre des sapins.
Dans les parages du
potager, comment dire les appâts de ces murs couverts de pèches et ces pruniers
en plein vent qu’on balançait sans respect pour voir tomber les fruits tièdes de
soleil et juteux de leur sucre. Les petits murs, barrières et enclos variés qui
divisaient le coin du potager déjà grand comme un petit empire, permettaient
aux intrigants dévastateurs de se dérober par un bout ou par l’ autre
lorsqu’ils entendaient un pas de jardiner. On retombait alors dans le parc de
framboisiers ou dans les plates-bandes de fraisiers et on revenait au château,
l’estomac et la conscience un peu chargée mais le cœur et la tête ensoleillés
par l’ivresse de la nature. La vie à Estaimbourg était très monotone, point
n'est besoin de le dissimuler, et quoique ces souvenirs n'aient le droit
d’évoquer aucune satire, il est avéré qu'on cherchait l’ ombre du parc pour
parer aux inconvénients du soleil, puis le soleil pour se réchauffer de
la fraicheur de l’ ombre, qu'on y discutait avec un esprit charitable et plein
de douceur de I’ opportunité d'un salon au nord ou au midi, qu'on y cherchait
avec une inaltérable patience le bien -être des marmots chéris qu'il fallait
tenir un peu éloignés et qu'on emmenait de temps en temps pour ne pas trop
fatiguer les oreilles maternelles. On parlait aussi pendant les repas des
recettes culinaires les plus agréables au palais. Au moins la médisance était
éloignée de ces conversations. Le soir enfin, on s'endormait en remerciant la
Bonne Providence de tant de jodles goutées dans une paix si profonde. On ne se
plaignait cependant pas de la monotone des jours. L'influence très bien faisant
de Mme Prouvost se faisait sentir très douce à tous, grands et petits. Avec
l’âge, elle était devenue encore plus indulgente, plus peleuse si possible,
toujours souriante de ce bon sourire qui désarmait les moins bien
intentionnés. On la sentait recueille dans une profonde ferveur, et qui aurait
ose exprimer une plainte, manifester un mécontentement?
Elle se faisait toute a
tous et ne se réservait que de longues stations à l’ église si proche du
château que la grille du parc séparait seulement. L'église était, grâce à ses
soins, toujours bien tenue et ornée de fleurs. Elle était sans style avec
son porche bas, le petit cimetière a l’ entrée, et évoquait, cette petite
église de village, un sentiment attendri en contemplant la simplicité de son
architecture, I’ allure un peu barbare de son clocher, et on se répétait
volontiers cette strophe chaque fois qu'on y entrait : Salut, je te revois
encore,
Aussi pauvre, mais plus
touchante Mon clocher d'ardoise que dore La pourpre du soleil couchant Parmi
les arbres et les tuiles je vois encore se pencher son coq aux ailes immobiles
Mon vieux clocher
A l’intérieur, les
tombeaux de la famille de Bourgogne étaient le seul document intéressant. Les
fleurs de papier ornaient la statue de Saint-Ghislain, l’orgue tremblotant
auquel il manquait la moitié des touches et des jeux, ronflait sous les doigts
du sacristain, menuisier du village. Le parfum d'encens mélange aux senteurs de
moisi, avec la sensation de fraicheur d'une cave, tout cela vous prenait à la
gorge, mais on y priait bien et les prônes de la cure étaient écoutes
sans broncher.
Mme Prouvost recevait
de temps en temps son curé et les curés des environs, elle avait un grand
respect pour les prêtres et peut-être avait demande depuis longtemps à Dieu la
faveur de donner à l’Eglise un membre de sa famille.
L'ainé de ses
petits-fils, Henri Lestienne, le tout premier de cette lignée de 27
petits-enfants qui entoura sa vieillesse, fut appelée au sacerdoce. Elle put
jouir des émotions si douces de sa première messe. Dans la sainteté d'une telle
vocation, Il remplit une trop courte carrière de bonnes ouvres de fondations
charitables et d'exercices multiples de Dévouement. Il fut prés de sa
grand-mère pour lui donner les consolations de la foi et lui fermer les yeux.
Dieu couronna cette âme
de prêtre en le ceignant de l’auréole des Saints, car il mourut au champ
d'honneur, comme aumôner militaire, en juin 1915, ayant été plus loin que son
devoir, aussi loin que son ardeur de dévouement pouvait le conduire.
Maintenant les
dernières années de Mme Prouvost sont comptées.
Elle revient à
Estaimbourg cependant tous les étés. Les soirées, par les chaleurs, se
passaient dans la grande galère d'entrée. Malgré son affaiblissement, elle
pouvait encore faire sa partie de whist avec un de ses gendres ou de ses
petits-fils. Les plus remuants sortaient jusqu'a neuf heures pour chercher des
vers luisants ou étudier la cosmographe avec un oncle complaisant, mais les
veillées se terminales tôt à cause du lever matinal pour la messe et aussi du
départ pour Roubaix d'une partie des hôtes. En 1902 l’état de Mme Prouvost devenant
alarmant, on lui recommanda le grand air et le repos d'Estaimbourg. Elle y
arriva très fatiguée a la fin de juin. Elle s'affaiblit très rapidement et
rendit son âme à Dieu le 25 juillet. L'agonale avait été longue et apparemment
douce, avec des sursauts de vêle et des phases de prostration complète. Tous
ceux qui l’approchaient étaient frappés de son aspect si calme, de son
expression d'aménité, Celle qu'on lui avait toujours connue.
L'abbé, son petit-fils, ne la quittait pas. Le dernier soupir étant proche, il attendit jusqu'à midi et demi pour y assister et put de suite dire la sainte Messe dans la petite église qui avait été si souvent témoin des oraisons de sa sainte grand-mère. Deux de ses cousins servirent, la messe, et toute la famille y assista, cherchant à travers le passage cruel de cette terre à un monde meilleur, la figure de celle qui entrait dans le triomphe et pouvait entendre les paroles saintes. « Bon et fidèle serviteur, voici la récompense que je t’ai préparée ».
Souvenirs de Madame Amédée II Prouvost, née Marie Bénat, ici au sujet de ses beaux parents:
D'UN SIECLE A L'AUTRE DE BRETAGNE EN FLANDRE, SOUVENIRS D'UNE GRAND'MERE
Présentés par son petit fils Jacques Toulemonde Roubaix, 1970-1971 Les enfants d’Amédée l et
Joséphine Prouvost furent :
Joséphine Prouvost épouse
de Charles Henri Droulers
Antoinette Marie Prouvost
épouse Henri Lestienne
Amédée Charles Prouvost
époux de Marie Bénat,
* Albert Félix
Prouvost époux de Marthe Devemy
Edouard Joseph Prouvost
époux de Pauline Elisa Fauchille
* Gabrielle Marie
Prouvost époux de Léon Wibaux
16: Albert I Félix Prouvost
Albert Félix Prouvost, né le 25 septembre 1855, Roubaix , décédé le 4 avril 1916, Roubaix à l'âge de 60 ans. Marié le 26 mai 1879, Bondues Nord,
avec Marthe Devemy, née le 2 février 1860, Roubaix décédée le 4 juillet 1937, Bondues (à l'âge de 77 ans),
50, boulevard de Paris à Roubaix
« En 1888, mes parents entreprirent la construction, sur le
plan d'un architecte ami d'enfance de mon père, Achille Liagre, d'une grande
maison à l'angle du Boulevard de Paris et de la rue Charles-Quint orientée au
Midi et dont toutes les pièces étaient très agréables à habiter. Les enfants
furent particulièrement bien installés : un vaste rez-de-chaussée de plain-pied
avec le jardin leur était réservé. Les salons et la salle à manger étaient au
premier étage, les chambres au second.
En 1889, ce fut l'inauguration de la nouvelle demeure dans
laquelle parents et enfants allaient vivre 25 années d'un grand bonheur.
Nos parents menaient une existence mouvementée de jeune ménage:
nombreux voyages a Paris, mondanités très astreignantes : tous les soirs un
diner, à l'exception du vendredi, jour
d'abstinence et du dimanche consacré traditionnellement à la famille. Un
dimanche sur deux était réservé au Vert-Bois, l'autre au déjeuner et au diner
de la famille Prouvost chez la bonne-maman, rue Pellart.
Vous pouvez vous en rendre compte en feuilletant l'album de
famille, ma mère était une jeune femme d'une resplendissante beauté, mon père
avait très grande allure; tous deux attiraient l'admiration et l'amitié par
leur bienveillance et leurs gouts raffinés. Les réceptions, 50 Boulevard de
Paris étaient brillantes, la table réputée.
Mes parents consacraient dans leurs voyages à Paris une large
place au théâtre et spécialement à la Comédie Française. L'un et l'autre très
lettrés, ils étaient spécialement assidus aux représentations des classiques.
Connaissant à fond le répertoire, ils n'allaient pas au Français entendre le
Cid Phèdre ou Bérénice, mais applaudir
les acteurs qui en étaient les grands interprètes. A cette époque Rachel avait
termine sa triomphale carrière, mais Sarah Bernhardt, Bartet, Mounet-Sully, les
Coquelin étaient au zénith de leur gloire éphémère. Le théâtre du boulevard
avait aussi de très belles troupes : les noms les plus appréciés étaient ceux
de Réjane et Jeanne Granier, Brasseur, Baron, Guy, Lavallière aux Variétés.
Le 50, Boulevard de Paris comportait au dernier étage un immense
grenier inutilisé. Dans leur passion du Théâtre, mes parents eurent l'idée d'y
construire une petite scène et d'y jouer la comédie entre amateurs. Naquit donc
vers 1892 ce qu'on nomma par la suite « le Théâtre Albert ».
Pour l'inauguration du grenier-théâtre, des acteurs de Paris
furent engagés, notamment Prince qui devait acquérir une grande notoriété de
fantaisiste, les sœurs Mante, danseuses étoiles de l'Opéra. Les décors étaient
charmants, la soirée fut sensationnelle.
A partir de cette date, chaque année mes parents s'ingéniaient à
découvrir une bonne pièce nouvelle en un acte et s'attaquaient en trois actes
aux pièces à succès du moment, le théâtre de Scribe, Augier ou Labiche. Les
amateurs de notre région y furent étonnants de brio. Parmi eux, outre mes
parents qui jouaient chaque année, les plus fêtés furent la belle Madame Félix
Ternynck et son mari, Albert Masurel, René Wibaux. Mes parents prirent
tellement au sérieux leur rôle d'acteurs improvises qu'ils demandèrent des
conseils a deux célèbres Sociétaires de la Comédie Française, Le Bargy et Georges Berr, afin de perfectionner
leur technique forcement sommaire.
Plus tard, entre 1900 et 1910, de nouveaux jeunes premiers accédèrent
aux planches du théâtre Albert.
Trois de mes cousins germains y furent particulièrement appréciés
: Amédée Prouvost, Léon Wibaux et Charles Droulers. Ils y jouèrent la comédie,
puis en association écrivirent chaque année une petite revue, dans laquelle ils
montraient autant de verve que d'esprit: Ces revues étaient le clou de la soirée
« théâtre Albert» du 1" janvier. L'un après l'autre tous les cousins et
toutes les cousines de tous âges (y compris mon frère, mes sœurs, ma femme et moi-même)
ont tenu un rôle dans ces revues ou joue la comédie. Aucun de nous n'a perdu le
souvenir des joyeuses répétitions et des émotions - quelquefois du trac - de la
générale et de la grande première. Ces soirées de l’An nouveau réunissaient
dans la joie parents et enfants.
Comme celle de tous les jeunes ménages de tous les temps, -notre
existence de 1906 à 1914 fut intensément active : diners, soirées dansantes,
voyages fréquents à Paris, puis en aout longues vacances. Rita animait par son
entrain toutes ces réceptions et une semaine sur deux, nous passions un large
weekend dans la capitale. L'élégance de la tenue était à cette époque le souci
majeur des Messieurs comme des Dames. Pour vous donner une précision, il était
de règle, a partir de onze heures du matin, de porter sur les Boulevards le
chapeau haut de forme et des gants, au moins tenus a la main. Les snobs y
ajoutaient un monocle et une canne. Les grands rendez-vous de la société «
chic» étaient en fin de matinée l'Avenue du Bois et surtout la partie de
l'Avenue de Longchamp dénommée « Avenue des Acacias » ou par antiphrase « les
sentiers de la vertu ». Que de cavaliers et d’amazones! Le soir dans les
restaurants ou les salles de spectacle, l'habit et le chapeau claque étaient de
rigueur; dans les petits théâtres le smoking était toléré. Les dames étaient en
robes largement décolletées: leurs chapeaux de dimensions extravagantes étaient
couverts des plumes des oiseaux les plus rares, notamment des aigrettes.
L'hiver c'était un déploiement de fourrures, d'étoles de zibeline, d'hermine ou
de chinchilla.
Comme mes parents j'aimais le théâtre: Rita aussi: nous allions
souvent voir les auteurs contemporains et redécouvrir les classiques. A chaque
week-end parisien nous assistions a trois ou quatre représentations.
Entre 1906 et 1914, nous n'avons jamais manque la pièce annuelle
d'Henry Bataille, Maurice Donnay, Porto-Riche, Henry Bernstein, Alfred Capus,
Flers et Caillavet, Sacha Guitry, les grands chefs de file, qui ont connu des succès
considérables et dont aucune production ne laissait un spectateur indifférent.
Le public était alors plus restreint, mais plus cultive que celui de nos jours.
Ses réactions étaient vives, passant d'un enthousiasme sans retenue a une sévérité
extrême devant un texte ou une interprétation de valeur discutable. Dans les premières
représentations, d'une pièce à succès, les entractes - actuellement moroses - étaient
brillants : on y retrouvait de nombreux amis et des personnalités marquantes de
la politique, du turf, du monde ... ou du demi-monde.
Un auteur dramatique affaibli par la maladie, qui ne produisait
presque plus, était auréolé d'une gloire sans seconde : Edmond Rostand. Le
triomphe en 1897 de « Cyrano de Bergerac " demeure l'un des grands
souvenirs de ma jeunesse. Un acteur de génie, Coquelin, créa le rôle. A la
veille de la première, l’auteur et ses interprètes se demandaient comment le
public accueillerait ces cinq actes en vers évoquant le XVIIe siècle. Ce fut du
délire. Notre pays portait encore moralement le poids de l'humiliation de 1870:
ce coup de cymbales, le panache du héros et aussi le cote sentimental cher au Français,
provoquèrent un choc de fierté nationale. Dans la même veine, en 1900, Edmond
Rostand nous donna « l'Aiglon », avec la grande Sarah-Bernhardt, dans le rôle
du Duc de Reichstadt.
En 1910 fut créé « Chantecler ». Edmond Rostand avait confie à
Coquelin le rôle du coq. Celui-ci mourut subitement et « Chantecler » fut joué
par Lucien Guitry. La pièce, riche en vers magnifiques, fut discutée sur le
plan scénique. Ce demi -échec fut très sensible à l'auteur. On organisa alors,
en son honneur, sous le couvert d'une fête de charité, une matinée au théâtre
Sarah Bernhardt ou des extraits de son œuvre théâtrale devaient être interprétés
par les meilleurs artistes de Paris. Rila et moi, étions au grand rendez-vous
de ses admirateurs. En apothéose finale, on obtint qu'Edmond Rostand monte sur
le plateau et dise plusieurs poèmes dont l'hymne au soleil de « Chantecler
». Avant qu'il put commencer, la salle debout l'acclama pendant plus de dix
minutes. Cet hommage d'une sincérité bouleversante est demeure l'une de nos
grandes émotions de théâtre. »
« Souvenirs de famille » Par Albert-Eugène Prouvost, 1960
En 1902, Albert Prouvost-Devémy se rendit acquéreur d’une automobile Mors qu’il conduisait lui-même pendant que certains de ses pairs se faisaient conduire par un chauffeur.
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L'Exposition
Internationale de Roubaix du 30 avril au 6 novembre 1911.

L'Exposition
Internationale du Nord de la France s'est déroulée à Roubaix du 30 avril au 6
novembre 1911. Pendant six mois, dans le Parc de Barbieux, Roubaix vivra au rythme de son exposition visitée par
deux millions de personnes. L'historien Philippe Waret raconte.

Eugène Motte et
François Roussel.
Eugène Mathon,
Florent Carissimo et Albert Prouvost.
Edouard Roussel,
Félix Chatteleyn et Gilbert Sayet.
Chaque été,
vacances dans les villes d’eau : Evian, Royat, Luchon et surtout
Vichy. ; à Evian, ils connurent intimement la Comtesse Greffulhe

et les Brancovan
dont la jeune princesse alait plus tard s’immortaliser sous le nom d’Anna de
Noailles.

Là, promenades à
cheval ou à bicyclette le matin,courses de chevaux ou concours hippiques
l’après-midi ; un abonnement au théâtre et aux grands concerts nous permettaient d’occuper
les soirées avec tout l’éclat souhaité. Après la saison d’eau, avant le retour
à Bondues, nous faisions le voyage de l’année ( en France et en Europe) :
Au Vert-Bois,
deux grandes parties de chasse en
septembre, deux en battues –plaies et bois- faisans et lièvres et lapins en
novembre.
Principaux
invités : nos voisins d’Hespel, de la Serre, de Pas, des Rotours,
Boselli-Scrive, Henry Bossut, Jules Masurel, Gustave et Georges Watine, René
Wibaux.
La saison de
chasse terminée, « mes deux grands parents se concentraient à nouveau sur
leur bibliothèque, revenaient à leurs chers livres. »
Vers 1890, fut engagé au Vert-Bois un jeune valet de chambre, agé de 16 ans,Clovis Hennebel. Il devait y demeurer presque jusqu’à sa mort pendant sixante années, montrant en toute occasion, à mes grands parents puis à mes parents et à moi-même un indicible dévouement. Ce fut mon premier grand ami.
Nous avons annoncé la mort de Mme Albert Prouvost-Devemy, décédée à Bondues (château du Vert-Bois) le 14 juillet 1937, à l'âge de soixante-dix- sept ans. Rappelons que ses funérailles auront lieu aujourd'hui samedi 17 juillet, à onze heures quinze, en l'église de Bondues.
dont :
* Albert Prouvost, né
le 10 août 1882, Bondues, décédé le 20 juillet 1962, Parisà l'âge de 79 ans,
industriel, président du Syndicat des peigneurs, collectionneur de tableaux
impressionnistes. Marié le 19
février 1906, Roubaix (59, Nord), avec Marguerite Vanoutryve, née le 26 février
1887, Roubaix .
* Jean Prouvost, né le 24 avril 1885, Roubaix, décédé le 17 octobre 1978, Yvoy-le-Marron(à l'âge de 93 ans), industriel textile, propriétaire et directeur de journaux, homme politique. Marié le 16 septembre 1905, Roubaix, avec Germaine Lefebvre, née le 5 novembre 1886, Roubaix, décédée le 5 septembre 1973, Roubaix (à l'âge de 86 ans). Marié avec Elisabeth Clerc, journaliste.

* Marguerite Prouvost, née le 31 août 1887, Roubaix, décédée le 13 avril 1968, La Saussaye (27, Eure) (à l'âge de 80 ans) mariée le 5 mai 1908, Mouvaux (59), avec Edmond Eugène Masurel, né le 3 novembre 1883, Mouvaux , décédé, industriel textile.

Photo: collection Hubert Masurel par Ferdinand Masurel
Suzanne
Prouvost, née le 15 décembre 1892,
décédée mariée avec René Toussin,
né le 23
juillet 1882, Loos-les-Lille (59), décédé.
17: Albert II Eugène Prouvost
1882-1962
Albert-Eugène Prouvost, frère de Jean Prouvost, est né à Bondues le 10 août 1882. Il épousa le 20 février 1906 Marguerite Vanoutryve

dont il eut deux enfants :
Marguerite Prouvost qui épousa Jacques Segard (dont Martine, Hubert, Hervé, Diane) et Albert-Auguste. Il a longtemps participé à la direction des entreprises familiales.
Il fut le gérant du peignage Amédée prouvost et Cie, des filatures Prouvost, la lainière de Roubaix en même temps qu’il fut l’un des administrateurs de la société nouvelle d’information et de publicité.
Albert-Eugène Prouvost, frère de
Jean Prouvost, est né à Bondues le 10 août 1882. Il épousa le 20 février 1906
Marguerite Vanoutryve dont il eut deux enfants :
Marguerite Prouvost qui épousa
Jacques Segard (dont Martine, Hubert, Hervé, Diane)
et Albert-Auguste. Il a longtemps participé à la direction des
entreprises familiales. Il fut le gérant du peignage Amédée Prouvost et Cie,
des filatures Prouvost, la lainière de Roubaix en même temps qu’il fut l’un des
administrateurs de la société nouvelle d’information et de publicité.
Quelques extrais de « Souvenirs
de notre famille » par Albert-Eugène Prouvost :
Vers 1895, nous reçumes, mon frère, ma sœur
Marguerite et moi le superbe cadeau : notre première bicyclette.
Albert Prouvost-Vanoutryve et Jean Prouvost furent
élève au collège des Jésuites de Boulogne ;Albert souffrit beaucoup de ces
cinq ans d’exil mais acquit une excellente instruction, goût de l’étude et du
travail : lever à cinq heures dans des bâtiments et dortoirs non
chauffés ; dix heures de classe et d’études chaque jour à l’exception du
jeudi et dimanche après-midi où nous faisions en rang une promenade de deux
heures dans la campagne ; la nourriture était suffisante en quantité mais
de qualité plus que contestable. « Nous n’avions droit qu’à une sortie par
trimestre, et ce jour là, comme les élèves de la région de
Lille-Roubaix-Tourcoing étaient les plus nombreux, un train spécial amenait les parents à dix heures à Boulogne
et repartaient l’après-midi à cinq heures « ; une autre sortie pour
les élèves ayant eu de très bonnes notes. Visite possible une demi heure le
dimanche au parloir. On répond au courrier le jeudi et le dimanche. « A
ceux des pensionnaires qui avaient tendance à se plaindre de ce régime, les
pères jésuites répondaient : « mes enfants, vous jugerez plus tard
que le temps passé dans votre collège aura été le meilleur de votre vie. »
Nous n’avions plus qu’à nous résigner devant une telle affirmation, mais elle
nous faisait entrevoir l’existence d’une manière très sombre ».
En 1900, fin d’études : il visitera avec
ses parents l’Exposition universelle à Paris. Il fera l’Ecoles Supoérieure de Commerce de
Lille, les parents redoutant Paris. Le succès dispensait de deux ans de service
militaire. Il fait un stage au peignage de Leipzig comme apprenti-trieur.
Son père avait une intelligence remarquable
(premier prix d’excellence à la fin de ses études et diplomes brillamment
conquis, mais surtout des disposition naturelles pour les mathématiques
dénotant une précision d’esprit qui devait lui faciliter la solution des
problèmes les plus épineux. Prudence naturelle, pondération, mesure, avec un
objectif fondamental : alimenter ses usines.
« Ceux qui ont eu, comme mon frère et
moi, leurs premiers pas dans les affaires guidés par leurs pères, se rendent
compte de la valeur inappréciable de cet avantage.
Albert Prouvost et Rita Vanoutryve se rencontrèrent en 1905, à l’occasion d’une course automobile « la coupe Gordon-Bennet » à Royat après une randonnée en Mors par les
chateaux de la Loire, Rocamadour, Padirac, le Puy de concert avec les familles
Barrois-Brame, Gustave Wattinne et Jules Masurel fils, encore célibataire. En
octobre 1905, ils se retrouvent à un bal ; une entrevue décisive eut lieu
grâce à l’excellente tante Paul Prouvost-Masurel. Albert apprécia ses qualités
de franchise, de spontanéité ; elle avait su échapper au pensionnat chez
les religieuses de l’Assomption à Paris par toutes sortes de révoltes, jusqu’à
la grève de la faim et fut confiée aux dominicaines près de chez elle ( on
garde la belle lettre de Mère Marie de la croix à l’occasion de son mariage).
En même, temps, Jean Prouvost, le futur homme
de presse, rencontrait Germaine Lefebvre, fille de l’associé et meilleur ami de
son père, Edmond Lefebvre-Grimonprez, d’une famille qui s’est illustrée à
chaque génération. Germaine était svelte, gracieuse, d’une grande bonté, Jean
et Albert continuaient ensemble : le collège puis le travail en même
temps, le mariage à trois jours d’intervalle.
Le mariage d’Albert et Rita eut lieu à
l’église Notre Dame de Roubaix le 20 février 1906, jour des 19 ans de Rita.

Dans une ville essentiellement ouvrière, ce
fut un patron, Eugène Motte, qui releva le défi et acquis, en quelques années,
une extraordinaire popularité. Il conquit les foules qui se pressaient et
montra qu’un patron peut être social. Ce fut un grand roubaisien et un grand
français.
Le voyage de noce fut sur la Côte d’Azur et
les lacs italiens en voiture « Charron » mis à la disposition
d’Albert et Jean par leurs parents.
Leur première enfant s’appela tout naturellement
Marguerite et naquit rue du Château; chez Jean et Germaine, naissait
Jacques « Jacqui » ; puis Albert et Rita s’installèrent au 112,
rue d’Armentière à Roubaix. Avec un jardin de plus d’un hectare : ils y
vécurent les plus belles années de leur vie.

Puis ils iront au Vert-Bois.

Puis, en 1909, ce fut le fils attendu :
« Je conserverai toute ma vie le souvenir de l’immense joie de la chère
petite maman lorsqu’on lui annonça : C’est un fils. Je ne saurai vous
dépeindre la mienne, celle de mon père , de ma mère, de ma grand-mère
Devémy, puis de toute ma belle famille. »
Ainés de leur génération, Marguerite et
Albert furent particulièrement bien accueillis dans les déjeuners de famille,
chez mes parents, boulevard de Paris, au Vert-Bois, à Mouvaux et boulevard de
la République ».
En 1912, nous engagions comme gouvernante des
enfants une suissesse : Joséphine Hug ; elle devait faire à notre
famille jusqu’à sa mort en 1949 l’apport magnifique d’un attachement illimité,
dans une abnégation totale. Elle modela sa vie sur la nôtre, noous suivit
partout, donna à nos enfants les soins les plus efficaces : nous lui
devons une immense gratitude.
Il écrivit les
« Souvenirs de notre famille ».
Marguerite Prouvost s’éprit
de Jacques Segard : « le jeune homme me parut fort séduisant ;
je savais qu’il avait à son actif une santé robuste, une vive intelligence, et
une grande sensibilité de cœur…La famille Segard était de vieille souche
nordiste, s’était illustrée, les parents « nous plurent tout de suite par
leur distinction et leur charme. ». Le mariage fut célébré en l’église Saint
Joseph de Roubaix puis fété dans la demeure du grand père vanoutryve ; on
connait la brochure des photos et des discours. La grand-mère Devémy fut la
seule, dans le Nord, d’être trisaïeule : elle connut Martine et Hubert
Segard et Georges Boyer-Chammard.
Mariage de Marguerite Prouvost et
Jacques Segard, le 25 janvier 1927
dont Martine Segard mariée
avec Paul Lehideux-Vernimmen, administrateur de sociétés. Hubert Segard,
né 1930, marié en 1969 à
Antibes avec Diane Le Gras du Luart de Montsaulnin, divorcés. Hervé Segard,
marié avec Béatrice Bueno. Diane Segard, mariée avec Thierry Martin de Beaucé,
ENA 1968, promotion Turgot, administrateur civil, ministre puis mariée avec Bernar
Venet.

« Bernar Venet
est un artiste plasticien français, né en 1941 à Château-Arnoux-Saint-Auban
dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il réside aux États-Unis où il s'est fait connaître
pour ses sculptures d'acier et ses dessins.
Bernar Venet commence comme assistant
décorateur à l'Opéra de Nice à la fin des années 1950. De 1961 à 1963, il
montre des toiles recouvertes de goudron1 parce que « le noir, c’est le rejet
de la communication facile[réf. souhaitée] ». Sa notoriété débute durant cette
période avec la réalisation d’une sculpture sans forme spécifique composée d’un
tas de charbon versé à même le sol1. Sa faculté d’abstraction intellectuelle et
son goût pour le raisonnement mathématique et l’expérimentation[réf. souhaitée]
le conduisent à ce qui sera bientôt l’art conceptuel. Marcel Duchamp disait de
lui : « Venet, vous êtes un artiste qui vend du vent. »
En 1966, il s’installe à New York. Les
mathématiques et les sciences pures lui sont une source récurrente pour imposer
la « monosémie » dans le camp artistique[réf. souhaitée]. De 1971 à 1976, il
marque une pause dans ses recherches, cesse toutes pratiques artistiques et
revient en France où il écrit et enseigne à la Sorbonne.
Après ces six ans de réflexion et son
mariage avec une riche américaine, il
réintègre son atelier en 1976. La ligne, sous toutes ses variantes
mathématiques et ses manifestations physiques, prend une place prépondérante
dans son travail. Des toiles, succès aux États-Unis1, puis des reliefs en bois,
il passe rapidement à la sculpture. En 1983, il met en place la structure de
base de ses Lignes indéterminées. Il les réalise en acier corten et les
installe dans de nombreux espaces urbains et collections publiques, notamment à
Nice, Paris, Berlin, Tokyo, Strasbourg, Pékin, Austin, San Francisco, Musée de
Grenoble, etc.
En 1999, il réalise l'installation à
Cologne d'une sculpture 4 Arcs de 235,5 °, à l'occasion du sommet du G8. Il
effectue également une commande publique pour la nouvelle université de Genève.
En 2001, il reprend un ancien projet
qu’il n’avait pu faire aboutir : l’autoportrait, très éloigné de la perception
subjective des artistes à laquelle nous sommes habitués, résultat d’un examen
médical tomodensitométrique. De même, il réactive une série de peintures sur toile
des années 1960, en choisissant des motifs puisés dans des livres de
mathématiques, mais avec une plus grande liberté formelle. Suivent les
Saturations, nouvelles toiles sur lesquelles il superpose plusieurs équations
jusqu’à brouiller définitivement leur lecture. Un concept développé aussi dans
son activité photographique ou sonore, ainsi que dans ses performances.
Les nouvelles sculptures Lignes
indéterminées de Bernar Venet annoncent une orientation nouvelle qui souligne
son penchant pour le désordre, la complexité et l’indétermination. Elles furent
exposés à Park Avenue à New York, à Shangai et également à Bordeaux (de juin à
octobre 2007).
En 2011 le sculpteur installe des œuvres
monumentales dans les jardins de Versailles et le domaine de Marly. » Wikipedia
En 1937, Albert
Prouvost perdit sa mère, montrant une fermeté d’âme que noous lui avons
toujours connus ; de 1932 à 1939, nous perdîmes Robert Motte, Félix et
Auguste Vanoutryve dans leur jeunesse et ma belle mère Vanoutryve.
1924 : peignages des USA : la
branch River Wool Combing Company et grand voyage aux Etats-Unis.
« Voyage d’Albert, Rita, Marguerite,
Albert-Auguste et Madame Vanoutryve : visite du chantier de l’usine de
Woonsocket,chutes du Niagara, Detroit et les usines Ford, Chicago et les abattoirs,
Colorado Springs et Buffalo Bill, denver et le Pikes Peak, Le grand canyon de
l’Arizona, Salt Lake City et les mormons, San Francisco, Santa Barbara, et son
tremblement de terre deux jours avant de passer, Hollywood et ses studios
(Marguerite obtient un autographe de Charlie Chapplin), le Texas, la Nouvelle
Orléans, Washington et la Maison Blanche, Philadelphie et New-York, Manhattan,
l’ascenseur de l’Empire State, retour par « l’Ile de France » au
Havre.
Chaque année de 1924 à la guerre, nous allions
par mer pendant trois semaines à Woonsocket et Boston, profitant de l’été
indien.
En 1928, voulant aller à Rome, nous descendons toujours plus au sud pour trouver le soleil et arrivâmes en Tunisie : une histoire à Palerme est relatée (anonymement) par Paris Midi (le journal de Jean Prouvost et fait allusion à la jeune Marguerite Prouvost à la villa Igéa de Palerme où passait la famille royale d’Angleterre, George V et la princesse Mary; une photo de groupe devant être pris, on s’aperçoit qu’il manque une fleur à la booutonnière ; « Une jeune fille française, fraiche de ses dix-huit printemps s’es aperçut, cueillit dans le jardin de la villa la plus belle fleur qu’elle put y trouover, puis, toute émue, le cœur battant, s’avança vers le roi et lui offrit ».
« FIGARO. LUNDI 28 JUILLET 1930, LA SAISON DE VICHY : Relevé
parmi les dernières arrivées au Royal Picardy : Comte et comtesse Georges Potocki, M. Louis
Strauss, M. et Mme Seymour Oppenheimer, Mrs E. G. Burnham, Mrs Beatrice Bates,
comte de Wharncliffe, M. Ortiz Basuàldo, M. José Demaria, M. et Mme Bustillo,
lord Marshall, sir et lady Holmden, général G. Palmer, marquis et marquise de
San Carlos, sir et lady Gomer Berry, sir John et lady Latta, marquis de
Valdereille, M. et Mme Albert Prouvost, comte de Fleurieu, prince Serge Divani,
comtesse Almassy, comte Gaston de Cessac- Reinach, M. Enrique Corcuera,
comtesse de Lamotte, M. et Mme André Pereire, baron Nicolas de Gunsbourg, lord
Newborough, M. et Mme Léon Rénier, comte et comtesse de Giorgio, lord Peter
Malcolm Lovelace, Mr C. Bishop, sir Charles Lyle, M. Levine, baronne Lucie de
Polnay, M. et Mme Albert Duffy, etc. »
En mai 1937, Jacques et Marguerite Segard
louèrent la villa Machiavelli près de Florence, sur la colline de Fiésole, avec
jardin plein de fleurs et de nombreux bustes de macchiavel. ; hélas, la
demeure devint un noviciat des jésuites et perdit de son charme.
Juste après la guerre, nous voulumes
reprendre contact avec la Branch River et Prouvost-Lefebvre-Boston ; Rita
demeura au Vert Bois avec les deux enfants et nous partimes,, Anne, Albert et
moi vers Lisbonne puyis primes l’avion, depuis peu de temps ouvert à un usage
civil. Pour finir, noous partimes, non plus par hydravion, mais par
avion ; je rentrais par le queen Elisabeth tandis qu’Anne et Albert
ppoursuivirent (par avion) vers la Colombie
et le Brésil.
Héritant du
vert-Bois et des terres de l’époque des Wazières, Albert-Eugène refit la maison
en ne gardant que l’architecture extérieure. Par les architectes Henri
Jacquelin et Jacques Régnault et la Maison Jansen et surtout Stéphane Boudin.
Hélas, la guerre fut déclarée et le chantier fut stoppé.
Comme en 14-18, nos usines furent arrétées par manque de laine. ;
nous fimes le maximum de résistance passive, aidé dans toute la mesure possible
l’armée clandestine . En mars 1941, nous achetâmes à l’écossais Crawford
le domaine de Pibonson.
Pendant les quatre ans de guerre, nous avons lutté pied à pied pour faire
échec à la main mise teutonne. Nos sociétés ont constamment refusés à remettre
les listes nominatives réclamées avec insistance et menaces par l’ennemi ;
nous avons, au contraire, fait travailler avec de fausses cartes d’identité, de
nombreux réfractaires. Des laines soustraites aux allemands ont permis à la
Lainière d’équiper en chadails, sous-vètements et chaussettes les 1200 premiers
combattants du maquis de l’Isère et d’ahbiller complètement 400 enfants de
fusillés. On imprima plusieurs centaines de tracts à plusieurs exemplaires
portant instructuions de combat pour différents groupes régionaux des forces
françaises de l’Intérieur.
Entre 1945 et 1955, Rita et moi avons fait
chaque année presque toujours par avion aux USA, deux en 1946 et 1950 en
Amérique du Sud (Colombie, Brésil, Argentine, Uruguay). Et un en Afrique du Sud
en 1949. Les Jacques Segard et les Albert Auguste Prouvost en réalisèrent de
plus nombreux encore.
«Collectionner-cet
hommage au passé- m’a toujours valu de profondes
satisfactions. Réunir peu à peu un bel ensemble de
meubles, de tabelaux, de
bibelots, c’est participer à l’époque
où ils furent créés, à la vie même de
leurs auteurs. Les grands artistes ( peintres, musiciens,
écrivains) se sont
constamment renouvelés. Il est du plus haut intérêt
de suivre la transformation
de leur génie. »

(Roubaix, Nord, 24 avril 1885- (Yvoy-le-Marron, 18 octobre 1978), est un industriel et patron
de presse français.
Né dans une famille
d’industriels du Nord, fils d'Albert-Félix Prouvost, président du Tribunal de
Commerce de Roubaix, et de Marthe Devémy, Jean Prouvost reprend l’entreprise
familiale (peignage Amédée Prouvost) qu’il enrichit et transforme. Il crée
ensuite l'entreprise de filature La Lainière de Roubaix, qui se situe
rapidement au premier rang de l’industrie textile européenne.
Après
Durant
Pendant
l’Occupation, deux Paris-Soir coexistent :
celui de Paris, désavoué par Jean Prouvost et ses
collaborateurs soutient la collaboration, tandis qu’un autre
paraît à Lyon,
à la ligne équivoque, et qui finit par se saborder.
Durant cette période, Jean
Prouvost se fait détester aussi bien par le régime de
Vichy que par la Résistance.
 la Libération
il est frappé d’indignité nationale,
mais
Après
cette date, Jean
Prouvost entreprend la reconstruction de son empire démantelé à la
Libération
(Paris-Soir, devenu France-Soir, ne lui
appartient plus). Match renaît sous le nom de Paris-Match ce Paris fut
rajoute a Match par Paul Gordeaux premier redacteur en chef du
magazine et Marie-Claire reparaît
en 1954. En 1950,
le groupe Prouvost-Béghin
rachète la moitié des actions du journal Le Figaro. En 1960,
Jean Prouvost achète Télé 60 dont il fait Télé 7 jours, journal de
télévision qui
connaît un énorme succès (3 millions d’exemplaires en 1978),
tandis que décline Paris-Match, magazine
illustré concurrencé par l’audiovisuel.
En 1966,
Jean Prouvost s’intéresse à la radio et entre pour une part importante dans le
capital de Radio-Télé-Luxembourg.
À
partir de 1970,
l’empire Prouvost entre dans une période de difficultés. En juillet
1975, Le Figaro est vendu à Robert Hersant, tandis qu’en juin 1976,
Télé 7 jours passe au groupe Hachette, Paris-Match est repris par le
groupe Filipacchi et France Soir par Opera Mundi. À la mort de Jean
Prouvost,
survenue en octobre 1978,
seules les publications féminines restent dans sa famille.
Il avait
épousé Germaine Lefebvre.



Elle est élevée par sa mère et par le second mari de celle-ci,
le futur préfet Jean Chiappe, ce qui la met au contact des milieux politiques.
Jolie, indépendante, elle épouse Horace de Carbuccia et elle passe pour être
une des femmes les mieux habillées de Paris. Le salon des Carbuccia, avenue
Foch, est pour longtemps l'un des plus courus de Paris. Les Carbuccia reçoivent
aussi à la Grande Pointe, résidence située à Sainte-Maxime sur la Côte d'Azur.
Les soubresauts de la vie politique l'amènent à côtoyer tant les
milieux mondains que les gangsters corses. Parallèlement elle commence une
activité d'adaptatrice de théâtre.
À la fin de la guerre son mari qui a continué à publier
Gringoire s'exile. Progressivement Adry rouvre son salon qui n'a plus
l'importance d'antan et se trouve marqué à l'extrême droite. En même temps elle
débute une activité de productrice de films destinés au grand public dont
certains seront de grands succès.
Après le décès de son époux, Adry de Carbuccia a continué à
recevoir d'innombrables célébrités, même durant les années quatre-vingt. Ainsi
sur près de six décennies le salon des Carbuccia aura accueilli entre autres:
André Tardieu, conseiller de Clemenceau; l'inquiétant mais talentueux Pierre
Drieu la Rochelle, Georges Mandel, ministre de l'Intérieur; Tino Rossi, le
rossignol corse; Louis Ferdinand Céline, Jean Cocteau, Maurice Clavel, Colette,
André Maurois, François Mauriac, Édouard Herriot, Joseph Kessel, Raymond
Poincaré, Florence Gould, Randolph Churchill, fils de Winston Churchill, Jean
Prouvost, propriétaire de France-Soir, Lady Dasy Fellowes, Charles Verny,
Bertrand de Jouvenel, Maxime Real del Sarte, Suzy Solidor, le docteur Robert
Debré, Antonio Zuloaga auteur et fils du peintre Ignacio Zuloaga, la cinéaste
attitrée du Troisième Reich, Leni Riefenstahl, l'ambassadeur d'Allemagne, Otto
Abetz, Charles Maurras, le comédien Michel Simon et le peintre André Dunoyer de
Segonzac.
Témoin actif d'un monde disparu, elle écrit dans la préface de
ses mémoires : « J'ai rencontré nombre d'écrivains, romanciers ou poètes, de
soldats, caporaux ou maréchaux, d'hommes politiques de toutes tailles, quelques
mauvais garçons, un fort contingent de princes, une poignée de dictateurs et
même un roi. » Wikipedia
Présidente du groupe Marie
Claire,

« Le
Groupe Marie Claire est un groupe de presse magazine français qui est détenu
(janvier 2004) à 58 % par la famille Prouvost (Holding Evelyne Prouvost) et à
42 % par Hachette Filipacchi Médias. La société est née en 1976, suite à la
disparition du groupe de presse Prouvost, créé par l'industriel et homme
politique Jean Prouvost. En France, le groupe Marie Claire édite notamment les
magazines féminins Marie Claire et Cosmopolitan (édition française). C'est un
groupe familial à dimension internationale véhiculant, au travers de ses
magazines et sites en France et de ses 70 éditions dans le monde, des valeurs
humanistes conjuguées au féminin. Depuis sa création, le Groupe Marie Claire a
capté et accompagné les grandes tendances et aspirations des femmes. Capital :
58% famille Prouvost | 42% Lagardère Active | Effectif : 500 salariés | CA :
237 millions € | Résultats : 21 millions €
Une puissance en France
Presse : 25 millions d'exemplaires vendus chaque
année en France 8,2 millions de
Lectrices chaque mois
Près d'un million de
lectrices PREMIUM Hauts Revenus
Web : 5 millions de VU 62 millions de PAP
Magazines : Une puissance a l'international 53 millions d'exemplaires vendus chaque
année
21 millions de
lectrices chaque mois
Groupe Prouvost
1885 (24 avril) : naissance
de Jean Prouvost, petit-fils d'Amédée Prouvost, important patron du textile
dans le nord de la France au XIXe siècle soutenu par le groupe sucrier Béghin.
1911 : création de
l'usine de filature La Lainière de Roubaix sur la commune de Wattrelos. Pillée
pendant la Première Guerre mondiale, la production reprend en 1919. Jean
Prouvost profite des réparations de guerre pour moderniser la production et
s'implanter aux États-Unis et en Tchécoslovaquie.
1924 : rachat du
quotidien Paris-Midi.
1927 : création de la
marque de laines Pingouin.
1930 : rachat du
quotidien Paris-Soir, créé en 1923, transformé en « grand quotidien
d’informations illustrées ». En 1934, les ventes dépassent le million et demi
d'exemplaires.
1937 : création du
magazine Marie Claire (hebdomadaire). Paris Soir consacrait déjà certaines de
ses rubriques au lectorat féminin. En 1939, Marie Claire se vend à 900 000
exemplaires.
1938 : rachat du
journal sportif Match, transformé par son premier rédacteur en chef Paul Gordeaux
en « hebdomadaire de l’actualité mondiale ».
1940 : Jean Prouvost est nommé ministre de
l'Information du gouvernement Paul Reynaud (du 21 mars au 16 juin) puis
haut-commissaire à la Propagande (19 juin au 23 juin).
1942 : Marie Claire cesse de paraître à
cause de l'occupation allemande de la France. Paris Soir continue de paraître
en Zone libre jusqu'en 1943. En Zone occupée, l'armée allemande continue de
faire publier le journal jusqu'en 1944. À la Libération, le quotidien sera
fermé, comme tous les titres parus pendant l'occupation !
Après la Seconde Guerre
mondiale
1944 : création de Marie France.
1949 : création de Paris Match, par Paul
Gordeaux son premier rédacteur en chef. Ce nouveau magazine hebdomadaire
prenant la suite de Match qui était le supplément sportif de l'Intransigeant,
s'impose peu à peu : en 1957, il atteint 1,8 million d'exemplaires vendus.
Sachant tirer profit de l'intérêt des lecteurs pour la télévision (une rubrique
sur les indiscrétions des vedettes du petit écran est créée en 1959), le
magazine atteindra les 3 millions d'exemplaires en 1964, la plus forte vente
des hebdomadaires de cette époque.
1950 : rachat du Figaro.
1954 (octobre) : Marie
Claire réapparaît sous forme de mensuel. Le tirage de 580 000 exemplaires du
premier numéro est entièrement vendu. La presse féminine, qui échappe aux
dispositions restrictives des « ordonnances de 1944 », est en plein essor avec
Marie France (1944) et Elle. Elle passe de 4,4 millions d'exemplaires en 1955 à
six en 1959. Six des 12 publications qui dépassent le million d'exemplaires en
1960 sont des féminins.
1960 (mars) : création
de Télé 7 jours, qui succède à Télé-60, en association avec Hachette. Sous la
direction de Paul Lazareff, l'hebdomadaire de presse de télévision atteindra le
million d'exemplaires vendus en décembre 1963, puis les deux millions en 1965,
pour devenir le plus fort tirage de la presse française en 1987 (3,2 millions).
1966 : rachat de RTL.
Jean Prouvost en devient administrateur délégué. Pour enrayer le vieillissement
de son auditoire, la station change de style et d'animateurs et concurrence
Europe 1 à partir de 1968, avant de devenir la première radio française en
1982.
1969 : création de
Parents.
1972 : lancement de
l'édition française de Cosmopolitan sous licence de la Hearst Corporation.
Groupe Marie Claire
1976 : l'endettement
du groupe contraint Jean Prouvost à se retirer et à céder tous ses titres, à
l'exception des magazines féminins, regroupés au sein du groupe Marie Claire.
Le Figaro est cédé à Robert Hersant, le reste du groupe Prouvost à Hachette.
1977 : L'Oréal entre
dans le capital du groupe Marie Claire. Le groupe cosmétique détiendra jusqu'à
49 % de Marie Claire.
1978 : décès de Jean
Prouvost.
1993 : vente de
filature La Lainière de Roubaix. Fermeture au début des années 2000.
2000 (décembre) :
Marie-Laure et Évelyne Prouvost acquièrent 17 % du capital du Groupe Marie
Claire mis en vente par leur demi-sœur Donatienne de Montmort. À l’issue de cette
opération, les petites-filles du fondateur sont actionnaires majoritaires avec
51 % du capital.
2001 : L'Oréal cède sa
participation à la holding Évelyne Prouvost qui en revend l'essentiel à
Hachette Filipacchi Médias. La famille Prouvost détient alors 58 %, contre 42 %
pour HFM.
2004 : Évelyne
Prouvost, PDG du groupe, cède sa place à son fils Arnaud de Contadés.
Titres édités en France
Presse féminine
Avantages, mensuel
créé en 1988
Cosmopolitan, mensuel
lancé en 1973 (version française du magazine américain qui compte 55 éditions
dans le monde).
Famili, mensuel créé en 1993
Marie Claire, mensuel créé en 1954, 35
éditions dans le monde.
Marie Claire 2,
semestriel créé en 2005
Marie Claire Enfants,
créé en 2010
Marie France, mensuel
créé en 1944
Votre Beauté, mensuel
créé en 1933
ENVY, hebdomadaire
crée et arrêté en 2010 suite à sa fusion avec "BE"
Marie Claire Maison,
bimestriel créé en 1967
Marie Claire Idées,
trimestriel créé en 1991
100 Idées Jardin,
bimestriel créé en 1999
100 Idées Déco,
bimestriel crée en 2009
Cuisines et Vins de
France, bimensuel créé en 1947.
La Revue du vin de
France, mensuel créé en 1927.
La Revue vinicole
internationale
Mariages, trimestriel
créé en 1960.
Titres disparus
Mods, parution
suspendue en 2004.
Envy, parution
suspendue en 2010
Vente par correspondance
La boutique Marie Claire appartient au Groupe Marie Claire et
commercialise plus de 1000 produits et livres dans les domaines des loisirs
créatifs, de la cuisine et du vin, de la beauté, de la décoration, du jardin,
de la famille et de la mode. Elle distribue également les célèbres trousses
Votre Beauté. Les produits sont sélectionnés par les magazines du groupe :
Marie claire, Marie Claire Idées, Marie Claire Maison, Avantages, Votre Beauté,
Cuisine et Vins de France, La Revue du Vin de France, 100 idées déco, Famili…
et sont commandables via des pages publiées dans les différents magazines du
groupe, comprenant une sélection de produits et un bon de commande à renvoyer
par courrier. Il existe 2 autres façons de commander : un site de e-commerce
avec paiement sécurisé http://www.boutiquemarieclaire.com , mais aussi par
téléphone. Pour promouvoir son activité, la boutique déploie des stratégies de
marketing direct : deux catalogues par an, plusieurs e-mailing par mois, des
mailings papiers, des partenariats... et possède un groupe sur Facebook.
Massin.fr est un deuxième site de e-commerce permettant l'achat
de livres des Éditions Massin et de l'indispensable collection des plans de
Paris et de l'Ile de France.
Titres édités à l'étranger
Depuis 1982, le groupe décline ses magazines à l'international
en nouant des alliances avec des groupes de presse implantés localement.
Marie Claire (35 éditions) : Afrique du Sud
- Arabie Saoudite - Australie - Belgique - Brésil - Chine - Colombie - Corée -
Emirats Arabes Unis - Espagne - Estonie - Etats-Unis - France - Grèce - Hongrie
- Hong Kong - Italie - Inde - Indonésie - Koweit - Malaisie - Mexique - Pays
Bas - Porto Rico - République Tchèque - Roumanie - Royaume-Uni - Russie -
Suisse - Syrie - Taïwan - Thaïlande - Turquie - Ukraine - Venezuela
Marie Claire Maison (5 éditions) : France,
Corée du Sud, Italie, Turquie, Taïwan
Marie Claire 2 (7 éditions) : Belgique -
France - Hong Kong - Italie - Pays Bas - Taïwan - Turquie
Marie Claire Beauté (4 éditions) : Brésil,
Espagne, Italie, Mexique
Marie Claire Enfants (2 éditions) : France
- Italie
Marie Claire Travel (1 édition) : Italie
Marie
Claire Bis Shopping (1 édition) : Italie
Marie Claire Idées (1 édition) : France
Les autres titres du
Groupe à l'international[modifier]
Votre Beauté (4 éditions) : France - Grèce
- Ukraine - Liban
Mariages (3 éditions) : France - Grèce –
Turquie
René Toussin
époux de Suzanne Prouvost
Ont
lié leur nom à une cloche faisant partie du carillon de l’église
Sainte-Catherine de Lille et réalisée en
1931 par Charles Wauthy (fondeur à Douai), dédiée à Sainte Catherine, patronne
de la paroisse et elle sonne le do dièse.dimensions pds = 220 ; d 70 ; Cette cloche est ornée de motifs végétaux
stylisés qui sont cantonnés dans de fins bandeaux parallèles à chaque extrémité
de la cloche. restaurée en 1998. Dédicace (en relief, sur l'oeuvre) ; inscription
concernant le titre (en relief, sur l'oeuvre)
Inscription placée sur le cerveau de la
cloche : "(...) On me nomme
Catherine Lucie Je suis dédiée à Sainte Catherine patronne de cette paroisse Je
donne la note DO DIEZE J' ai été bénite
en 1931/Parrains M. le Comte André Houzé De L' Aulnoit M. René Toussin-Prouvost
M. Frédéric Descamps-Wallaert Marraines Mme la Baronne Raoul Des Rotours Mme
Alfred Masse-Pollet Mme Pierre Lorthiois-Houzé De L' Aulnoit".
Hervé Poulain


Hervé
Poulain est
commissaire-priseur depuis 1969. Il a épousé Isabelle
Prouvost, petite fille de
Jean Prouvost.Figure familière du monde de l’art, Il
orchestre avec brio et
esprit des ventes de toutes spécialités depuis plus de
trente ans. C’est en
mêlant ses deux passions, l’art contemporain et la vitesse,
qu’il a inventé le
concept de « Art Cars » : Lors de ses onze
participations aux
24h du Mans il a confié la décoration de ses voitures
à des artistes de renom
comme Calder, Lichstenstein, Stella, Arman, Warhol ou César. Il
fait autorité,
entre autres, sur le marché des Automobiles de collection et du
Design. Hervé Poulain est le Président fondateur du SYMEV
(Syndicat National des Maisons de ventes aux enchères) et du
CNMA (Conseil
National du Marché de l’Art). Il est associé de la
maison de
commissaire-priseur Artcurial au Rond-POint de Paris .
François Dalle
avait contribué à créer Artcurial. Hervé
Poulain est aussi l’auteur de cinq
ouvrages dédiés à l’art : L’art et
l’automobile (1973), Un siècle de peinture française (1976), Une collection d’avance (1986), L’art, la
femme et l’automobile (1989), Mes Pop Cars (2006).
Portraits de
Musiciens, Collection Isabelle Prouvost –Drouot-Richelieu December 1992 auction
catalogue Berlioz : 1865 ; Painting by Melchior Blanchard – 1865
This painting has been reproduced from a copy of an auction catalogue dated
1992 and entitled, "Portraits de Musiciens, Collection Isabelle
Prouvost"; it is in our own collection (see below). The painting is lot no. 52 in the catalogue.
Le
football ; La concurrence entre la municipalité socialiste et les
industriels gagne même les installations sportives. Anticipant sur le parc
municipal des sports, Albert et Jean Prouvost inaugurent le stade
Amédée-Prouvost, qui s’installe dans le quartier du Crétinier à la limite entre
Roubaix et Wattrelos, à la sortie immédiate des établissements et filatures
Prouvost. Le stade comprend des terrains de football, de basket-ball et de
tennis, des pistes de courses à pied et des salles de jeu. Le pavillon des
sports, de style anglo-normand accueille le club, les salles et les vestiaires.
Son inspiration témoigne à nouveau de l’influence anglo-saxonne et de
l’obsession d’égaler la puissance industrielle britannique, pourtant alors en
plein déclin. Les équipements sportifs s’intègrent dans un projet social et
urbain : la cantine et les installations sanitaires des établissements
Prouvost, le stade et une cité ouvrière qui accueille les ouvriers et leur
famille.Le parc des sports et le stade Amédée-Prouvost participent de la même pensée
sociale : l’amélioration de la condition ouvrière passe par la réforme de
l’environnement urbain. Néanmoins, alors que le parc des sports est voué aux
sports de masse, le stade Amédée-Prouvost est dès l’origine, le stade du
Football Club de Roubaix, qui fusionne en 1928 avec l’équipe de Tourcoing pour
former l’Excelsior Athletic Club de Roubaix l’une des grandes équipes
professionnelles de l’entre-deux-guerres. Le sport spectacle assoit la
réputation des établissements industriels.


L'histoire
du C.O.R.T.
C.O.ROUBAIX-TOURCOING
Roubaix a
été de tous temps une grande ville de football. Le XX éme siècle n'était pas
encore né qu'elle accueillait déjà deux clubs : Le Racing Club de Roubaix
(R.C.R.) et le Stade Roubaisien. Roubaix allait s'illustrer pendant plus d'un
demi-siècle sur la scène du football national et international. En mai 1952 le
C.O.R.T. battait l'Atlético de Madrid 3-1 devant 55000 spectateurs médusés.
Mais depuis longtemps déjà le football Roubaisien a quitté l'élite. Le C.O.R.T.
est le dernier club de haut niveau ayant évolué à Roubaix. Aucun ouvrage, aucun
site internet ne lui était consacré jusqu'à présent. Il m'est apparu nécessaire
de réparer cet oubli. André MONDIN
Le club
Olympique de Roubaix-Tourcoing (C.O.R.T.) est né en 1945 de la fusion de trois
grands clubs : le Racing Club de Roubaix, l'Excelsior de Roubaix et l'U.S
Tourcoing. À cette époque, au lendemain de la guerre, Albert Prouvost patron du
peignage Amédée Prouvost (propriétaire du stade) contacte Robert Motte,
président du Racing club, son vice-président Georges Verriest ainsi que Charles
Van de Weegaete de l'U.S Tourcoing et son vice-président Ernest Lefèvre. La
fusion entre les trois grands clubs ne se fit qu'au niveau des équipes
premières. Le premier président du C.O.R.T. fut Albert Prouvost, Jacques
Roussel lui succédant, Albert Prouvost fit alors partie du comité le marquant de son
influence. Le vice-président Georges Verriest appela à ses côtés Pierre Brun
(ex équipe fédérale 1943-44 Lille Flandre) en tant que directeur sportif. Les
premières saisons de 1945 à 1947 se jouèrent à tour de rôle sur chaque terrain
(Amédée Prouvost de l'Excelsior, parc Jean Dubrule du R.C.R., stade Charles Van
de Weegaete de l'U.S.T.). Ce n'est que lors de la saison 1947-48 que les matches
eurent lieu au stade Amédée Prouvost. Le C.O.R.T. prit un départ tonitruant
dans le professionnalisme : 3ème en 1946, champion de France de première
division en 1947 avec les célèbres joueurs Julien DARUI (gardien de but de
l'équipe de France), Henri HILTL, Jacques LEENAERT, Roger GRAVA, Stanislas
SUMERA, Marceau STRICANNE.... pendant dix ans le C.O.R.T. marqua le championnat
de France avec notamment Lazare GIANESSI, Michel FRUTOSO, Roger BOURY, Jacques
DELEPAUT, Georges SÉSIA, Jean LECHANTRE, Jacques BOHÉE, Jules CLAESSENS,
Richard DESRUMAUX.
Pendant
la saison 1954-55, les résultats furent médiocres et le C.O.R.T. termina
dernier. Ce furent ses adieux à la première division au grand regret du public
de ROUBAIX, de TOURCOING et de WATTRELOS qui gardait la nostalgie des grands
matches d'avant-guerre. Le C.O.R.T. évolua ensuite en 2ème division de 1955 à
1963 réalisant des performances moyennes. À la fin du championnat 1962-63, le
comité directeur décida l'abandon du professionnalisme et le club continua avec
un statut amateur jusqu'en 1970. Le C.O.R.T. disparaissait le 15 juin 1970 et
repartait sous le nom d' Excelsior de Roubaix A.C.
Le stade
: Stade Amédée Prouvost à Wattrelos ; Siège social : café de la mairie,
12, rue Maréchal-Foch à Roubaix
Couleurs
habituelles : Maillot blanc à chevrons noir et rouge, culotte noire, bas
rouges, revers noirs.


Albert-Auguste
Prouvost, né à Roubaix le 5 juillet 1909, obtint
Sa licence de
lettres à la faculté de Lille
et passa une
année à l’Université d'Oxford ; n’arrivant pas à se faire inscrire quinze
jours avant la rentrée, il invoqua ses tites de champion du Nord de course à
pieds sur 100 m, et inter-régional de saut en longueur.. Il porta les couleurs
(la cravate bleue) d’Oxford contre Cambridge
et fut classé second à la grande fierté de ses parents.
Il devint élève
officier à Saumur et en sort aspirant et est affecté au commandement d’une
section sanitaire autre en 1916).
II préside le
Peignage Amédée Prouvost, fut vice-président de La Lainière de Roubaix, gérant
de Prouvost et Lefebvre, membre du conseil de surveillance de Prouvost et Cie
et administrateur de la Société du Figaro.
Il a épousé le
14 juin 1941, Anne de Maigret, fille du comte Bruno de Maigret, proche parent
du comte Bertrand de Maigret, le conseiller de Paris, gendre du prince Michel Poniatowski, ministre
d'Etat et de l'Intérieur du gouvernement Chirac qui devinrent de réels amis. De
son mariage, Albert Prouvost a cinq enfants: Albert-Bruno, Nathalie, épouse de
Guillaume de Chazournes, Ghislain, Olivier et Laetitia.
Albert-Auguste
Prouvost est le fils d’ Albert- Eugene Prouvost, Frère de Jean Prouvost ;
il a longtemps participé à la direction des entreprises familiales.
Albert-Auguste
avait 31 ans en 1940 et se trouva pour les raisons de guerre à l’Ile au
Moines : sur un bateau reliant Vannes et l’Ile, il se trouva à coté d’une
très jeune fille : Anne de Maigret. Très vite, il fut question de
fiançailles avec la bénédiction de marie Madeleine Lorthiois qui connaissait
très bien Ghislain de Maigret et son frère Bruno. On reçut les Maigret rue
Barbet de Jouy ; Anne fut présenté, dans le Nord à la famille et aux
collaborateurs. Le mariage civil eut lieu à Epernay et la carémonie en l’église
Saint François Xavier le 21 juin 1941 ; le seul voyage de noces ppossible
en pleine guerre fut la Côte d’Azur où il passèrent par Pibonson. ; puis
installation du jeune ménage dans une charmante demeure à Marcq en Baroeul.
En octobre 1942,
Jacques et Marguerite Segard partent six mois en Amérique du Sud.

Quelques
citations d’Albert-Auguste Prouvost
« Toujours
plus loin »,
mémoires
écrits en 1992,
éditions de
Petit garçon révolté contre «les courées», je suis devenu un jeune
industriel, à la fois héritier d'une tradition et convaincu de la nécessité
d'innover. Car loger le personnel a toujours été l'un des soucis des patrons du
textile du Nord. Cette préoccupation répond a la fois aux exigences humanitaires
chrétiennes dont les grandes familles se réclament et aussi a une nécessités
économiques. p75
Les relations entre les « Chtimis » et l’occupant étaient
pratiquement inexistantes. On trouvera peu de collaborateurs chez nous et le
seul connu dans notre entourage partit vivre a Paris pour éviter les affronts
de ses anciens amis et de sa famille.
L'habitude des invasions maintenait une distance glaciale entre les Allemands
et les gens du Nord au point même d’empécher une hostilité apparente : on
« les » ignorait. P.66
Pour ne citer que le cas de ma famille (il y en eut beaucoup
d'autres), mon arrière-grand-père Amédée Prouvost avait fait construire sous
le Second Empire des habitations si
remarquables que Napoléon III et 1'impératrice Eugénie visitant en 1867 nos
usines de Roubaix demandèrent à voir ces « jolies maisons » dont on leur avait
vanté l’existence.
« Si quelqu'un, après ma mort, veut rappeler mon souvenir,
peut-être pourrait-il, dans un des squares de nos nouveaux quartiers, poser une
plaque très simple, cachée dans un coin de verdure. Si un jour, des enfants, au
milieu de leurs jeux, venaient à le découvrir, ils y liraient, auprès de mon
nom,
un seul titre - le plus beau pour moi - « fondateur du CIL». P 86
Ma femme et moi, avons été de vrais voyageurs non seulement par le
nombre de nos périples mais surtout par la curiosité de l’inconnu qui nous
animait et l’indifférence que nous ressentions à l’égard du luxe et du confort
dans nos déplacements. P 123
Aux cérémonies officielles qui accompagnent généralement la remise
d'une telle décoration, je préfère un petit diner de famille au Vert-Bois ou,
seuls, oncles, tantes et cousins sont convies. Parmi ces derniers, Antoine
Masurel qui, je l'ai déjà dit, en début de livre, échappa au massacre et à
l’épuisement des prisonniers du dernier train de Loos et revint des camps de
concentration nazis. Commandeur de
Préface par Maurice Schumann, de l’Académie française :
S'il me fallait résumer par une devise la longue et trop courte vie
d’Albert Prouvost, je choisirais le mot d'ordre que Charles Péguy se proposait
a lui-même : «porte toi sur demain ! ». Instinctivement fidèles a sa mémoire,
ses amis mêlent le nom d’Albert a leurs entretiens, non certes sans regret, mais
sans nostalgie. Ils auraient l'impression de le méconnaitre en ne parlant de
lui qu’au passe. Pour eux, la fin de son existence n'a pas marque le début de
son absence. Même s'ils vont a sa rencontre pousses par un souvenir, c'est du
présent qu'ils croient lui parler et, si son ombre leur répond, c’est en les
interrogeant sur le futur. II était de ces hommes dont la main n'ouvre le livre
de la vie que pour en tourner les pages.
Cette première impression en recouvre une autre, moins bien cachée
: chacun savait que la trame de la vie d' Albert était un parfait amour; sur ce
privilège, mérité et visible a l'oeil nu, il n'avait rien a nous apprendre;
mais l'invulnérabilité d'un sentiment réciproque ne s'accompagne pas toujours
d'une entente de chaque instant; or, en suivant « les Albert» (comme on les
nommait parfois) tout au long d'un demi-siècle, on a l'impression qu'ils n'ont
pas cesse d'avancer 'la main dans la main. Cette harmonie préétablie transforme
deux époux en
Compagnons d'éternité. Albert Prouvost n'a pas eu le temps
d'achever tout a fait son récit; Anne de Maigret F';n. conduit a son terme sans
effort, comme s'il avait été leur œuvre commune depuis sa première ligne. Une
autobiographie tire, a l'instar de tous les livres, sa valeur de ce qui fait
son unité, révélée par son style; l’écriture de ces mémoires posthumes est
limpide et soutenue par une fermeté que la maladie n' a pas entamée; chaque
lecteur percera le secret de cette réussite : l' ouvrage est le reflet d'un
bonheur initia! Sur lequel les vagues amères qui n'épargnent aucune existence
ont déferlé sans jamais le recouvrir.
Mais est-ce seulement pour ceux et surtout pour celle qui 1'0nt
escorte dans ses voyages sur la terre qu'un homme de mouvement et d'action
sentant sa fin prochaine s’est assis, la plume a la main, devant une feuille de
papier blanc ? Plus les pages se succèdent, plus nous sentons la présence d'un
troisième dédicataire qui s’appelle le Nord et n’est ni le moins présent, ni le
moins souffrant, ni Ie moins aime. Quand Michelet définissait
La lecture des mémoires d’Albert m’a révélé qu'un sang noble
coulait dans ses veines; je l'ignorais quand, devant sa tombe encore ouverte,
j'ai salue le départ d'un seigneur, généreux avec magnificence, qui ne
rougissait ni d'habiter une demeure historique parce qu'il avait consacre au
logement social des années d'imagination créatrice, ni d’avoir transforme sa
maison familiale en musée parce qu'il l’avait ouverte a tous. Quand
Maurice SCHUMANN de I: Académie Française

Famille Prouvost:
Une dynastie d’industriels de la laine
" Fidèles à une tradition qui remonte au XVe siècle,
Albert-Auguste Prouvost a dirigé près de soixante ans une entreprise
roubaisienne parvenue en quelques générations numéro un mondial
Riches heures de cette famille de lainiers.
Sa Majesté .Elisabeth II écoute, attentive, les
explications techniques de l'industriel. En 1957, au Peignage Amédée Prouvost a
Roubaix, la venue de la souveraine est un événement. Sa visite a la grande
usine textile a été prévue de longue date. Elle figure en bonne place dans le
.programme des quatre jours de son voyage officiel en France. Albert-Auguste
Prouvost guide les pas de la Reine a travers les ateliers. II ressent une
légitime fierté. Plus de cent ans auparavant, son arrière-grand-père avait crée
l'entreprise. En 1867, ce dernier y avait reçu l'empereur Napoléon III et
l'impératrice Eugénie. ,
«Mon époux avait le culte de cette affaire de famille,
raconte Anne Prouvost. Sous sa direction, elle est devenue un important groupe
international. La cession des parts familiales de la société en 1988,
survenant peu de temps après le décès accidentel de notre fils Albert-Bruno, a
été pour lui un moment douloureux.» C'est la fin de toute une dynastie de
lainiers ... Les Prouvost sont en effet depuis longtemps solidement, enracines
dans le Plat Pays.
Au XVe siècle, Jean Prouvost est seigneur de Wasquehal. II est
nomme échevin de Roubaix en 1474. La famille y est déjà connue pour faire du
négoce de laine. De génération en génération, les Prouvost font peigner,
blanchir et filer la précieuse toison. Au XVIIIe siècle, Pierre-Constantin
Prouvost est devenu un des principaux fabricants de Roubaix. Apres le 9
thermidor, il est élu maire de la ville. Mais la génération qui est à l’
origine de la grande industrie lainière est celle d’Amédée Prouvost. ."
En 1851, à quarante-deux ans, il crée une entreprise de
peignage industriel qui, un peu plus de quinze ans plus tard, emploie, déjà
sept cents ouvriers et assure une production de quatre mille tonnes par
an,.Lorsqu'il meurt en 1885, laissera ses trois fils une affaire florissante.
Le premier d'entre eux,. qui se prénomme aussi Amédée, sera le poète de la
famille. :
« 0 Cite, ton renom s'étend a l'univers.
Je veux exalter ta grandeur en mes vers », écrit-il de Roubaix,
sa ville natale.
Mains lyrique et plus près des réalités économiques, son
frère Albert dirige l'entreprise et assure la continuité de sa prospérité. De
son union avec Marthe Devémy naissent deux garçons et deux filles.
L'ainé, Albert-Eugène, continue l'entreprise familiale. Son frère Jean, dans le
même esprit industriel; crée la Lainière de Roubaix qui deviendra bientôt
la plus grande entreprise française de filature. Mais cet homme
d'exception sera surtout le grand. patron de Paris-Soir et de Match et mettra
sur pied un colossal empire de presse. Sa petite- fille Evelyne, élue femme d'
affaires de l'année en 1989, est toujours a la tète du groupe Marie-Claire.
«Mon mari avait une profonde tendresse et une réelle admiration pour son oncle
,se souvient Mme Prouvost.
«Mais évoquer le passe peut se faire sans nostalgie,
reprend-elle avec un sourire.
Née Anne de Maigret (elle compte, parmi ses ancêtres, un
comte du Saint Empire qui battit les Turcs devant Vienne en 1683;les
Chandon de Champagne, les Villeneuve de Provence et Lucien Bonaparte. Elle a
dix-huit ans lors de l’été 1941. L'année de son. mariage avec Albert-Auguste.
Malgré les restrictions, le champagne y coule à flots .
Famille oblige: son oncle Ghislain est le président de Moët et
Chandon. Le voyage de noces se passe à Mougins, dans la maison achetée à lady
Rothermere par la famille Prouvost. Le jeune couple a pour voisins et
amis les Casimir Poniatowski:
Déjouant l'approvisionnement alimentaire difficile, ces
derniers ont acheté une vache, pour le lait de leurs enfants et la princesse la
mène paitre le long des chemins ...
Retour dans le Nord de la France. «Les premières années de
notre vie commune ont été sous le signe de la guerre, soupire Anne Prouvost.
Mon mari, en marge' du maintien d'un semblant d'activité industrielle, s'était
engage dans la résistance sous le nom de Jean Bernard. Une époque difficile que
nous vivions somme toute avec l'insouciance de la jeunesse. Une grande joie
toutefois dans ces moments ternes : la naissance en 1942 de notre fils
Albert-Bruno.
Comme tous leurs contemporains, la Libération ouvre pour
Albert-Auguste et Anne Prouvost un nouveau départ dans l'existence. Ils ont des
projets a mener du temps a rattraper. «Mon mari souhaitait me faire découvrir
la vie, mondaine qu'il avait connue avant-guerre, raconte Mme Prouvost. C'est
d'ailleurs en 1945 que j'ai porte ma première robe longue»
Anne de Maigret, jeune adolescente, avait pourtant déjà approche
le monde ; en 1938, à l'occasion du premier mariage d'Eugénie, la fille de
sa tante» Marie Bonaparte et de Georges de Grèce et Danemark. Une cérémonie
grandiose. «J'avais été stupéfaite de voir que l'impératrice Zita, qui portait
sur elle une quantité extraordinaire de bijoux somptueux, était par ailleurs
vêtue d'une robe plus que modeste qui ne venait vraiment pas du grand faiseur,
raconte-t-elle. Il y avait aussi un petit garçon très mal élevé qui, pendant
toute la réception, n'arrêtait pas de me pincer et qui s'empiffrait au buffet:
c'était Philip d'Edimbourg. »
Marie Bonaparte, princesse dérange ante pour le milieu
aristocratique de l'époque, a marqué de sa personnalité beaucoup de ceux qui
1'ont approchée. Psychanalyste peu conformiste, excommuniée en raison de son
mariage avec un orthodoxe, l'ancienne maitresse d’Aristide Briand ne
correspondait guère aux critères de la bonne société dont elle était issue.
«Dans sa maison du Midi, ou avec mon mari qu'elle aimait beaucoup nous nous
rendions régulièrement, se souvient Anne Prouvost, il y avait autant de sable a
l'intérieur que sur la plage. Ma tante Marie était d'un naturel extraordinaire,
contrastant de manière étonnante avec Georges de Grèce, toujours tire a
quatre épingle. J'ai encore le souvenir de ses chaussures. Quelques que soient
les circonstances, elle les portait impeccablement cirées.»
La Méditerranée est aussi le point de départ pour de nombreuses
croisières familiales pour les Prouvost. Les époux adorent la mer. Ils achètent
un huit-mètres, le Cantabria, construit initialement pour Sa Majesté le roi
d'Espagne Alphonse XIII. Puis plusieurs douze-mètres qu'ils baptiseront chaque
fois, La Pinta, en souvenir d'un lainier de La Corogne, lointain ancêtre
d'Albert-Auguste, qui finança la caravelle de Christophe Colomb. «Nous avons eu
des passagers illustres, évoque Anne Prouvost. Le grand-duc Jean de Luxembourg
venait
Comme tous leurs contemporains, la Libération ouvre pour Albert-Auguste et Anne
Prouvost un nouveau départ dans l'existence. Ils ont des projets a mener, du
temps a rattraper. «Mon mari souhaitait me faire découvrir la vie .mondaine
qu'il avait connue avant-guerre, raconte Mme Prouvost. C'est d'ailleurs en 1945
que j 'ai porte ma première robe longue.»
Le grand-duc Jean ~ Luxembourg venait accompagne de sa' fille
Marie-Astrid, petite princesse était un marin extraordinaire. Le roi
Carl-Gustav de Suède est un vrai Viking à la barre: il se révélait a bord un
très joyeux compagnon. »
Simplicité sportive bien loin des mondanités. Mais les Prouvost
sont aussi con vies aux grands bals d'après-guerre. Elégance raffinée chez
Violette de Pourtalès au Palais rose où toutes les femmes sont parées de plumes
extravagantes. Fastes éclatants a l'hôtel Lambert, sous la houlette d'Arturo
Lopez, très lie alors avec la princesse Ghislaine de Polignac, amie d'Anne .Je
me souviens surtout du bal donne par Guy de Rothschild en 1959, dit-elle. Une
extraordinaire fête princière. Le couple offre des réceptions plus intimes dans
son appartement parisien de la rue Barbet-de-Jouy, dans le VIIe arrondissement.
Les fenêtres' s'ouvrent sur le jardin du musée Rodin : «Nous nous
efforcions de créer des tables animées en mélangeant le plus possible nos·
invites, raconte ·Mme Prouvost. J e m'y amusais plus qu'aux grandes réceptions
et il était loin de m.'être désagréable que les hommes me fassent un brin de
cour.»
Ses collaborateurs appellent Albert-Auguste, l'homme
pressé"
La vie. est loin toutefois de se passer uniquement dans un
tourbillon de fêtes et de diners. Famille d'abord : au foyer Prouvost,
Nathalie, Ghislain, Olivier et Laetitia sont nés a la suite d'Albert Bruno. Et
la bonne marche de l'entreprise accapare le plus clair du temps
d'Albert-Auguste Prouvost; «l'homme pressé», comme l'appellent ses
collaborateurs. «Dans le Nord, au moment des vœux, chacun a coutume de se
souhaiter de la santé, de l’ouvrage", sourit Anne Prouvost: croyez-moi,
mon mari avait en effet bien besoin de sa robuste sante de sportif pour mener a
bien les taches qui lui incombaient.
Le versant plaisant de cette vie trépidante d'homme d'affaires
reste malgré tout les voyages. Contacts commerciaux, contrats, implantations
d'usines, le patron de la société Prouvost sillonne sans cesse les cinq
continents. Son épouse l'accompagne toujours. «Nous avons été de vrais
voyageurs, explique Mme Prouvost. Pas seulement par le nombre extravagant de
nos périples à l'époque ou se déplacer était encore une aventure, mais aussi
par l'insatiable curiosité qui nous animait.». Albert-Auguste Prouvost entend
aussi mener sa carrière d'industriel sans égoïsme : il n'a de cesse que
d'amé1iorer le niveau de vie des plus défavorisés. Le logement est son cheval
de bataille.«J'étais un petit garçon révolté par les "courées",
écrit-il dans ses Mémoires. Je suis devenu un patron héritier d'une tradition
sociale mais convaincu aussi de la nécessité d'innover.» En effet, le logement
du personnel a toujours été un souci des industriels du textile du Nord de la
France. Une préoccupation répondant aux nécessites économiques des entreprises
mais aussi à l'esprit caritatif qui anime cette bourgeoisie catholique. Mais
Albert-Auguste Prouvost. veut aller plus loin. Il lance le fameux 1 %
patronal, cotisation versée par l'entreprise et destinée a !a construction.
Il participe aussi a la mise en place de l'allocation logement. Avec
l'installation d'un véritable partenariat social, il crée le Comite
interprofessionnel du logement qui, des 1958, aura relogé plus de huit mille
familles dans de réelles conditions de confort. En 1950, d'ailleurs, il offre a
cet organisme le château de sa grand-mère, a la limite de Roubaix et de
Tourcoing. Dans le pare de sept hectares, a la place de la grande demeure jetée
bas, s'élèvera une cite de cent cinquante-quatre logements.
Mais l'industriel a aussi le culte de sa demeure de
famille. Dans le château du Vert Bois, cet homme d'action retrouve ses racines.
Sur la commune de Bondues, toute proche de Roubaix se tient en effet une
des dernières belles maisons de la région. André-Joseph Druon de Wazières
fit construire en 1743 une folie dans le gout de l'époque sur l'emplacement
d'un édifice du XVIII° siècle bâti par un négociant en sayettes de laine
lillois. L'arrière-grand- mère d' Albert-Auguste, Marguerite Devémy, ne
quittera pas un instant cette propriété qu'elle habite dès 1869, elle la
défendra contre les Prussiens pendant la guerre de 1870. Contrainte et forcée,
elle y recevra» le kronprinz pendant lai Première Guerre mondiale. Le Vert Bois
est resté le berceau des Prouvost. Tous les enfants à l'exception d
'Albert-Bruno, y sont nés: Ce dernier, après avoir longtemps secondé son père,
était logiquement appelé a lui succéder à la tête du groupe. Le destin en a
décidé autrement. Ses cadets ont pris des voies différentes. Nathalie, la fille
ainée, après avoir fréquente l'atelier du célèbre' peintre Mac Avoy, exerce ses
talents comme restauratrice de fresques. Ghislain a fait ses armes
dans le textile en Espagne et en Australie, mener sa carrière d’industriel sans
égoïsme.
Olivier a repris l'entreprise de construction navale Wauquiez. II allie ainsi
la tradition industrielle au gout de la voie héritée de ses parents. Quant a
Laetitia, fidèle au Vert Bois, elle gère les soixante hectares de
1'exploitation agricole qui entoure le domaine.
Albert-Auguste retire des affaires, il ne reste sans doute plus
aux Prouvost qu'a cultiver 1'art d'être grands-parents. Mais le couple ne peut
se résoudre a une douce activité. Ils vont se consacrer pleinement à leur amour
pour la peinture. Egalement ,une histoire de famille. Des 1920, Albert-Eugene
Prouvost achète en effet des Renoir, des Bonnard; des Pissaro; II transmet a
son fils la passion de la collection. Anne partagera avec son époux les riches
émotions de la découverte' artistique. IIs achètent leur première toile à
la galerie Maeght de Cannes pendant leur voyage de noces. Un Geer Van Velde qui
inaugure une profonde amitié avec le couple de galeristes. Grâce à eux,
ils rencontreront la plupart des grands artistes du XX° siècle. En 1969,
dans les locaux de l'ancienne ferme du Vert Bois, les époux Prouvost créent la
Fondation d'art Septentrion. Chaque année, les expositions se succèdent dans
cet espace aux lignes sobres largement ouvert sur la campagne environnante:
Chagall, Bonnard, Dufy; Rouault ,Picasso, Laurens, Braque, pour parler des plus
prestigieuses. Albert-Auguste Prouvost se dépensera sans compter pour cette
fondation si chère à son cœur: J’ai gardé intact notre enthousiasme; dit
avec chaleur Mme Prouvost. Avec Septentrion, j'ai le sentiment profond de faire
vraiment œuvre utile.
Apres 1'accrochage récentes de toiles de James Pichette, le
public peut admirer une rétrospective sur le nu dans l'art, de la préhistoire à
nos jours, en attendant une grande présentation de verriers
contemporains ; à organiser ces manifestations, les journées passent comme
un souffle. Sans peine, Anne Prouvost pourrait reprendre à son compte la phrase
qui clôt les Mémoires de son mari: « Non, je n'ai vraiment pas le temps de
m'ennuyer… » Point de Vue et Images du Monde
Toujours plus loin; les Mémoires d'Albert-Auguste
Prouvost, présenté par Pierre-Jean Desreumaux, est disponible aux éditions de
La Voix du Nord. 272 pp, 110 F. :
La Fondation Septentrion; chemin des Coulons, 59700
Marcq-en-Baroeul, est ouverte du mardi au samedi de 14 h a 18 h et le dimanche
de 14 h a 19 h,
" C'est
André de Fourmestraux, anobli en 1623 par le Roi d'Espagne, sous le titre de
Chevalier de Wazières, qui construisit
En 1743, son
petit-fils Jean-André fit construire le Vert Bois tel qu'on le voit
actuellement - peut-être sur l'emplacement d'une ferme fortifiée, puisque les
douves se trouvent déjà sur de très anciens cadastres.
C'est vers
1870 que mon ancêtre, Louis Duchochois, veuf d'Elise Pinta, notre ancêtre
espagnole, a acquis le Vert Bois. Sa fille, Marguerite Devémy, sa petite fille,
Marthe Prouvost y ont habité jusqu'à la fin des années 30.
Mon
grand-père, Albert Eugène Prouvost entreprit en 1939 de vastes travaux de
consolidation, de restauration et de confort, jusque-là inexistant dans cette
"folie".
Mes Parents ont contribué à l'épanouissement du Vert Bois et nous
leur devons la majorité des plats Persans de la galerie du sous-sol ainsi que
les souvenirs de nos ancêtres Bonaparte.
Situé dans
un parc de
Son histoire est riche et remonte à 1666.
19: Albert IV-Bruno Prouvost
1942-1987
époux de Corinne Grimonprez, fille de René
Grimonprez 1913-1972 et Marcelle Masurel 1919-2010,
dont Albert-Nicolas, Eléonore et Barbara.
Cinquième descendant en ligne directe
d’Amédée Prouvost, fondateur du groupe en 1851, il était l’héritier d’un des
plus grands goupes du monde. Un manager mais aussi un homme exceptionnel.
Albert-Bruno faiasait partie de la nouvelle génération des chefs d’entreprises
tout en cultivant la tradition familiale et tooutes les qualités impliquant
l’une et l’autre caractéristique. Grand
sportif- comme son père d’ailleurs- il pratiquait régulièrement le
squash et le ski. La condition physique qui était la sienne a d’ailleurs
longtemps fait espérer en ses chances de survie. Mais il était aussi ami des arts ; le
peignage Amédée était toujours décoré dans ses bureaux de peintures d’artistes
contemporains. l assistait régulièrement aux concerts en compagnie de son
épouse, administratuer du festival de Lille.
Dans sa vie professionnelle ; il était, sans conteste, un des
meilleurs dirigenats d’entreprise du moment. Il avait certes fait l’école
Polytechnique mais c’est aussi le travail sur le terrain qu’il détenait son
sens de la direction des hommes et d’un groupe comme celui des peignages de Prouvost
SA avec 2.200 personnes en France, en afrique du Sud, en Australie, au Brésil.
Mais Albert bruno n’ent tirait pas vanité. C’est d’ailleurs un des traits
essentiels du caractère : la modestie. Jamais il ne s’attribuait le mérite
du succès de ses peignages (…) Monsieur Prouvost était aussi un homme de
communication cmme iul en existe peu. Avec Albert Bruno Prouvost, Roubaix perd aussi
un de ses principaux défenseurs. » Extraits de la Voix du Nord
le 55, rue
Royale à Lille, entre
cour d’honneur et jardin, qui fut illustré par Albert-Bruno et Corinne
Prouvost.
Cette année
1987, notre fils ainé, Albert-Bruno, projette de construire un peignage de
laine dans le sud de l’Argentine. Homme pressé comme son père, il loue un petit
avion de tourisme conduit par un très bon pilote pour gagner un temps précieux.
Is décollent et sont pris dans une tempête. L’appareil s’écrase sur les
collines du Chubut. Après cette tragique disparition, mes enfants cèderont
leurs intérêts dans l’entreprise de leurs ancêtres.
Established in memory of Albert Bruno Prouvost, former president of PLUSA, Inc., the Fund assists students enrolled associate degree programs in the Industrial and Engineering Technology, Allied Health or Nursing divisions.
Eligibility Criteria: To be considered for this scholarship, an applicant:
1) must be a new, returning or continuing student;
2) must be a Berkeley County resident;
3) must be enrolled in an associate degree program in the Industrial and Engineering Technology, Allied Health or Nursing divisions;
4) must enroll in and maintain at least 12 credit hours; and
5) must have a cumulative GPA of 2.5 or greater;
Award amount/use: Award of up to $650 for tuition, books, required course materials and equipment.
le 55, rue Royale à Lille,
entre cour d’honneur et jardin, qui fut illustré par Albert-Bruno et Corinne Prouvost.
Leur fille Barbara Prouvost, expert diplômée de l’Institut national de gemmologie, crée et produit des bijoux.




Albert Félix Prouvost, né le 25 septembre 1855, Roubaix
(Nord), décédé le 4 avril 1916, Roubaix (Nord)
(à l'âge de 60 ans), marié le 26 mai 1879, Bondues (Nord),
avec Marthe Devemy, née le 2 février 1860, Roubaix
(Nord), décédée le 4 juillet 1937, château du
Vert-Bois, Bondues (Nord) (à l'âge de 77 ans), dont
§ Olivier-Arnaud
Prouvost, né le 27 avril 1973,
Lille (Nord), marié avec Laurence Nicaise,
née en 1964, dont
Marié le 7 juin 1951, Arles
(Bouches-du-Rhône), Salin-de-Giraud, avec Denise Leclercq, née le 26 avril 1924, Roubaix
(Nord), décédée le 14 octobre 2005, inhumée le 18 octobre 2005,
Yvoy-le-Marron (Loir-et-Cher) (à l'âge de 81 ans), dont
§ Isabelle
Prouvost, née le 2 juillet 1954
(filleul: Olivier
Chevallier-Appert 1969-2005),
mariée le 21 septembre 1982
avec Hervé Poulain,
né le 16 décembre 1940,
Avranches (Manche), commissaire-priseur,
§ marié avec Elisabeth Clerc,
journaliste.